Dr Ironman

Depuis mes débuts, ma conjointe et mes trois enfants ont pris l’habitude de me voir rentrer du travail, manger une barre céréale et repartir...

LA SANTÉ, C’EST DU SPORT !

PAR CYRIL NEIRYNCK, MD1-ironman-cyril-f1

Septembre 2003. J’assiste par hasard à un triathlon. Je suis impressionné de voir tous ces athlètes sortir de l’eau, retirer au plus vite leur wetsuit avant d’enfourcher leur vélo. On m’explique qu’ils ont parcouru 1,9 km de natation, et qu’ils partent pour 90 km de vélo et un demi-marathon, soit 21,1 km à pied ! L’ambiance de la course est vraiment exceptionnelle, et les jeunes enfants encourageant leur père ou mère lors de la transition me donnent des frissons. Ce sport est fait pour moi! La semaine suivante, je m’inscrivais au club de triathlon de ma ville.

Je suis alors jeune médecin anesthésiste, en exercice depuis deux ans. Très sportif avant mon entrée à l’université, j’ai malheureusement mis de côté toute activité durant mes études. Qui a dit que les études de médecine étaient chronophages, déjà? En 2004, après quelques compétitions sur des formats plus courts, je prends donc le départ de la course qui m’avait fait vibrer comme spectateur l’année précédente. En franchissant la ligne d’arrivée, j’étais certain d’une chose : ce sport était fait pour moi et il fallait que je passe à un format plus long, la distance reine : l’Ironman.

Course née en 1978 à Hawaï, avec ses distances quelque peu insolites – natation : 3,8 km, vélo : 180 km, course à pied : marathon soit 42,195 km –, l’Ironman (IM) a toujours fait rêver les triathlètes. Après discussion avec les Hautes Autorités Familiales, c’est-à-dire ma conjointe, je décide de franchir le pas et de m’attaquer à cette distance en 2004. Après un premier IM en 2005, l’addiction va s’installer tranquillement, et neuf IM plus tard, c’est toujours avec une certaine fébrilité que je m’inscris pour mon objectif 2014 : l’IM de Floride.

1-ironman-cyril-f2La tâche n’est pas simple et l’épreuve commence bien avant le jour J. Il faut en effet articuler son emploi du temps autour d’une triade incontournable : la famille, le travail (anesthésiste à temps plein) et l’entraînement. Depuis mes débuts, ma conjointe et mes trois enfants ont pris l’habitude de me voir rentrer du travail, manger une barre céréale et repartir pour un entraînement. Certaines journées sont cependant consacrées aux enfants et au taxi vers leurs différentes activités : musique, danse, triathlon (tiens, tiens, leur aurais-je transmis ce virus ?).

Ma conjointe, elle-même psychiatre, doit, en plus de son travail à l’hôpital, gérer la dépendance de son mari. Pas facile d’être l’épouse d’un triathlète! Il est donc évident que toutes les activités familiales sont planifiées : pas de place à l’improvisation!

Nous sommes quatre anesthésistes à assurer la continuité des soins à l’hôpital. Mon planning s’articule donc sur un cycle de quatre semaines, ce qui me permet de bien programmer mes séances d’entraînement. Le seul bémol concerne les lendemains de garde où il peut être difficile de s’entraîner après une nuit passée à travailler (péridurale, césarienne, occlusions, etc.). Le repos faisant lui aussi partie du plan d’entraînement, les lendemains de gardes chargées sont consacrés à la récupération.

Il y a maintenant quatre ans, j’ai ressenti le besoin d’embaucher un coach. Il me fallait franchir un cap, et l’aide d’un entraîneur qualifié me semblait la solution idéale. Bien m’en prit, puisque mes chronos se sont nettement améliorés. Il connaît bien mes contraintes d’horaires et me confectionne des entraînements sur mesure. Je paye donc quelqu’un tous les mois pour « souffrir » ! Cette année, nous avons commencé les cycles d’entraînement début janvier. La natation se fait bien sûr à la piscine publique. Pour le vélo et la course à pied, les rigueurs de l’hiver québécois m’obligent à m’entraîner à l’intérieur pendant les trois premiers mois de l’année. J’ai l’impression d’être un hamster en cage. Le sous-sol de la maison est donc équipé comme une vraie salle de gym… les miroirs en moins.1-ironman-cyril-f3

Puis, dès le mois d’avril, le hamster sort de son trou et les séances vont s’allonger progressivement pour atteindre 5 à 6 h de vélo et 2 h à 2 h 30 de course à pied par semaine durant les deux derniers mois avant l’épreuve. Mes heures consacrées à l’entraînement étant limitées, tous les entraînements sont optimisés. Cependant, les jours où la motivation n’est pas au rendez-vous, il faut savoir écouter son corps et son esprit pour se ressourcer. C’est dans ces moments que la présence de la famille qui vous soutient est importante.

Cette année, l’objectif était simple : faire ma meilleure course avec les meilleurs temps dans les trois disciplines … on ne peut plus basique comme objectif! Ma participation à un demi-Ironman (toutes les distances Ironman divisées par deux) à la fin juin, à Syracuse, m’a permis de voir que j’étais sur la bonne voie pour les chronos prévus le 1er novembre.

Le mois de juillet fut consacré aux vacances, à la famille et aux amis. Ce fut aussi une période où les règles diététiques furent aussi très malmenées. L’entraînement était réduit au minimum (3 à 4 heures/semaine). La reprise fut progressive en août pour atteindre les deux gros mois de travail avant l’épreuve (10 à 15 heures/semaine).

Avec les années, j’ai trouvé mon équilibre dans la gestion du temps consacré à ma passion. Je sais quand il faut diminuer les entraînements pour que cela ne nuise pas à ma vie de famille ou au travail. Je sais aussi quand j’en ai fait un peu trop… Ma femme est là pour veiller au grain! Enfin, la fin du mois d’octobre approche. Les derniers entraînements sont plus « tranquilles » et le bilan de l’année plutôt bon.

Pas de blessure ni de maladie, la hantise de tout sportif à quelques jours d’une épreuve préparée depuis de longs mois. Le matériel est vérifié moult fois, le bonhomme est en pleine forme et les consignes du coach sur les allures à respecter et la nutrition pendant l’épreuve sont bien assimilées. Dans le prochain numéro : le verdict du 1er novembre dernier.

Le Dr Cyril Neirynck est Anesthésiste au CSSS de Sorel-Tracy. Pour lui écrire : neirynck@live.fr

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