Belle et un peu rebelle

C'est « la petite place » où vous rendre pour siroter, déguster, relaxer. Juste pour aimer la vie comme elle est...

Bien manger

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX

Anabel bar et vin
Amérique du nord
Montréal 
****

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Quand l’été se met enfin de la partie, quoi de plus agréable que de s’installer, verre de vin à la main, à une table festive, et d’éterniser ce bonheur qu’est celui de goûter la vie en bonne compagnie ? Je veux dire, à part bien sûr dormir dans l’herbe, avaler des kilomètres de bitume, plonger tête première dans la piscine ou pêcher tranquillement sur le lac du chalet ? À mon sens, pas grand-chose. Mais c’est que je suis une incorrigible gourmande. Gourmande qui, par ailleurs… n’a pas réellement envie de se corriger.

Au Anabel Bar et Vin, le bonheur n’est jamais loin. L’endroit est petit, charmant. Avec ses murs peints en turquoise vintage, son long bar noir, sa céramique noire et blanche, ses tables en bois, ses chaises savamment dépareillées, ses immenses ardoises et son personnel souriant, on s’y sent accueilli dès le pas de la porte passé. Ce n’est pas trop bruyant, surtout si on y va tôt, et il est plaisant de s’installer tout près des grandes fenêtres, entièrement ouvertes, qui donnent directement sur la rue Bernard.

À manger, il n’y a pas une abondance de plats, mais il y a une pléthore de possibilités. Et on aime bien ça ainsi. Les assiettes se suivent et ne se ressemblent jamais. Tantôt des pâtes, tantôt des produits de la terre ou de la mer, des légumes frais ou des plats inédits en fonction des arrivages du marché, tout est toujours apprêté avec un goût certain et une originalité bien dosée. Les portions sont raisonnables et il faut compter environ deux à trois bons plats par personne. Une excellente sélection de fromages est aussi proposée, comme ce délicieux fromage à pâte ferme dont la savoureuse croûte au merlot nous rappelle encore d’exquis souvenirs…

À boire, il y a bien sûr le vin, pour lequel on vous conseillera judicieusement, et quelques cocktails originaux, comme le Aviation, un rafraîchissant mélange transparent coiffé d’une violette confite de gin Tanqueray 10, de liqueur de Maraschino, de jus de citron et de sirop de violette confite.

Notre repas commence par une très belle mise en bouche : des huîtres fraîches de l’Île-du-Prince-Édouard surmontées de grains de grenade et d’une brunoise de mangue. Un mélange exotique et astucieux, le mollusque salin étant bien équilibré par l’acidité sucrée des fruits l’agrémentant. À cette délicate entrée en matière, réel présage de ce qui suivra, d’autres plats tous plus appétissants les uns que les autres atterrissent devant nous. Mon préféré de la soirée sera celui de gnocchis eux-mêmes sont superbement préparés : dodus, bien dorés, légèrement craquants à l’extérieur. Un bien beau plat qu’on se remémorera avec bonheur.

Mon invitée a quant à elle arrêté son choix sur le choix du jour, une salade de généreux morceaux de homard présentée avec de nombreuses micropousses toutes plus colorées les unes que les autres et une vinaigrette asiatique bien dosée, où le sésame n’est pas omniprésent (tout comme pour l’huile de truffe, beaucoup de restaurateurs abusent de l’huile de sésame par moments).

Nous partageons, à la suite de cette première magie symphonique, la « guédille » de homard sur pain doré avec marmelade de bacon et chips maison, ainsi qu’un pavé de flétan aux palourdes et chorizo, accompagné de pommes de terre confites, le tout baignant dans un « bouillon de paella ». Les deux plats sont très réussis, mais ma préférence va de loin au pavé de flétan, lequel est recouvert d’un émincé de chorizo épicé très croustillant. Une belle portion, un poisson délicat, des « rehausseurs » capables  de mettre en valeur les ingrédients principaux, tout de ce plat concourra à satisfaire les palais les plus exigeants.

La carte des desserts est un peu courte : seulement quatre desserts vous sont proposés. En revanche, certains d’entre eux semblent populaires, comme ce biscuit Oreo maison. Nous arrêtons notre choix sur le budino – sorte de flanc – à l’érable et sur le gâteau au fromage à la marmelade de bleuets. Le second nous interpelle davantage que le premier, et les deux sont assez bien exécutés, frais et bien sucrés, sans être toutefois mémorables. On le pardonne.

On trouvera assurément son compte chez la belle Anabel. Pour prendre le temps de regarder lentement passer la fin du jour, au doux rythme des badauds et des amoureux de la vie, ou juste pour goûter à une table capable de choses extraordinaires, c’est « la petite place » où vous rendre pour siroter, déguster, relaxer. Juste pour aimer la vie comme elle est.

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LE PLUS : les gnocchis, le sourire du personnel, le cocktail Aviation, le décor.

LE MOINS : bons desserts, mais pas encore à se rouler par terre. C’est un Bar et Vin, après tout.

 

Anabel Bar et vin
361, rue Bernard O., Montréal
514 276 0249

 

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada et pigiste pour d'autres médias.

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