Retraite et placements

Nous examinerons la structure de portefeuille que Madame Lépine et Monsieur Trudeau devront nécessairement adopter et qu’ils devront...

PAR LUC RODRIGUE, PL. FIN.

Dans le dernier article paru dans le numéro de juillet/août 2012 de Santé inc., un aperçu de la situation de Madame Lépine et Monsieur Trudeau a été brossé. Plus précisément, on a abordé leur profil familial, professionnel et financier. On a commenté leur situation financière de façon à optimiser leur situation, leur budget et l’efficacité générale de leur patrimoine. Ici, nous parlerons de leur rêve de prendre une retraite aisée et de ne manquer de rien au fil des années où elle se poursuivra. Aussi, nous examinerons la structure de portefeuille qu’ils devront nécessairement adopter et qu’ils devront maintenir au fil du temps pour soutenir adéquatement ces objectifs dans le respect de leur profil d’investisseur.

ANALYSE DU VOLET RETRAITE

Madame Lépine et Monsieur Trudeau savent que la pierre angulaire pour réussir une retraite en toute quiétude est d’avoir une maîtrise de leur budget et de leur train de vie. Ils savent qu’ils ont un train de vie aisé, mais ils savent aussi que leurs enfants respectifs partiront éventuellement de la maison pour entreprendre leur propre vie. Certaines dépenses figurant à leur budget actuel diminueront ou disparaîtront dès lors. La maison sera devenue grande, et ils déménageront probablement dans plus petit, et peut-être moins cher.

RÉSULTATS ENVISAGÉS À PARTIR DE CETTE SITUATION

  • Ils devront accumuler 6,5 M $ en valeur financière pour atteindre les objectifs;
  • Ils accumuleront 4 M $, et auront donc un manque à gagner de 2,5 M $;
  • En 2043, ils auront épuisé leurs fonds, Monsieur Trudeau aura 82 ans et Madame Lépine, 76 ans;
  • Les objectifs ne seront pas atteints.

SOLUTIONS POSSIBLES

• Analyser de nouveau le coût de leur train de vie actuel pour dégager davantage d’épargne future :
– En épargnant 25 000 $ de plus par an, on repousse de 2 ans l’échéance, d’où l’importance d’aller consulter le comptable fiscaliste afin de minimiser la facture fiscale annuelle.

• Réviser à la baisse le coût estimé de leur vie à la retraite
– En vivant avec 130 000 $ plutôt qu’avec 150 000 $ par an, on repousserait l’échéance de 3 ans.

• Retarder le moment de leur retraite
– En retardant la retraite de 3 ans, on repousserait l’échéance de 6 ans.

Madame Lépine et Monsieur Trudeau ont beaucoup d’éléments à évaluer et dont ils doivent convenir ensemble pour paver le chemin vers cette indépendance financière. Le rôle d’un planificateur financier est de les guider et de leur donner des outils pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairées et qu’ils puissent valider celles-ci en tout temps dans un continuum évolutif.

Cet exercice leur a permis de prendre conscience de leur réalité financière, qui se déroule bien, avouons-le, mais qui se doit d’être plus efficace dans sa gestion. Ils ont la chance d’avoir les ressources financières, mais ils connaissent maintenant les impacts qui résulteraient d’une négligence à cet égard. Or, il leur reste du temps pour agir. Le temps est d’or.

ANALYSE DU VOLET PLACEMENTS

Ce volet n’a pas pour objet d’évaluer les gestionnaires, les fonds, ni le contenu du portefeuille des Trudeau-Lépine, mais plutôt d’en apprécier la structure globale en fonction des objectifs et du profil d’investisseur du couple.

Profil d’investisseurs

Monsieur Trudeau et Madame Lépine présentent tous deux un profil de « revenu-croissance ». Cette conclusion a été déterminée à la suite d’une entrevue et d’une analyse concernant leur tolérance intrinsèque au risque de volatilité, leur profil sociobiologique, l’évolution de leur carrière, leur situation familiale, l’horizon temporel, ainsi que leur connaissance du monde des placements, notamment.

Ce profil « revenu-croissance » convient particulièrement aux investisseurs qui recherchent principalement les revenus et la stabilité du capital, mais désirent une croissance soutenue et régulière de ce dernier. Ils sont peu disposés à prendre des risques en échange d’une meilleure croissance du capital, mais comprennent qu’une partie de leur portefeuille doit reposer sur un revenu variable pour bénéficier d’un peu de croissance. Les fluctuations de leur portefeuille à court terme pourraient les indisposer, même si leur horizon de placement est fixé sur le long terme.

Le portefeuille de référence de ce profil d’investisseur se détaille comme suit :

Comment le portefeuille des Trudeau-Lépine est-il structuré ?

Le premier élément à remarquer, c’est que la gestion de leurs portefeuilles est assumée par trois intervenants/institutions et n’a pas de ligne directrice établie dans une politique de placements clairement rédigée pour l’ensemble de ces trois portefeuilles. Il n’y a pas de chef d’orchestre.

Ensuite, la superposition de chacun de ces portefeuilles (REER, CELI, hors REER personnel et corporatif) démontre une prise de risque plus élevée que celle qui devrait être entreprise, comme le démontre le tableau ci-dessus. En effet, les actions représentent 65 % de leur portefeuille, les obligations, 25 %, et le marché monétaire, 10 %. Ce portefeuille a été et sera plus volatil que ce que leur profil leur recommanderait.

Madame Lépine est conseillée depuis plus de 12 ans par une amie qui travaille dans le milieu du placement. Monsieur Trudeau, pour sa part, a aussi un ami dans une firme de courtage en placements qui gère ses portefeuilles de compagnie et non enregistrés. Ses portefeuilles enregistrés sont à la banque X, où il effectue ses opérations bancaires quotidiennes et il les laisse là en échange d’un soi-disant meilleur taux sur son emprunt hypothécaire.

Madame reçoit un suivi annuel sur ses placements. Monsieur, lui, n’en reçoit pas de sa banque; son courtier, qui a une approche de croissance sur les marchés boursiers, effectue quant à lui un suivi régulier, mais ce portefeuille est volatil dans ses fluctuations.

Madame Lépine et Monsieur Trudeau souhaiteraient mettre de l’ordre dans ce dossier afin que la ligne directrice soit bien tracée et qu’un chef d’orchestre joue un rôle prépondérant de gardien de leur patrimoine financier.

RECOMMANDATIONS

La première recommandation à formuler ici, c’est de rédiger une politique de placement qui donnera des balises à respecter en fonction des éléments abordés ci-dessus. Cette politique doit clairement aborder les aspects suivants :

  1. L’objectif du portefeuille familial, les objectifs à atteindre : on parle dans leur cas d’une planification de retraite;
  2. Le rendement attendu : ils s’attendent à un rendement qui se situera entre 4 % et 5 %, selon les portefeuilles visés;
  3. Le degré de risque désiré : croissance-revenu;
  4. Le besoin de liquidités : aucun besoin de liquidités à court terme;
  5. La répartition stratégique : la répartition stratégique fait appel aux diversifications de classes d’actifs, géographique, sectorielle, de style de gestion et d’environnement fiscal;
  6. La gestion de la fiscalité des rendements : il faut savoir que pour un portefeuille non enregistré, les revenus d’intérêt sont imposés différemment des revenus de gains en capital (reportés ou non). Cet aspect est fort important, car le fait de pouvoir reporter les impôts et qu’ils soient exigés en revenus de gain en capital (taux d’imposition moindre) n’aura que des effets positifs sur les résultats futurs. Les portefeuilles en structures de capitaux (ou corporatives) représentent un bel exemple pour les portefeuilles non enregistrés, car ils permettent de reporter une partie des impôts sur le rendement; en cette période de bas taux t’intérêt (par exemple 3 %) et imposés pleinement à près de 48 %, le résultat net ne combat pas l’inflation. Il devient donc déterminant de bien gérer cette variable.
  7. Les placements autorisés et utilisations de l’effet de levier : les placements à effet de levier (qui consistent à emprunter pour investir) ne sont certes pas adaptés à leur profil;
  8. La périodicité des évaluations des placements : il est suggéré de mesurer les écarts et de rééquilibrer le portefeuille régulièrement (révision et mise à jour). Madame Lépine et Monsieur Trudeau souhaiteraient qu’une analyse approfondie soit faite une fois par année, mais désirent obtenir un compte-rendu résumé trois autres fois dans l’année.

Dans un deuxième temps, il s’agit d’arrimer les placements en fonction de cette politique et de la structure qu’elle commande. Il importe donc de choisir des positions qui ne sont pas en conflit les unes avec les autres et qui, au contraire, seront complémentaires. Cette étape du travail réfère au monde du courtage en produits financiers et en placements.

Enfin, le prochain et dernier article de cette suite fictive traitera des aspects légal et financier de la gestion des risques auxquels nous sommes tous confrontés tôt ou tard, soit le décès, l’invalidité ou la maladie grave.

Conseiller en sécurité financière chez Lafond Services financiers. luc-rodrigue@lafond.ca

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