Vin de prunier

De passage de ce côté-ci de l’Atlantique, madame Prunier est venue nous présenter ses vins au restaurant La Girolle, dans la ville de Québec.

BIEN BOIRE

PAR DANIEL BERGERON 
Professeur de chimie organique et de chimie du vin au Cégep de Lévis-Lauzon.
Titulaire d’une maîtrise en chimie organique. Administrateur du site fouduvin.ca.

Ripe grapes in fall

En avril dernier, j’ai eu la chance de rencontrer la très sympathique Estelle Prunier du Domaine Michel Prunier et Fille, situé dans le village viticole d’Auxey-Duresses du département de la Côte-d’Or, en Bourgogne. De passage de ce côté-ci de l’Atlantique, madame Prunier est venue nous présenter ses vins au restaurant La Girolle, dans la ville de Québec. Nous étions une dizaine de membres du site fouduvin.ca en compagnie de Christiane Langevin de l’agence Langevins à venir l’écouter. Je dois avouer que je connais quelques vins de ce domaine depuis un certain temps et que je les ai toujours appréciés, mais la passion passe à un niveau supérieur en présence d’une personne du domaine. Bref, la soirée s’annonçait des plus palpitantes et nous n’avons pas été déçus.

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Nous avons d’abord été accueillis avec le Crémant de Bourgogne du domaine. Ce vin mousseux est un assemblage de pinot noir (50 %), de chardonnay (30 %) et d’aligoté (20 %). J’avais adoré leur cuvée précédente et je dois dire que celle-ci est aussi intéressante, voire davantage. À l’oeil, on observe de fines bulles, d’une bonne persistance, s’élevant vers une jolie mousse blanche. Au nez, c’est la brioche, la noisette et la pomme verte qui s’expriment pour aller ensuite vers une bouche vive en attaque, crémeuse, beurrée et légèrement amère en finale. Ce crémant, qui sera de retour en importation privée chez Langevins dès septembre prochain, a un excellent rapport qualité-prix (32 $). Je l’accompagnerais bien avec des sushis ou je le boirais tout simplement en apéritif. J’en ai d’ailleurs fait une bonne provision pour les belles journées d’été.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEnsuite, on nous a servi l’Auxey-Duresses blanc 2013. Le nez montre des arômes de fruits blancs avec une touche de citron et de beurre caramélisé. La bouche offre une bonne acidité, de la souplesse, une belle texture grasse et des notes de citron, perçues au nez, qui reviennent en finale. Ce chardonnay, élevé en fût (15 % en chêne neuf), a déjà été offert dans le réseau de la SAQ il y a quelques années, mais ne l’est plus aujourd’hui. Cependant, on pourrait le retrouver chez Langevins, où il serait vendu environ 45 $. Il accompagnera bien une coquille de fruits de mer.

Cette superbe dégustation s’est poursuivie en beauté avec l’Auxey-Duresses, 1er cru Clos du Val 2012. On gagne encore en structure et en complexité avec ce pinot noir. Au nez, on perçoit de beaux arômes de fruits rouges (principalement la cerise), de fleurs rouges et de cannelle. En bouche, on retrouve une bonne fraîcheur dans un ensemble tissé serré sur le plan des tannins. L’élevage en barrique de 18 mois (25 % en chêne neuf) est subtilement présent et la finale se veut d’une bonne allonge. Ce vin possède l’étoffe pour tenir la route un bon bout de temps en cave. Ce millésime n’est présentement plus sur le marché, mais on peut se procurer le 2013 en importation privée chez Langevins moyennant 55 $. Il est à noter qu’un des convives avait apporté un Clos du Val 2005 acheté au domaine il y a quelques années, mais le vin était malheureusement bouchonné. Ce fut bien dommage, car il aurait été intéressant de faire la comparaison.

listedesvinsLe dernier pinot noir dégusté était le Volnay 1er cru Les Caillerets 2012. Ce vin mise beaucoup plus sur sa finesse que sa robustesse. Ce fut d’ailleurs mon coup de coeur de la soirée. Le nez offre de subtils arômes de fraise mûre, de cannelle et de fleurs. On ne se lasse pas de le sentir. La bouche est axée sur la finesse avec de beaux fruits rouges, une grande acidité lui conférant de la fraîcheur et une finale longue et délicate. Même s’il est très intéressant maintenant, le temps devrait l’aider à mieux harmoniser ses éléments présents. Je crois que ce vin serait idéal pour accompagner une caille farcie. Tout comme le vin précédent, il a bénéficié d’un élevage de 18 mois (25 % en chêne neuf). Au moment d’écrire ces lignes, il y avait quelques bouteilles offertes en importation privée chez Langevins à 78 $. Je n’ai pas pu résister à l’envie de m’en procurer une fiole pour le cellier.

Pour conclure, je tiens à souligner que parmi les excellents vins du Domaine Michel Prunier et Fille, j’ai été particulièrement conquis par le crémant servi en apéro et le volnay servi en dernier. J’aimerais aussi remercier Estelle Prunier, Christiane Langevin et tous les membres présents de fouduvin.ca d’avoir contribué à cette soirée des plus instructives. Je vous laisse l’adresse du site du domaine et les coordonnées de l’agence qui le représente et vous souhaite de faire de belles découvertes.

Domaine Michel Prunier et fille
domainemichelprunieretfille.com
Agence Langevins : 514 894-2052

Professeur de chimie organique et de chimie du vin au CEGEP de Lévis-Lauzon. Titulaire d'une maîtrise en chimie organique. Administrateur pour le site fouduvin.ca Pour lui écrire : daniel.bergeron@cll.qc.ca

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