Monsieur le Ministre…

« La punition financière que vous instituez est de la poudre aux yeux pour faire perdre l’estime du médecin et le rendre responsable des...»

VOUS VOULEZ FAIRE DE NOUS DES TECHNICIENS!

PAR ALBAN PERRIER, MD
Fondateur de la Polyclinique médicale Concorde, Laval

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La présente lettre est une réponse à l’attitude que vous adoptez, monsieur le ministre, envers les médecins pour « améliorer » notre système de santé. La profession médicale, comme toute autre profession, est une affaire d’individu qui, à travers sa formation, ses valeurs et ses capacités individuelles, se soumet à un engagement envers la société et s’oblige à répondre à ses attentes. Il n’est redevable qu’à lui-même et à la personne qui le consulte, pourvu que l’éthique et les obligations professionnelles soient respectées.

Un technicien est une personne qui connaît et contrôle professionnellement des applications pratiques des diverses sciences dans un domaine scientifique spécifique et travaillant directement sous les ordres d’un supérieur.

Un ministre est un agent supérieur du pouvoir exécutif. Homme d’État, placé à la tête d’un département ministériel, chef d’un grand service permanent, il doit s’assurer que les services à la population répondent aux attentes dans la mesure des responsabilités et des lois applicables. La personne nécessitant des soins, communément appelée « patient », consulte le médecin et se réfère à sa compétence et à ses soins édictés.

Dans la relation d’affaires, le médecin est un individu autonome composé de sa personnalité, des résultats de sa formation, de ses compétences, de son expérience et de ses ambitions. Il est seul avec lui-même et directement responsable de ses actions et des résultats escomptés. C’est une personne qui rencontre une autre personne et elles sont toutes deux soumises à des attentes, provoquant une interrelation qui peut être positive ou négative. Il revient à chacune d’elles de faire cheminer leur relation ou de la rompre. Il est évident qu’à ce jour, cette relation d’affaires est souvent complexe, notamment parce que le patient ne peut choisir son médecin, et vice-versa.

Le médecin doit exercer sa profession à la mesure de ses compétences et ne doit pas être soumis à des obligations qu’il juge inappropriées. Le patient s’attend à ce que le médecin le traite dans son individualité et non « comme tout le monde ». La relation doit être personnalisée et axée sur la personnalité et les attentes des deux composantes.

Dans cette même relation d’affaires, un technicien, à partir de ses compétences, est engagé par un supérieur qui lui dicte sa conduite et les résultats escomptés. Il possède cependant une certaine autonomie en regard de son expérience, à la condition que les résultats escomptés soient acquis.

La relation d’affaires du ministre s’est construite à partir des structures en place dont font partie les médecins. C’est avec ces derniers, considérant leur savoir-faire, leur compétence, la nature de leurs obligations, à la fois sociales, professionnelles et structurales (c’est-à-dire l’imposition des agences gouvernementales), qu’il doit dialoguer. Il n’est pas le supérieur des médecins, mais le collaborateur qui incite, compte tenu des politiques établies.

Or, Gaétan Barrette, vous voulez faire des médecins des techniciens de la santé dont vous commanderez les actions et la manière d’être. Le patient deviendra davantage un otage (il l’est déjà dans plusieurs situations) soumis à des contingences non acceptables pour les médecins, ce qui apportera à court terme une dépersonnalisation des relations médecins-patients.

La punition financière que vous instituez est de la poudre aux yeux pour faire perdre l’estime du médecin et le rendre responsable des problèmes d’organisation, tant sur le plan de ses actes que sur ses relations envers la population. Ce qui caractérise la majorité des médecins est la satisfaction de donner des soins de qualité et d’en être gratifié. La majorité des médecins se donnent corps et âme à leurs obligations. Vous êtes incapable de le reconnaître ; ils sont, selon vous, coupables.

Alors, Gaétan Barrette, cessez de penser à vous-même. Vous avez besoin de nous tous pour améliorer la desserte des soins. Vous ne pouvez agir seul, car c’est le patient qui en subira les conséquences. Nous sommes là pour vous aider, et nous sommes aussi conscients que vous qu’il y a un problème d’accès aux soins. Faites de votre rôle de ministre une avancée pour la société.

Précision : Les opinions des auteurs de la section Perspectives ne sont pas des positions officielles du magazine Santé inc., de l’Association médicale canadienne ou de ses filiales.

Fondateur de la Polyclinique médicale Concorde, Laval

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