Des moyens délétères

Soyons clairs sur nos intentions : en tant que résidents en médecine de famille, nous entreprendrons sous peu notre carrière...

POSITION DES RÉSIDENTS SUR LE PROJET DE LOI 20

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Comité des affaires pédagogiques – Médecine familiale Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ)Signataires

En réaction au projet de loi 20 avancé par le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, le comité des affaires pédagogiques en médecine de famille de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) souhaite joindre sa voix à celle des nombreux regroupements professionnels qui ont décrié les impacts catastrophiques que ce projet de loi aura sur le système de santé québécois.

Nous reconnaissons et déplorons les problèmes d’accès aux soins de première ligne qui sévissent actuellement dans le réseau public. Par contre, nous croyons que les mesures proposées par le ministre Barrette apportent une mauvaise solution au mauvais problème, en tenant pour acquis que la responsabilité des lacunes actuelles repose essentiellement sur le manque de productivité des médecins et, plus particulièrement, des omnipraticiens. Nous croyons qu’un meilleur soutien à la première ligne par l’augmentation du travail interdisciplinaire, l’implantation du dossier médical électronique (pour lequel le Québec est très en retard) et l’investissement dans des mesures de santé publique devrait être la priorité pour remédier aux problèmes d’accessibilité.

Nous sommes particulièrement préoccupés par les quotas de patients à suivre en bureau proposés par le ministre. En voulant augmenter le nombre de patients suivis au bureau, dans un contexte où les ressources disponibles sont déjà surchargées, les quotas qu’il propose ne pourront que diminuer la qualité des soins prodigués, surtout pour le suivi des clientèles lourdes. D’ailleurs, nous sommes très inquiets de la privatisation accrue des soins de première ligne qui pourrait avoir lieu si un tel projet de loi était adopté.

Nous tenons à rappeler que la relation médecin-patient constitue l’essence du rôle du médecin de famille — c’est d’ailleurs pour cette raison que plusieurs étudiants en médecine optent pour un choix de carrière en médecine de famille — pour bien connaître les patients qu’ils traitent, ce qui ne se fait pas en précipitant les rendez-vous médicaux. Par ailleurs, considérant qu’un des attraits de la médecine de famille est l’étendue du champ d’exercice en omnipratique, la limitation proposée du champ d’exercice du médecin de famille risque de décourager les étudiants à opter pour la médecine familiale. Il en va de même pour l’attitude cavalière et méprisante du ministre à l’égard des omnipraticiens. Rappelons que c’est par le biais de la valorisation de la médecine de famille que nous sommes parvenus à augmenter le nombre de finissants en médecine qui ont opté pour une résidence en médecine de famille.

De plus, la notion d’assiduité évoquée par le ministre nous apparaît dangereuse puisqu’elle porte atteinte à la relation médecin-patient et pénalise les médecins qui optent pour le suivi de clientèles lourdes comme les personnes âgées et les personnes soufrant de problèmes de santé mentale ou de maladies chroniques. De plus, en l’absence d’un dossier électronique permettant d’avoir rapidement accès aux informations d’un patient et aux différentes consultations effectuées par celui-ci, le calcul de cette notion d’assiduité nous apparaît au mieux d’une complexité administrative telle qu’il faille, à notre avis, remettre en cause l’applicabilité réelle d’une telle mesure dans le contexte actuel.

Les mesures proposées auront l’effet d’accroître la politisation de notre réseau de soins de santé, alors que l’inverse serait souhaitable. La possibilité pour les paliers locaux de s’adapter aux besoins populationnels changeants sera grandement réduite avec l’application du projet de loi 20.

Soyons clairs sur nos intentions : en tant que résidents en médecine de famille, nous entreprendrons sous peu notre carrière médicale et nous sommes plus que jamais motivés à travailler ardemment pour faire une différence dans les milieux au sein desquels nous serons appelés à pratiquer. Nous souhaitons toutefois exercer en tant qu’omnipraticiens dans un système où le gouvernement sera notre plus grand allié, en travaillant pour que nos conditions soient favorables à la pratique d’une médecine de qualité.

 

Précision : Les opinions des auteurs de la section Perspectives ne sont pas des positions officielles du magazine Santé inc., de l’Association médicale canadienne ou de ses filiales.

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