De fer floridien

C’est encore avec une immense joie que je franchis la ligne d’arrivée après un marathon en 3 h 30 et un temps final de 8 h 37. Je finis à la...

LA SANTÉ, C’EST DU SPORT !

PAR CYRIL NEIRYNCK, MD
Anesthésiste, CSSS de Sorel-Tracy

Ce 10e Ironman en Floride se présente plutôt bien pour moi.  Je suis censé avoir chaud, ce que j’aime particulièrement lors des courses. Le parcours à vélo composé de grandes lignes droites plates et interminables  me conviennent bien. Enfin, le marathon est ultraplat. L’entraînement préparé par mon bourreau de service, à savoir mon coach, s’est bien passé et, à la veille de la course, je suis en pleine forme et sans bobo. Seule crainte : en serrant ma tige de selle, j’ai entendu un « crac » et découvert une belle fissure d’environ 7 cm sur la tige du cadre. Vive le carbone ! Un peu d’adhésif, une bonne prière et le tour est joué ! C’est que ça peut être long, 180 km en danseuse !

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Toutefois, ce que j’avais encore moins prévu, c’est qu’ici, il peut faire très froid, surtout avec un vent venant du nord. Bref, quand je me lève à 4 h 45, je découvre une mer démontée et une température de 3 °C. Avec le vent, le ressenti s’apparente davantage à du zéro… Il fait plus chaud au Québec ! Après avoir enflé mon wetsuit, je me dirige vers la plage. C’est la première fois en 10 IM que j’ai froid avec la combinaison Néoprène, le vent forçant le froid à pénétrer mon habit. La mer est très agitée et les quelques courageux déjà dans l’eau pour réchauffer ont du mal à avancer dans les vagues. Quelques minutes plus tard, on annonce au micro « swim cancelled ! ». Les courants de rivage sont trop forts. Même si je ne suis pas un bon nageur, je suis un peu déçu, car mon objectif était de faire mon meilleur temps sur IM, et bon, ce ne sera pas pour aujourd’hui. La journée ne débute pas sous de bons auspices.

Le départ en masse — 2700 participants — étant impossible à vélo, celui­-ci se fera donc par ordre de dossard, une sorte de contre-­la-­montre finalement. Doté du numéro 994, j’allais donc attendre un moment frigorifié comme mes autres compagnons d’infortune. Enfin, c’est à mon tour. Nous partons par petits groupes de quatre ou cinq toutes les 5 secondes. Les 40 premiers kilomètres sont difficiles. Il faut se remotiver après plus d’une heure d’attente ! Le vent de face sur cette première partie me pousse à être bien en dessous de ce que j’avais prévu pour ma puissance, mais je me sens bien et les jambes sont là. De plus, c’est le seul moyen de doubler tout le monde. En partant 994e, on n’a pas trop le choix ! Enfin vers le 40kilomètre, nous changeons de direction et la vitesse grimpe sans trop forcer. Je continue ma remontée. Au demi­-tour, je retrouve mon ami Monsieur Le Vent.

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Cette fois, je modère un peu le tempo, mais je continue de doubler, encore et encore… les jambes sont là : proftons­en ! Un concurrent s’accroche à ma roue quelques kilomètres et ne respecte pas les 7 m règlementaires. Malgré mon regard désapprobateur, il persiste… jusqu’à ce qu’une moto avec arbitre arrive et vienne lui imposer une pénalité : petit moment jubila­ toire ! Les derniers 40 kilomètres sont fous ! Ma vitesse ne descendra pas en deçà des 43 km/h avec des pointes à plus de 50 ! J’ai l’impression d’être Lance Armstrong ! Je double encore quelques coureurs isolés qui ont un peu de mal à boucler ces 180 km. J’aurai doublé des concurrents jusque dans les derniers traits. Dernière ligne droite, je regarde le temps : 5 h 04 ! Je descends du vélo très satisfait du chrono, surtout avec ce vent.

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Après une transition éclair je m’élance sur le marathon, le couteau entre les dents, à presque 14 km/h. Je me sens bien, mais je sais que si je ne ralentis pas, je vais exploser. Je par­ viens donc à me « brider » pour rester sur la vitesse prévue et je fais le 1 semi­-marathon en 1 h 38 avec de bonnes sensations. Le par­cours me convient bien et n’est pas monotone. Comme à vélo, je suis à la lettre le protocole nutritionnel du coach. Mais, vers le 23kilo­mètre, je commence à avoir mal au ventre et je sais pourquoi. Ma vessie est pleine depuis le vélo et elle n’en peut plus ! Je n’ai pas envie de perdre du temps avec ça et décide de continuer… je commence à avoir un peu plus de mal à garder le rythme et m’arrête donc dans ces magnifiques toilettes d’un jour. Je ne savais pas que la vessie pouvait contenir autant ! Je vois le chrono tourner… ça m’énerve un peu ! La reprise de la course et du rythme a été difficile… ce n’est pas bon de s’arrêter. Bref, « gros coup de moins bien » un peu plus loin et je marche même au ravito sui­vant — ce sera la seule fois — pour m’hydrater et reprendre un gel supplémentaire. Le calvaire persistera entre le 23 et 28km. Puis les bonnes sensations et le tempo — un cran en dessous tout de même — sont revenus.

C’est encore avec une immense joie que je franchis la ligne d’arrivée après un marathon en 3 h 30 et un temps final de 8 h 37. Je finis à la 69place sur 2680 partants et 9sur 505 dans ma catégorie (homme 40­44 ans) Je suis très satisfait du résultat aux vues des conditions climatiques difficiles, même si je suis légèrement déçu de mon marathon.

Les 50 slots — sésames pour les championnats du monde Ironman à Hawaï — sont répartis dans chaque catégorie. La cerise sur le sundae aurait été d’obtenir l’un de ces slots. Malheureusement, il n’y en aura que 5 pour ma catégorie. L’année prochaine, je passe chez les 45­49 ans, je serai donc le petit jeune du groupe ! L’inscription pour le prochain IM est déjà validée. Qui a parlé de dépendance  au sport déjà ?

Le Dr Cyril Neirynck est Anesthésiste au CSSS de Sorel-Tracy. Pour lui écrire : neirynck@live.fr

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