Payer la gestion de la polypharmacie

Vous avez été quelques-uns à réagir à la proposition du Dr Gladu de créer un nouveau code pour la gestion de la polypharmacie. Quelques réactions...

Bonjour,

S’il vous plaît, pas de nouveaux codes. N’y en a-t-il pas déjà assez?

Dans ce cas particulier, les médecins seraient simplement payés pour prescrire plus de médicaments, plutôt que pour une bonne prise en charge. De quoi donner raison à ceux qui croient qu’on reçoit des ristournes.

Bref, non merci.

Dr Pierre-Hughes Blanchard, MD

 

 

Docteur Gladu,

Ce n’est pas la première fois que votre prose me fait sourciller, mais là, ça me démange trop. D’où vous vient votre problème avec les pharmaciens?

Bon, je sais qu’à vos yeux, les pharmaciens propriétaires sont des voleurs de fonds publics, qui siphonnent les deniers du peuple au détriment des pauvres médecins payés au lance-pierre… passe encore!

Mais n’allez pas croire que vous convaincrez vos confrères ou le MSSS en affirmant que votre expertise en pharmacologie clinique vous permet de vous positionner comme spécialiste du médicament. Je suis navré pour vous, mais cette profession existe déjà.

Au Québec, cela fait plus de 20 ans que les pharmaciens d’officine sont rémunérés à l’acte pour leurs opinions pharmaceutiques, entre autres lorsque les patients ont plus de 8 médicaments actifs à leur profil (18 $ par opinion). À l’hôpital, réviser des pharmacothérapies occupe un bon tiers de mon temps et je le fais avec joie (pour la modique somme de 38 $ de l’heure). Je glisse subtilement ces tarifs afin que vous puissiez vous faire une juste idée du coût des experts en pharmacie clinique. Cela pourra vous aider à négocier votre nouveau code…

N’empêche que rémunérer les médecins pour réviser annuellement la pharmacothérapie n’est pas une mauvaise idée en soi. La surmédication fait des ravages et s’y attaquer est plutôt chronophage, et le temps… c’est ce que vous savez! Mais vous ne pouvez pas sérieusement imaginer réaliser cela sans l’intégrer à la collaboration médecin-pharmacien, puisque celle-ci est nécessaire si l’on tient à prodiguer des soins optimaux aux patients. C’est bien le but, n’est-ce pas ?

Je connais votre souci de vouloir garder un salaire compétitif pour les médecins québécois, mais, de grâce, lorsque vous abordez un tel sujet, qui dévie de votre champ de compétences exclusif, prenez la peine de vous renseigner un tant soit peu… votre crédibilité de pharmacologue vous le rendra.

Mes très sincères salutations,

Victor Meyer, docteur en pharmacie de l’Université de Bourgogne

Réponse du Dr François-Pierre Gladu :

Monsieur Meyer,

La gestion de la polypharmacie fait partie des habiletés fondamentales du médecin de famille. Elle est au cœur de son expertise depuis toujours, l’est de plus en plus et le distingue des autres médecins spécialistes. Cependant, comme pour bien d’autres choses, ce qui est rémunéré comme un acte spécifique pour d’autres professionnels de la santé ne l’est toujours pas pour le médecin de famille : cet acte médical essentiel est depuis trop longtemps amalgamé au code de facturation d’une visite. En l’absence d’acte spécifique la rémunérant, il y a eu une tendance à l’oublier. Cette expertise est complémentaire à celle du pharmacien, car elle est imbriquée dans la démarche clinique du médecin. Il y a de la place pour les deux, contrairement à ce que vous semblez dire, pour l’optimisation des services aux patients.

Dr François-Pierre Gladu, MD

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