Un ramassis de bonnes choses

Montréal a bien beau se targuer d’avoir une pléthore de restaurants, ils y sont trop insuffisants en nombre, ces endroits à la fois intimistes...

BIEN MANGER

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX 

SALMIGONDIS
CUISINE DU MARCHÉ
MONTRÉAL
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Salmigondis : mélange disparate, ramassis, assemblage hétéroclite.

Il est vrai qu’on boit et mange des choses très différentes à cette seule enseigne gastronomique qui ne soit pas italienne dans la Petite-Italie. Mais, malgré ce qu’évoque son nom, l’ensemble de l’expérience du Salmigondis est plutôt cohérent, même ravissant.

Situé à l’angle des rues Saint-Dominique et Bélanger, là où logeait auparavant le restaurant Fabbrica, et avant lui, mille autres petites places ayant aussi rendu l’âme, le Salmigondis restera ou ne restera pas ? Espérons que oui, car c’est une belle adresse qui vaut franchement le détour. Avec son ambiance à la fois chic et conviviale, dans des teintes de blanc et de noir, et son personnel affable (même le mixologue viendra vous voir à votre table), c’est le parfait endroit pour un souper avec les beaux-parents, les amis, les collègues ou votre chéri(e).Et la terrasse, intime, discrète, avec ses guirlandes d’ampoules, son auvent noir et ses verdoyants plants de fines herbes, surpasse en bien-être ces bruyantes et étroites « terrasses » que la mode en restauration fait pousser sur les gris trottoirs de la ville.

Le menu change fréquemment selon les arrivages du marché, et le chef Brian Peters et son acolyte, Robert Kaniak, ne sont visiblement pas en panne d’idées. Ils parviennent à sortir de leur cuisine des bijoux de petits plats. À la fois simples et originaux, les plats de la carte, plutôt courte, varient : viandes, poissons, fruits de mer ou pâtes, tout est joliment présenté et ne se déguste jamais sans une exclamation d’appréciation.

Ce soir là, conseil médical Santé inc. exige, nous nous sommes attablés dehors pour discuter médecine, médias, politique et sports extrêmes tout en dégustant quelques-uns de ces petits bonheurs gustatifs.

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Après quelques morceaux de bon pain frais et des cocktails un rien rétro, deux entrées ont réussi à nous tirer de francs éloges, soit le tartare de bœuf et son œuf écossais – un œuf à la coque encore coulant et pané dans du veau puis frit – ainsi que le délicat ceviche de bar à l’avocat, au concombre, salicorne, radis frais et chips. Les plats sont rafraîchissants, bien exécutés, très bien présentés et les combinaisons d’ingrédients ainsi que le dosage des assaisonnements, judicieux.  L’oeuf écossais surprend, mais n’en est pas moins savoureux. On n’imagine pas le manger en entier au premier coup d’œil, mais une fois qu’on y a goûté, on n’en laisse pas une miette. Parions que ce scotch egg deviendra un classique de la maison !

À ce bel opus suivent les plats principaux, le plus marquant d’entre eux étant le homard arborio, un plat composé de morceaux entiers de homard déposé sur des morceaux de courge farcis au riz arborio accompagné de pois de mer. Un plat mémorable tant il est savoureux et généreux en homard. À n’éviter que si on a une allergie aux crustacés !salmigondis-lheureux-fig1

Enfin, pour dessert, on se fait plaisir avec une tire éponge faite maison déposée sur son fan au caramel dans une jolie verrine ainsi qu’un beignet à la cardamome et pistache. La tire est craquante et on ne s’y casse nullement les dents; le fan, lui, a ce petit quelque chose de sucré-salé qui lui confère un attrait maximal.

Montréal a bien beau se targuer d’avoir une pléthore de restaurants, ils y sont trop insuffisants en nombre, ces endroits à la fois intimistes et chics qui réussissent à doser le tout, tant dans l’assiette que dans le décor, pour nous faire sentir à la fois privilégiés et juste assez humbles pour ne pas verser dans l’ostentation. C’est beaucoup de cet esprit-là qu’on retrouve dans la cuisine du Salmigondis.  L’idée d’une cuisine contemporaine de qualité, une cuisine modeste, mais précise qui réussit à faire rêver à de beaux lendemains gastronomiques; une cuisine qui rend fer des largesses culinaires de notre métissage tout québécois. Le restaurant est ouvert du mercredi au dimanche, le midi et le soir. On y tient également des brunchs les weekends. Courez-y !

LE PLUS : La cuisine délicate, goûteuse et inventive. L’ambiance feutrée, douce.

LE MOINS : On aimerait que les sorbets et crèmes glacées soient faits maison, mais ceux du Kem Coba font très bien l’affaire !

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L’Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada, critique gastronomique au Guide restos Voir et pigiste pour d’autres médias.

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