Qui va soigner ?

Tout d'abord, je tiens à souligner que l'article « Qui va soigner? » du numéro des mois de mai/juin décrit avec justesse ce que tout médecin de famille pense depuis longtemps...

Tout d’abord, je tiens à souligner que l’article « Qui va soigner? » du numéro des mois de mai/juin décrit avec justesse ce que tout médecin de famille pense depuis longtemps. J’aimerais même ajouter que j’ai souvent l’impression que nos politiciens cherchent de plus en plus à remplacer le médecin de famille en invoquant des raisons économiques (super infirmière, infirmière clinicienne, pharmaciens qui peuvent maintenant faire des diagnostics et traiter les supposés « petits bobos » faciles), ce que je trouve particulièrement alarmant.

Par contre, je voudrais revenir sur le passage de ce même article où l’auteure dit, et je cite: « J’assume mes faiblesses, ma lenteur, mes retards. Je ne corresponds pas au modèle de médecin efficient que certains politiciens ou gestionnaires aimeraient que je sois. » À mon avis, ce passage montre bien à quel point, nous, médecins de famille, laissons nos politiciens et gestionnaires nous dicter la façon dont nous devrions pratiquer et à quel point nous nous sentons coupables de ne pas être capables de remplir les demandes de tout un chacun. Pour que cette médecin de famille avoue « ses faiblesses, ses retards et sa lenteur », il faut invariablement qu’elle se compare à quelque chose. Et ce quelque chose, à mon avis, n’est en fait que les exigences et les caprices de plus en plus irréalisables de nos gestionnaires et politiciens. Pourquoi laissons-nous les autres nous faire croire, à nous, médecins de famille, qui connaissons mieux que quiconque la charge de travail et le dévouement que cela prend pour exercer la médecine, que nous ne sommes pas assez efficaces, que nous ne prenons pas assez de patients, que nous ne travaillons pas assez? Voilà une question que je me pose depuis bien longtemps et à laquelle je n’ai pas encore trouvé de réponse. Nous avons tous travaillé très fort pour nous rendre où nous sommes aujourd’hui et nous avons certainement des qualités que d’autres n’ont pas pour pouvoir diagnostiquer, traiter et comprendre le patient dans son contexte de vie, et ce, souvent en 15-20 minutes maximum (sans compter les innombrables formulaires obligatoires à remplir)!

Je crois qu’il est temps que nous demandions à nos politiciens et gestionnaires d’arrêter de nous dicter la valeur de notre travail et la façon dont nous devrions le faire. Car, nous tous, médecins de famille, sommes les experts de notre travail et les seuls qui savons de quelle façon notre pratique devrait être gérée pour qu’elle soit plus efficace. Alors, qui peut répondre à ma question? Pourquoi laissons-nous d’autres nous dire quel est notre travail et de quelle façon il devrait être effectué?

  Dre Karine Martel  

santeinc.com

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