Parc d’attractions

Une symphonie papillaire qui réjouira les palais audacieux et qui intimidera peut-être les plus conservateurs, mais qui ne laissera...

BIEN MANGER

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX 

PARK
CUISINE FUSION
MONTRÉAL 
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Du chimichurri argentin  ou des jalapeños sur un nigiri ? De la crème de basilic italienne sur un futomaki d’anguille? Le titre de cette critique n’a pas été choisi hasard : c’est un véritable parc d’attractions gastronomiques auquel ont a droit chez Park, petit restaurant tout carré et tout charmant du quartier Westmount. Fraîcheur, précision et variété y sont les mots d’ordre. Variété de textures, de températures, de faveurs. Une symphonie papillaire qui réjouira les palais audacieux et qui intimidera peut-être les plus conservateurs, mais qui ne laissera certainement personne indifférent.

Avec sa cuisine donnant sur une salle à manger rustico-industrielle et son long bar chic surplombé par l’une des grandes ardoises du restaurant détaillant tout ce qu’on peut s’y mettre sous la dent, l’établissement exulte à la fois le raffinement et la simplicité. On note d’ailleurs très vite que la clientèle qui le fréquente est très aisée et qu’il n’est en revanche pas aussi aisé d’y obtenir une de ces tables sur laquelle on a gravé une feur de lotus — l’emblème du restaurant —, même le midi. Réservations de mise.

Le talentueux chef Antonio Park s’en défend quelque peu, mais sa cuisine a toutes les caractéristiques d’une cuisine fusion à la sauce nippo-coréenne. Le chef, dont les parents sont coréens, est né et a été élevé en Argentine. Parti étudier la cuisine au Japon, il en est revenu avec suffisamment d’inspiration pour charmer le public montréalais. Ce riche bagage culturel, à la fois inné et acquis, confère à sa cuisine de délicieux accents, tantôt sud-américains, tantôt japonais. Salade asiatique de juliennes de légumes et de noisettes croquantes, fumant bibimbap — un pot-au-feu coréen traditionnel — , sashimi et nigiri d’une grâce toute nippone et agrémentés de quelques accents du Nouveau Monde, traditionnelle soupe miso (la meilleure qu’on a pu déguster à Montréal à ce jour), tendre kalbi coréen de short rib de bœuf… Tout est structuré, tout est savante construction. Les assemblages sont bien pensés, et la moindre bouchée fait pousser des soupirs de contentement, parfois même des ailes.

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Les plats offerts à la carte oscillent entre le paroxysme de la finesse et le familier de l’assiette roborative, ce qui peut en déstabiliser plus d’un. Il y en a donc pour tous les goûts et tous les appétits, et le tout demeure d’une qualité irréprochable. La présentation est conçue avec soin et recherche, dans des couverts qui renforcent la prestance de ce restaurant fait pour rester. Rien n’est lassant, tout nous rapproche toujours un peu plus de l’extase et on comprend les habitués de l’endroit d’y revenir fréquemment pour célébrer leurs amours gustatives, comme cet homme avec qui nous avons discuté et qui vient y manger au moins deux fois par semaine, le midi.

Si vous y allez, on ne saurait trop vous recommander de choisir au moins une fois l’omakase de sushis en menu dégustation. Omakase, qui signife en japonais « je m’en remets à vous » est tout simplement la superbe sélection de sushis du chef. C’est un succès assuré à côté duquel il ne faut surtout pas passer!

Du côté des vins, la carte est intéressante, pas toujours abordable (on y a dégusté un très bon saké à 25 $ le 180 ml), mais… une fois n’est pas coutume! On y retrouve également de très bons Prosecco, d’excellents crus et cocktails qui en raviront plus d’un, comme le kimchi césar et le lychee-tini, des spécialités de l’endroit.PARK

Préparez-vous à goûter à un florilège de petites merveilles, laissez tomber le popcorn et la barbe à papa et laissez-vous plutôt emporter au sommet de la grande roue des saveurs d’Antonio Park et de sa talentueuse brigade.

LE MIEL : la grâce formidable des morceaux de poisson cru déposés sur des boules de riz pas trop collantes et à juste température. Les couleurs, partout dans l’assiette. De véritables haïkus gastronomiques.

LE VINAIGRE : certains amalgames de saveurs laissent le palais perplexe par moments, même si la qualité des ingrédients est indéniablement au rendez-vous. Les tables y sont également un peu trop rapprochées, ce qu’on aime moins.

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada et pigiste pour d'autres médias.

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