Haro sur l’intimidation!

Un sondage (...) révélait que les différentes sources d’intimidation, par ordre d’importance étaient les suivantes : personnel infirmier (55 %)...

PAROLE DE RÉSIDENT


PAR DR CHRISTOPHER LEMIEUX 

Secrétaire de la Fédération des médecins résidents du Québec et président de son comité du bien-être des médecins résidents

Un établissement de santé est comparable à une ruche remplie d’abeilles : un milieu de travail très complexe où interagissent plusieurs travailleurs qui ont des tâches et des rôles bien particuliers. Ceux-ci doivent interagir sur plusieurs plans afin d’offrir le meilleur service à la population, dans un contexte de grand stress et d’austérité financière. Parfois, ces interactions se déroulent avec harmonie, mais à d’autres occasions, les échanges peuvent être teintés d’amertume. Le système de santé québécois, qui devient de plus en plus complexe, et les attentes en matière de performance de plus en plus élevées, tant de la part de la population que des supérieurs, entraînent un sentiment chronique d’insatisfaction qui en amène certains à adopter des comportements inappropriés. S’ensuit un climat de travail de plus en plus hostile. Il faut savoir reconnaître ces comportements perturbateurs et agir en conséquence, tout en faisant la différence entre intimidation et harcèlement psychologique.

Nous définissons l’intimidation comme étant « des paroles, des gestes, des images ou des comportements qui blessent, humilient, excluent socialement une personne ou qui ont pour effet de faire perdre l’estime de soi ». Celle ci survient généralement lorsqu’il y a un rapport de force entre un agresseur et une victime. Le harcèlement, quant à lui, est un ensemble de plusieurs faits de natures différentes, soit un enchaînement de propos et d’agissements hostiles semblant anodins, dont la répétition peut affecter psychologiquement la personne qui en est la cible. Reconnaître ces gestes qui blessent est le point de départ de notre lutte contre l’intimidation. Il faut savoir que l’intimidation touche malheureusement tous les milieux. Des écoles au milieu de travail, en passant par le milieu familial et les médias sociaux. À l’hôpital, tout travailleur est à risque d’être victime d’intimidation. Les médecins résidents n’y échappent pas et l’impact de l’intimidation est exacerbé par le stress lié à la formation en médecine et à la responsabilité d’offrir les meilleurs soins à ses patients. Plusieurs personnes croient que l’intimidation chez les médecins résidents provient principalement des médecins enseignants. Détrompez-vous! Un sondage réalisé dans les dernières années révélait que les différentes sources d’intimidation, en ordre d’importance, étaient les suivantes : personnel infirmier (55 %), médecins enseignants (42,4 %), patients (45,3 %) et résidents d’un même programme (6,7 %). Les résidents pouvaient rapporter plus d’une source, ce qui explique ici le total supérieur à 100 %.

Mais il ne faut pas oublier ces personnes que l’on côtoie tous les jours qui rendent notre journée plus agréable. Malheureusement, il est souvent plus facile de critiquer les comportements perturbateurs que de reconnaître les comportements positifs. Un travail de sensibilisation est clairement nécessaire afin d’enrayer l’intimidation. Pour ce faire, chacun doit y mettre du sien, de manière à contribuer à créer un climat exempt de ce type de comportement dans nos milieux, mais aussi à souligner l’importance des gens qui influencent positivement notre environnement.

L’année 2015 marquera le début d’une importante campagne de sensibilisation contre l’intimidation à la Fédération des médecins résidents du Québec. La première campagne avait eu lieu en 1996, et nous avons décidé de récidiver afin de sensibiliser les médecins résidents, mais aussi tous les acteurs du réseau de la santé à l’importance de s’attaquer à ce fléau. Joignez le mouvement afin de promouvoir un environnement « tolérance zéro ».

A propos de Dr Christopher Lemieux

Voir tous les articles par Dr Christopher Lemieux
Le Dr Christopher Lemieux est le secrétaire de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) et président de son comité du bien-être des médecins résidents. On peut le joindre par l'entremise de la FMRQ.

La parole est à vous!

« Nous avons besoin de ce temps avec notre médecin pour ces rencontres. C’est la vie du patient qui se joue. Qui répondra à nos…»

Docteur Novateur

«Michael Roskies travaille dans le respect de ceux qui sont passés avant lui et cherche avec ferveur à s’améliorer pour ceux qui…»

Briser les murs de l’inconnu

«Il n’y a aucun client, sauf moi, mais la grand-mère qui tient le phare me fait signe d’entrer quand même. Elle me fera à manger même…»

De la poutine chez Trump

«Les restaurateurs ont trouvé leur rythme de croisière. C’est qu’il n’est pas évident de concevoir une carte québécoise susceptible de…»

Chaudrée de fruits de mer

« Avec l’ouverture de Riviera, j’espère apporter quelque chose de nouveau à Ottawa, voire devenir la pierre angulaire de la scène…»

Réalités vigneronnes

«Au cours de mes dernières années dans le monde du vin, j’ai rencontré beaucoup de gens qui rêvent d’acheter un lopin de vignes…»