La parole est à vous!

Chaque fois que je lis un article sur l’écriture des médecins, il vise à nous rappeler les obligations légales d’avoir des notes lisibles. C’est comme...

Pour poser une question, envoyer un commentaire, une lettre, un témoignage ou un article d’opinion pour la section Perspectives, écrivez-nous à santeinc@cma.ca. C’est toujours un plaisir de vous lire!

cover-santeinc-may15.inddCES NOTES MÉDICALES DIFFICILES À LIRE

Bonjour,

Chaque fois que je lis un article sur l’écriture des médecins, il vise à nous rappeler les obligations légales d’avoir des notes lisibles. C’est comme dire à un fumeur de cesser de fumer sans lui apporter le support nécessaire pour arrêter. Ou comme dire à un amputé de faire pousser son membre absent. J’écris mal depuis le primaire. Au secondaire, on m’a fortement incitéà écrire mes travaux à la dactylo; heureusement, car maintenant, je suis à l’aise avec le DME et la prescription électronique.

Toutefois, je continue de mal écrire à la dactylo. J’oublie des lettres, ou je les inverse. Quand j’écris payer, j’oublie presque systématiquement la lettre du milieu. Ce n’est donc pas mon travail de médecin qui me fait mal écrire. Je réponds souvent aux gens qui me demandent pourquoi les médecins écrivent aussi mal que c’est parce que les avocats, de leur côté, ont une secrétaire pour rédiger leurs dossiers.

J’ai poussé un peu plus loin mon investigation de mon trouble d’écriture. Avec certains patients, j’écris mal; avec d’autres, mon écriture est lisible et ordonnée. J’ai donc tenté de dresser le portrait des patients qui «aggravent mon écriture» et, surtout, de ceux qui contribuent à l’améliorer. J’en retiens que les patients ordonnés et calmes me permettent de bien écrire, tandis que les patients hyperactifs, moins. La voilà, ma réponse. Suis-je atteint d’un trouble de dé cit de l’attention (TDAH)? Mon médecin de famille et un psychologue spécialisé m’ont confirmé le diagnostic. Donc, le problème d’écriture a plus d’une cause, et pas seulement le TDAH en ce qui me concerne.

Vous avez certainement noté des lettres manquantes dans mon texte [NDLR: nous avons corrigé ce texte intentionnellement aux  ns de publication]. C’est parce que je pensais à autre chose en écrivant.

Je tente l’hypothèse suivante pour une éventuelle recherche sur le sujet: est-ce qu’un médecin qui écrit mal peut aussi mal taper à l’ordinateur, ou mal dicter à l’oral? C’est fort possible, à mon avis. La « malécriture » est un symptôme qu’il vaut la peine d’explorer, et non seulement de réprimander.

Dr Gilles Labrecque, MD

***

DERRIÈRE LE SARRAU

Les médecins se consacrent de plus en plus à l’écriture et à la production d’oeuvres artistiques diverses. En voici deux très remarquées :

BD
Rendre visible l’invisible par l’art-thérapie

005-Franc?ois BergeronCette première bande dessinée d’une série d’autres albums à venir souhaite aider les personnes atteintes de problèmes de santé mentale à l’aide de l’expression artistique. Dirigée par le Dr Jean-Bernard Trudeau, passionné de BD, président du conseil d’administration des Impatients et secrétaire adjoint au Collège des médecins du Québec, cette première mouture des Impatients met en relief le talent de 42 personnalités sur l’inépuisable thème de l’impatience. Ont d’ailleurs participé à cette première mouture Claude Robinson, Frédéric Back, Serge Chapleau, Claude Meunier, Clémence DesRochers, Bryan Perro, Simon Proulx (Les Trois Accords), Yves Lamontagne, Yves P.Pelletier et Marie-Ève Janvier.

Un moment d’impatience! De spectaculaires duos en BD Éditions Les Impatients, 19,95 $, dont les profits iront directement à l’organisme Les Impatients.

 

LIVRE

1-courrier-lheureux-fig4« Victime d’un accident de la route, la Dre Élaine Johnson, médecin spécialiste et chercheuse, est atteinte de stress post-traumatique. Des cauchemars anéantissent sa vie et la ramènent peu à peu dans un passé dont elle ignorait jusque-là l’existence. Impossible pour elle de continuer à vivre avec ses démons. Elle a maintenant un but: la vengeance. » Suzanne Michalk est anesthésiste depuis 1986 et pratique à l’Hôpital Santa Cabrini, à Montréal. Vengeance est le premier tome d’une trilogie médico-policière, Juphilaurium.Vengeance est son premier roman.

Juphilaurium, Tome 1 – Vengeance
Suzanne Michalk, Les Éditions Carte blanche,
24,95 $

***

ACTUALITÉS

17e CONGRÈS DE L’AMQ
Le contrat social des médecins : un survol

Le système de santé est en pleine redéfinition. Le gouvernement seul ne peut revoir les règles du jeu. Selon l’Association médicale du Québec (AMQ), les médecins, en tant qu’acteurs de première ligne, ainsi que la population, doivent être partie intégrante de cette réforme.

Voilà ce qui est ressorti des échanges entre les participants, les animateurs, les conférenciers et les panélistes au cours du 17e congrès de l’AMQ, qui s’est tenu au Westin Montréal du 16 au 18 avril derniers. L’AMQ vient d’ailleurs de poser le premier jalon d’une réflexion et d’un plan d’action sous le thème La profession médicale : vers un nouveau contrat social.

UN SONDAGE PERCUTANT

Au cours de ce congrès, les résultats d’un important sondage effectué par la firme Léger ont été rendus publics. Cette consultation faite auprès de la population québécoise, des médecins et des futurs médecins portait sur la perception des gens à l’égard du rôle des médecins, et de différentes composantes du contrat social entre la profession médicale et la société. Les résultats de cette enquête indiquent notamment que les Québécois ont un niveau de confiance élevé envers les médecins. De ce côté, la profession se retrouve en tête des professionnels de la santé envers lesquels la population a le plus confiance. La perception des médecins et futurs médecins eux-mêmes à leur propre sujet les place toutefois en queue de peloton parmi les professionnels de la santé.

DES SOMMITÉS INTERNATIONALES

Les docteurs Sylvia R. et Richard L. Cruess, sommités internationales en matière de professionnalisme médical, ont posé, lors de la conférence d’ouverture du congrès, un diagnostic sur l’état du contrat social entre la société et la profession médicale. Tout en présentant les différentes composantes de ce contrat, la principale étant selon eux le professionnalisme, ils ont analysé les points de tension entre les attentes de la société et celles des médecins. Le non-respect du contrat social par les médecins peut mener selon eux à une rupture, à une perte de confiance de la part de la population et à une restriction de l’autonomie des médecins.

Le congrès a également accueilli les propos du Dr Ben Bridgewater, qui a présenté le dossier du Royaume-Uni, où on a imposé à la profession médicale un nouveau contrat social à la suite d’une rupture et d’une perte de confiance de la part du public. Le General Medical Council (l’équivalent du Collège des médecins chez nous) est littéralement passé de l’autorégulation à la corégulation, alors que son conseil d’administration est composé à 50 % de non-médecins!

Les participants ont reconnu qu’au Québec, on risque en effet de se retrouver dans la même situation si les points de tension entre la profession médicale et la population ne sont pas atténués.

L’ACCESSIBILITÉ, TOUJOURS L’ACCESSIBILITÉ

Six panels et un débat au cours du congrès de l’AMQ ont suscité beaucoup d’intérêt chez les participants. Tout d’abord, sur le sujet de l’accessibilité, les dispositions de différents projets de loi pour améliorer l’accès aux soins de santé déposés par le gouvernement ont été présentées comme étant des contraintes légitimes à l’autonomie des médecins. Plusieurs participants ont plutôt souligné que la perte d’autonomie des médecins allait avoir des répercussions négatives importantes sur la qualité de la relation médecin-patient.

Les participants ont ensuite clairement fait savoir que la profession médicale devait faire preuve de leadership, revoir ses façons de faire et les rôles de chacun. Le système de santé québécois doit améliorer l’accessibilité aux soins, mais aux soins pertinents. Les médecins considèrent que le projet de loi 20 est une solution simpliste en vue de régler un problème complexe aux causes systémiques. En revanche, il a aussi été dit que ce dernier avait le mérite de forcer les médecins à se mobiliser, à reprendre le leadership et à s’engager dans l’organisation des soins. Les médecins doivent donc changer leur approche s’ils veulent influencer ces changements, que ce soit sur le plan national ou régional. Plusieurs participants ont soulevé la nécessité de s’inspirer de solutions porteuses qui ont été apportées dans d’autres provinces, notamment en Colombie-Britannique, où on a réussi une meilleure intégration du travail des médecins de famille et des spécialistes grâce à une concertation des divers intervenants.

DES PANELS FORTS EN ÉCHANGES

Les autres panélistes de ce congrès ont ensuite abordé plusieurs sujets pertinents, notamment celui de l’utilisation des mégadonnées et de leur corrélation avec la performance des médecins et l’autorégulation de ces derniers. Au cours de ce panel, les participants ont entre autres reconnu que les médecins ne devaient pas nécessairement devenir des professionnels des enjeux de la gestion de données, mais devaient en revanche être proactifs, faire connaître leurs besoins sur les dossiers santé et s’entourer de gens capables de les guider.

L’élargissement des champs de pratique professionnelle des autres professionnels de la santé a ensuite été un autre sujet ayant mené à plusieurs échanges sur l’offre de services efficace et intégrée pour le patient ainsi que sur le meilleur accès aux soins. Nombre de participants ont considéré que ces changements affectaient le contrat social entre les médecins et la société, notamment en introduisant désormais une relation entre le patient et une équipe de soins et non plus seulement un médecin.

Bien que le sondage Léger a révélé que les médecins se disent ouverts à partager certaines tâches et que les ordres professionnels travaillent également de concert pour un partage des actes, les participants ont constaté qu’en réalité, cela fonctionnait difficilement sur le terrain. On a invoqué à cet égard la mauvaise adaptation des modes de rémunération, le leadership au sein des équipes et la taille des superstructures des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Le statut professionnel n’est pas statique et est en constante évolution. Améliorer ainsi le climat de collaboration entre les différents professionnels de la santé est une idée qui fait consensus au sein des participants. Selon eux, un climat sain de collaboration se traduira par une amélioration de la qualité des services à la population.

ALTRUISME, CONFLITS D’INTÉRÊTS, DEVOIRS ET RÉGULATION

Un autre sujet très populaire par les temps qui courent, celui de l’altruisme et des conflits d’intérêts, a également suscité des discussions animées. Les mécanismes pour éviter les conflits d’intérêts ont récemment fait l’objet de modifications à l’occasion de la révision du code de déontologie, et les dispositions sur les frais accessoires continuent de soulever les passions sans toutefois engendrer un consensus auprès des membres de la profession. Plusieurs participants étaient d’avis que l’entrepreneuriat médical n’était pas incompatible avec une pratique altruiste, mais il n’y avait en revanche toujours pas de consensus quant à la place du privé en santé et à la façon dont il devrait être régulé.

Dans cette veine, concilier la responsabilité individuelle du médecin à l’égard de son patient et la responsabilité collective de la profession médicale à l’égard de la population devient une tâche complexe, mais nécessaire pour le médecin, particulièrement à l’heure où la relation entre le patient et le médecin subit de profondes mutations. Les participants ont d’ailleurs vu dans cet enjeu un défi de taille pour les prochaines années.

À cet égard, l’autorégulation et la régulation deviennent par conséquent des éléments plus cruciaux que jamais pour les médecins. Même si un consensus clair ne s’est pas dégagé des discussions sur les façons d’éclaircir les procédures disciplinaires en médecine, tous ont admis que l’on pouvait faire mieux pour rendre ces processus plus efficaces. « Offrir les soins qu’on aimerait recevoir » est devenu le mot d’ordre au terme de ces discussions. Si la profession médicale souhaite éviter une prise en charge de cet enjeu par les non-médecins, les médecins doivent individuellement faire preuve de la plus grande imputabilité qui soit.

FOSSÉ INTERGÉNÉRATIONNEL : MYTHE OU RÉALITÉ?

Enfin, cette série de discussions s’est close sur un débat autour de la question suivante : existe-t-il véritablement un fossé générationnel dans la pratique de la médecine? Il semblerait bien, à la lumière des propos rapportés, qu’un tel fossé ne soit pas différent de celui qu’on retrouve dans l’ensemble de la société. Chose certaine, les valeurs reliées au professionnalisme sont tout aussi présentes chez les jeunes médecins que chez leurs aînés.

Les participants ont d’ailleurs souligné que les médecins de toutes les générations ont à la base des valeurs similaires, le même « génotype médical », mais que l’expression, le « phénotype », serait variable selon l’environnement.

Bref, le fossé intergénérationnel existe, mais des ponts ont été créés entre les deux groupes au sein de la profession médicale.

nouvellepresidenteUNE NOUVELLE PRÉSIDENTE

Le 18 avril dernier, c’est finalement l’intronisation de la nouvelle présidente de l’AMQ, la Dre Yun Jen, qui a mis un terme à ce 17e congrès de l’AMQ ainsi qu’au mandat du président sortant, le Dr Laurent Marcoux. La Dre Yun Jen est médecin-conseil au sein de l’unité Habitudes de vie de l’Institut national de santé publique du Québec et chargée d’enseignement clinique au département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.

 

 

***

erratum

 

 

 

 

 

précisions

santeinc.com

La parole est à vous!

Pour poser une question, envoyer un commentaire, une lettre, un témoignage, un article d’opinion ou une analyse personnelle…

Quoi d’neuf, Docteur?

Quelles sont les dernières nouveautés susceptibles d’avoir des impacts sur  votre vie personnelle ou votre pratique médicale ? 

Vieilles bouteilles, frais bonheur

«D’un point de vue vigneron, le bouchonnage reste l’ultime action œnologique dans l’élaboration d’un vin. C’est aussi la seule qu’il…»

Pétoncles poêlés, salsa maison

«Quand vient le temps de passer de la terrasse au confort de notre salle à manger, c’est aussi l’occasion de profiter pleinement…»

Fonds communs pour médecins

– Fonds FMOQ
– Fonds Professionnels
– Gestion MD