Le stress du PREM

En 2011, 50 % des finissants étaient sans PREM/PEM deux mois avant la fin de leur résidence. La situation ne fait que se détériorer...

PAROLE DE RÉSIDENT

PAR DR CHRISTOPHER LEMIEUX 
Secrétaire de la Fédération des médecins résidents du Québec et président du Comité du bien-être des résidents de la FMRQ

FMRQ

 

 

Fin décembre alors qu’une majorité de citoyens et de travailleurs du réseau de la santé étaient déjà en congé pour le temps des Fêtes, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec suspendait l’octroi des avis de conformité en médecine familiale et sommait les Départements régionaux de médecine générale (DRMG) de ne rien conclure avec les nouveaux facturants, tant qu’il n’aurait pas statué sur le nouveau mode de répartition des effectifs en médecine familiale. Avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Barrette a signé une entente qui confirme la mise en place de réseaux locaux de services (RLS), qui limitent la pratique des nouveaux arrivants dans les milieux à des sous-territoires des DRMG. La décision du ministre de sortir 20 % des médecins de famille des milieux hospitaliers est venue modifier les offres d’emploi des résidents finissants de 2016, qui devront maintenant obtenir une dérogation afin d’avoir un poste en établissement.
Nous comprenons que cette mesure se veut une façon d’augmenter la prise en charge des patients en première ligne. Mais n’y aurait-il pas un meilleur moyen ? Cela n’aurait-il pas pu se faire de façon graduelle, et pas en pleine période de recrutement ? Une autre surprise attendait les gens en spécialité à l’aube de 2016. La liste des PREM 2016 est apparue sur le site du Ministère à la même période, sans aucune annonce pour les médecins résidents qui attendaient ces postes depuis plusieurs mois déjà. Les spécialités où les postes se font rares sont de plus en plus nombreuses. Et même lorsque certains postes sont disponibles sur papier, ils demeurent inaccessibles parce qu’ils sont déjà promis ou parce que les effectifs en place suffisent à la tâche.

En 2011, 50 % des finissants étaient sans PREM/PEM deux mois avant la fin de leur résidence. La situation ne fait que se détériorer depuis. Se trouver un poste au Québec devient de plus en plus difficile… et de plus en plus stressant. D’ailleurs, 56 % des médecins résidents rapportent un niveau de stress élevé (>8/10) en lien avec le nombre limité de postes disponibles. La chirurgie cardiaque, la neurochirurgie, l’urologie, la radio-oncologie, l’anesthésiologie, la chirurgie générale, l’ophtalmologie ainsi que l’oto-rhino-laryngologie sont huit spécialités pour lesquelles les possibilités de recrutement risquent de ne pas permettre à tous les finissants de travailler au Québec dans les prochaines années. Ces difficultés sont généralement liées à la limitation de l’accès aux plateaux techniques, à une mauvaise évaluation des besoins et aux budgets restreints. Même en régions intermédiaires et éloignées, on retrouve des postes virtuels. Et d’autres spécialités médicales et chirurgicales commencent à s’approcher de la saturation. Bien que nous soyons conscients que l’accessibilité aux soins, tant en première ligne que dans certaines spécialités, demeure problématique pour la population, nos inquiétudes quant à la saturation des effectifs et l’impossibilité pour les médecins formés au Québec de se trouver un poste sont très réelles.

La Fédération des médecins résidents du Québec milite depuis de nombreuses années pour assurer une planification et une répartition des effectifs médicaux au Québec qui soit adéquate et en ligne avec les besoins de la population. Elle assure une présence à tous les comités de gestion où sont discutés les PEM et les PREM. Elle a aussi créé un comité sur la planification des effectifs médicaux au sein de la FMRQ. Au fil des ans, nos interventions ont permis l’abolition des « clauses orphelin » mises en place en 1995 pour les médecins spécialistes débutant leur pratique, d’assurer une vigie constante des enjeux en lien avec les effectifs médicaux et d’interpeller les autorités concernées lorsque les médecins résidents sont lésés dans leurs droits.

Aujourd’hui, nous vivons avec de nouvelles règles qui découlent de l’adoption des projets de loi 10 et 20. Aujourd’hui, nous vivons l’angoisse, et je parle ici au nom de tous mes collègues qui ont encore des années de formation devant eux avant d’accéder à un poste. La relève médicale veut travailler. Elle veut offrir des services de qualité à la population québécoise en fonction de ses besoins, et ce, dans toutes les régions du Québec. Mais le pourra-t-elle, Monsieur le Ministre ?

A propos de Dr Christopher Lemieux

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Le Dr Christopher Lemieux est le secrétaire de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) et président de son comité du bien-être des médecins résidents. On peut le joindre par l'entremise de la FMRQ.

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