La parole est à vous !

Aux résidents qui vivent ce type de situation, je vous implore de briser le silence, de traverser ce mur de la honte et de dénoncer. Parlez...

DU DÉGOÛT

COVER_Santeinc_May_June_2014Du dégoût. Voilà le premier mot qui m’est venu à l’esprit après la lecture de ce troublant témoignage d’un résident, quant à la forte suggestion de son directeur de département de prendre du Ritalin afin de se présenter à son examen du Collège Royal. Ensuite, c’est le mot intimidation qui m’est apparu comme une évidence. L’intimidation, cet acte crimi­ nel au sens de la loi et contre laquelle je pré­ pare mes jeunes résidents tous les jours dans le cadre de ma pratique. En médecine, nous semblons perdre de vue, dans notre élitisme corporatiste, que les résidents ont besoin de bases solides, d’écoute active et de ren­ forcement positif afin d’en faire une relève saine et équilibrée. C’est une période de vulnérabilité qui demande un accompagne­ ment par des mentors, des modèles.

À ce directeur de programme qui a posé un diagnostic de façon intempestive face à son résident (soit dit en passant, faute passible de conséquences par le Collège des médecins du Québec), je tiens à vous dire que l’intimi­ dation, au Canada, est aussi criminelle qu’inacceptable. Vos gestes irréfléchis auraient pu briser une vie, voire plusieurs ! Votre rôle de directeur de programme au sein d’une fa­ culté est un privilège et, de ce privilège, décou­ lent des devoirs. Ceux­ci comportent, entre autres, le bon fonctionnement de votre départe­ ment, mais aussi le rayonnement des individus qui le composent, ce qui inclut vos résidents.

Aux résidents qui vivent ce type de situation, je vous implore de briser le silence, de traverser ce mur de la honte et de dénoncer. Parlez à vos amis, à votre famille, votre fédération, au program­ me d’aide aux médecins du Québec. N’ayez pas peur de vous affirmer face à votre intimidateur. N’hésitez pas à le rencontrer avec quelqu’un de votre entourage. Faites­vous confiance et, avant tout, misez sur vos forces.

Chers résidents, votre métier est un beau métier. Le danger, c’est de ne pas reconnaître vos limites et de permettre à d’autres de les franchir… Ne tombez pas dans ce piège.

Dr JEAN-FRANÇOIS PÉPIN
MÉDECIN DE FAMILLE

Par ce beau matin ensoleillé, prenant mon café et lisant votre revue, je me suis presque étouffée en lisant le témoignage du Ritalin imposé à ce médecin résident. Si bien que je décide de m’adresser à l’auteur par votre inter­ médiaire, vu le contexte anonyme, pour lui exprimer ma compassion et le remer­ cier d’avoir rapporté ce témoignage. Je crois bien avoir la chance d’avoir un programme de résidence tout à fait différent. Je ne peux croire qu’une per­ sonne détenant une posi­tion de pouvoir comme ce patron puisse régir un département de la sorte. Qui plus est lorsque cette personne est techniquement médecin et enseignant. Je dis bien technique­ ment, car visiblement, ce n’est pas le cas. Je comprends en tout point pourquoi cet article est anonyme, et j’espère que les quelques détails donnés permettront d’identifier cette personne, que quelqu’un devra dénoncer un jour pour que cela cesse. Afin qu’on ne se rende pas au résident qui conduira sa voiture dans un poteau. Merci pour ce témoignage, et je suis sincère­ ment désolée de ce que vous avez vécu.

ARIANE BEAUDRY

Je lis toujours avec grand intérêt votre éditorial. Je viens de lire le dernier, intitulé « Trop super », alors que, pas plus tard qu’hier soir, j’avais une discussion à ce sujet avec mon conjoint (qui n’oeuvre pas dans le milieu de la santé, mais qui s’intéresse à la politique du Dr Barrette) à la suite de la lecture d’un article de Francis Vailles, dans La Presse+. Ce journaliste lançait la question : « Devrait­on montrer aux patients la facture de leurs coûts de soins de santé ? » Je lui ai écrit que c’est aux médecins qu’il faudrait montrer cette facture, car constater sur le terrain que les méde­ cins ne connaissent pas le coût de chaque test prescrit est étonnant. Sur YouTube, dans son allocution lors du dernier colloque du Collège des médecins sur la médecine publique ou privée des médecins, le Dr Barrette a demandé à ce que chacun fasse son effort… Je suis moi aussi con­ vaincue qu’il y a moyen d’épargner en prescrivant mieux sans porter atteinte à la santé des patients. Bonne continuation!

Dre VÉRONIQUE GERMAIN

santeinc.com

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