Bien préparer son Noël vinicole

Il n’est pas nécessaire de se procurer des vins à fort prix ou d’amputer sa cave à vin des trésors qui y séjournent depuis longtemps, car le temps est beaucoup plus propice à la fête...

PAR DANIEL BERGERON

Les festivités de Noël se pointeront à l’horizon d’ici peu, et il est grand temps de s’assurer que tout soit bien réussi, particulièrement en ce qui concerne les vins qui sauront meubler les différentes réceptions qui se succéderont rapidement. C’est pourquoi il peut être souhaitable de se constituer une réserve de quelques bouteilles pour l’occasion, et ainsi éviter la cohue annuelle qui déferlera quelques jours avant Noël. Pour cela, il n’est pas nécessaire de se procurer des vins à fort prix ou d’amputer sa cave à vin des trésors qui y séjournent depuis longtemps, car le temps est beaucoup plus propice à la fête qu’à la dégustation rigoureuse. Ainsi, on peut se satisfaire d’offrir aux convives des vins à de bons rapports qualité-prix qui sauront plaire à tous et chacun. J’aimerais vous donner quelques suggestions sur les vins qui peuvent répondre à ces critères selon les plats qui figureront à votre menu.

En premier lieu, il est souvent de mise de servir un vin mousseux en début de soirée en guise d’apéro. Si l’on veut contenter nos invités sans avoir à servir un champagne à fort prix, il est possible de se procurer quelques beaux produits à prix très raisonnables. J’ai d’ailleurs fait une trouvaille dernièrement que je me permets de partager avec vous. Il s’agit d’un vin mousseux rosé, un crémant de Bourgogne pour être plus précis, le Louis Bouillot, Perle d’Aurore, Crémant de Bourgogne rosé (Code SAQ : 11232149) à 21,95 $. Je peux vous certifier qu’il constitue une incroyable aubaine à ce prix, car il est doté d’un équilibre surprenant et donne beaucoup de sensations gustatives lors de la mise en bouche. C’est un produit à acheter à la caisse qui saura plaire à tous; je vous suggère d’en faire bonne provision. Si vous préférez un mousseux blanc brut, je vous conseille ce californien : le Roederer Brut, Anderson Valley (Code SAQ : 294181) à 27,70 $. La maison Roederer, qui élabore d’excellents champagnes, nous surprend agréablement avec ce produit de grande qualité à moins de 30 $.

Passons maintenant à table. Un des plats les plus traditionnels des fêtes est bien entendu la dinde de Noël. Il est certain que la farce et la sauce accompagnant votre dinde guideront le choix de votre vin, mais de façon générale, j’aime bien servir un vin rouge peu tannique avec ce plat, soit un beaujolais, un pinot noir ou un cabernet sauvignon d’un certain âge. Il existe des beaujolais de qualité à faible prix pouvant bien s’harmoniser avec ce plat. Comme je le disais dans le numéro de novembre-décembre 2010, les vins du Beaujolais sont festifs et on peut en dénicher d’excellents. Je pense notamment au Moulin-à-Vent des Hospices, Collin-Bourisset, 2009 (Code SAQ : 00747063) à 26,50 $. Aussi, un pinot noir bourguignon pouvant s’avérer intéressant est le Mercurey, Château de Chamirey, Marquis de Jouennes, 2009 (Code SAQ : 962589) à 26,20 $. Ce vin est toujours excellent, peu importe le millésime, et est aussi offert en format 1,5 L (code SAQ : 11327068) ce qui devient intéressant pour une réception avec beaucoup d’invités. Enfin, un très bon cabernet sauvignon de la réputée maison espagnole Torres, le Gran Coronas est en succursale dans le millésime 2005 en format magnum (Code SAQ : 928812) à prix fort intéressant, soit moins de 40 $.

D’autres mets pouvant se retrouver dans votre plat sont le rôti de bœuf ou le gigot d’agneau. Ces pièces de viande rouge demandent un vin plus charpenté, c’est-à-dire un vin possédant une bonne matière tannique. Je vous recommande de vous procurer des vins de Bordeaux dans le millésime 2009 pour obtenir un mariage adéquat. À Bordeaux, ce millésime est qualifié d’exceptionnel, et il est possible d’en obtenir d’excellentes bouteilles sans devoir vider son portefeuille. Ces vins commenceront bientôt à faire leur apparition sur les tablettes, et j’ai pu en déguster plusieurs qui m’ont fait constater à quel point ce millésime est bien réussi, et accessible lorsqu’on se limite aux plus petits châteaux. Ce sont manifestement des vins conçus pour la garde, mais le fruit et la matière, qui sont déjà bien en place, créent un ensemble qui s’exprime habilement après un passage de quelques

Château Cambon La Pelouse

heures en carafe. À preuve, le Château Cambon La Pelouse, Haut-Médoc, cru bourgeois, 2009 (Code SAQ : 11345354) à 27,45 $ est un excellent achat qui saura certainement vous plaire ; il pourra défier le temps si vous en achetez plusieurs bouteilles pour la garde. Pour être apprécié maintenant, il a besoin de séjourner quelques heures en carafe afin d’exprimer pleinement son potentiel. J’ajouterais une autre possibilité intéressante, le Château Haura, Denis Dubourdieu, Graves, 2009 (Code SAQ : 11546391) à 25,05 $, qui m’avait séduit dans le millésime 2006, resplendit tout autant dans ce grand millésime qu’est 2009.

Pour la suite, pourquoi ne pas continuer le repas avec une assiette de fromages. La majorité des fromages s’harmonisent plutôt mal avec les vins rouges, car les tannins du vin et le gras du fromage ne font pas bon ménage. Il faut plutôt opter pour un vin blanc. Je considère qu’un pinot gris d’Alsace constitue une option des plus intéressantes. Ce cépage donne des vins onctueux dotés d’un beau gras en bouche avec des saveurs de fruits mûrs et de miel sauvage. Je pense notamment au Pinot gris Réserve, Trimbach, Alsace, 2007 (Code SAQ : 962332) à 22,80 $, qui en donne beaucoup pour son prix, et, pour monter de niveau, on peut se procurer le Pinot gris Fronholz, Ostertag, Alsace, 2010 (Code SAQ : 00924977) à 41,50 $ élaboré par le réputé domaine alsacien Ostertag.

Afin de terminer le repas, quoi de plus approprié qu’un vin de dessert? On pense souvent à un excellent vin de Sauternes (Santé inc., novembre-décembre 2011), mais il y a

Château des Charmes, Icewine Riesling

d’autres options envisageables. L’une de celles-ci se situe tout près de chez nous en Ontario, où l’on y élabore de merveilleux vins de glace de renommée mondiale. Ces vins liquoreux sont fabriqués à partir de raisins déshydratés par le gel, ce qui y concentre le sucre et y ajoute une bonne quantité de sucre résiduel après la fermentation alcoolique. Cependant, ces vins sont très dispendieux; on les retrouve à environ 50 à 60 $ pour le format de 375 ml. Il y a toutefois une solution de rechange à prix plus abordable qui peut s’avérer très intéressante : un vin issu de raisins récoltés tardivement. Ce type de récolte permet d’avoir une bonne concentration en sucre et un produit fini de qualité qui s’apparente à un vin de glace sans avoir la concentration et la complexité de ce dernier. Le Château des Charmes produit un vin de vendanges tardives avec le cépage riesling qui est excellent pour le prix d’année en année. Il s’agit du Château des Charmes, Late Harvest, Riesling, Niagara-on-the-Lake, 2007 (Code SAQ : 432930) à 20,90 $ disponible en demie-bouteille. Vous y retrouverez de belles notes de citrons confits et de fruits tropicaux avec une acidité qui balance le sucre résiduel et qui confère à l’ensemble un bel équilibre. Et si vous voulez vraiment vous gâter, essayez le superbe vin de glace de la maison issu de riesling, le Château des Charmes, Icewine, Riesling, 2007 (Code SAQ : 413724), à 62,75 $ pour un demi-format. J’ai eu l’occasion de déguster ce

vin une fois dans le millésime 2004 et c’est définitivement le meilleur vin de dessert que j’ai bu à vie. Ce serait d’ailleurs tout un cadeau à offrir à un passionné de vins pour Noël.

Je vous souhaite un beau temps des Fêtes rempli de belles découvertes vinicoles.

 

Professeur de chimie organique et de chimie du vin au CEGEP de Lévis-Lauzon. Titulaire d'une maîtrise en chimie organique. Administrateur pour le site fouduvin.ca Pour lui écrire : daniel.bergeron@cll.qc.ca

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