Van Horne

Sans être irréprochable sur le plan gastronomique, la cuisine du Van Horne est fraîche, sobre, savoureuse. Pas étonnant qu’il soit l’un des meilleurs nouveaux restaurants...

Sobre et savoureux

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX

Pénétrer au Van Horne, c’est entrer dans une petite alcôve de paix gustative au cœur d’Outremont. Avec son design blanc, épuré, mais discrètement fardé de quelques pièces artistiques des plus originales (on y retrouve notamment, accrochée au mur, une porte du pavillon de l’Iran de l’Expo 67), ce restaurant ouvert il y a quelques mois est l’endroit idéal pour un rendez-vous galant ou une rencontre entre amis. Dans l’assiette, on propose une cuisine du marché, et par conséquent, des ingrédients d’une exquise fraîcheur. Mon invité et moi entreprenons l’aventure avec un carpaccio de concombre et une fleur de courgette en tempura, lesquels sont coiffés de tomates cerise mondées et d’une crème au cumin. Le résultat est heureux, frais et la présentation est très soignée, mais ni cette entrée ni celle de maquereau saumuré au gingembre que mon invité prendra ne m’iront droit au cœur pour autant (sans compter que le carpaccio ne vaudra pas les 14 $ déboursés). Bien que l’exécution soit en effet irréprochable, les plats dans leur ensemble gagneraient à être un brin plus consistants et plus audacieux, leur complexité gustative étant plutôt faible. On aurait souhaité quelque chose d’un brin plus gourmand, voire plus « cochon ». Pour le plat de résistance, j’arrête mon choix sur l’omble chevalier — dont la cuisson est parfaite et la texture, moelleuse à souhait — accompagné d’un étonnant couscous au basilic et d’une aérienne purée de chou-fleur, délectable et d’une rare onctuosité. Mon invité choisit pour sa part le vivaneau poêlé et sa lasagne de champignons et pâtes à l’encre de seiche et à la fleur d’ail. Le produit principal — les poissons dans ce cas-ci — est toujours bien mis en évidence dans l’assiette et toujours parfaitement cuit, sans l’être trop. Toutefois, bien que les accompagnements soient réussis, ces derniers gagneraient à être un peu plus recherchés… si, bien sûr, on aime les mariages complexes et audacieux. Si à l’égard de la gastronomie, vous vous considérez davantage comme un « puriste », vous apprécierez ce savant dépouillement. Pour terminer ce repas fort agréable, le restaurant propose une crème noix de coco-ananas, crumble de chocolat blanc et espuma au rhum. On salive à la description du plat par la serveuse. La verrine est déposée sur la table, toute jolie. On goûte : c’est très (trop) sucré et pas aussi rafraîchissant qu’on l’aurait souhaité. Le Van Horne est un endroit fort joli et fort sympathique pour s’attabler quelques heures et la cuisine y est plus qu’honnête. Sur le plan gustatif, promesse tenue : sans être irréprochable sur le plan gastronomique, la cuisine est fraîche, sobre, savoureuse. Pas étonnant qu’il soit l’un des meilleures nouveaux restaurants de 2011 selon le magazine enRoute.

Attention, bien que l’ambiance du restaurant soit a priori intime et feutrée, la présence de groupes de plus de quatre personnes augmente considérablement le niveau de bruit ambiant, l’endroit n’étant pas très grand.

Carte des vins : recherchée
Groupes : max. 30 personnes
Prix:100$
1268, avenue Van Horne
514 508-0828
Crédit photo : site internet du Van Horne
www.vanhornerestaurant.com

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A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également critique gastronomique et journaliste pigiste pour d'autres médias.

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