Sagesse nécessaire

« De la Grèce antique à nos jours, les "conseils de sages" ont toujours eu un impact sur les sociétés. Ils sont souvent considérés, de manière...»

MARIE-SOPHIE L’HEUREUX
Rédactrice en chef

Marie-Sophie l'heureuxVol AC1134, Vancouver-Montréal, 24 août 2016.

Je suis dans l’avion qui me ramène du cent-quarante-neuvième conseil général de l’Association médicale canadienne. Comme chaque année, depuis que j’assiste à cet événement annuel, j’effectue le même constat sur le chemin du retour : le plus grand regroupement de médecins canadiens est parvenu, encore une fois, à instiller en moi un profond sentiment de fierté et d’appartenance. Chaque année, j’en reviens optimiste, le cœur gonflé à bloc, rempli d’espoir. Parce que, même si je sais que notre système de santé subit d’indéniables dérives, je sais que, quelque part, des gens — pas n’importe lesquels, mais bien ceux qui ont le plus d’influence sur le système de santé — y croient encore, se réunissent pour discuter et débattre, puis unissent leurs voix pour approuver, rejeter ou faire des recommandations. C’est là un splendide exercice démocratique que les médecins canadiens réalisent de très belle façon, rigoureusement. Les sujets qui leur tiennent à cœur sont très porteurs : influence des changements climatiques sur la santé humaine, innovation médicale, intégration des services, résilience des médecins, accord fédéral sur la santé, santé des populations autochtones, gestion de la marijuana thérapeutique, aide médicale à mourir… Des sujets jamais banals, qui ont toujours un potentiel d’impact immense sur les médecins et sur les populations qu’ils servent. Dire que tout ça a commencé il y aura bientôt 150 ans — au Québec de surcroît ! Franchement, on peut s’estimer très fier d’avoir été le berceau d’un tel regroupement de médecins !

Certaines voix de mauvaise foi diront que «c’est bien beau de discuter et de recommander», mais que l’Association médicale canadienne — ou le milieu associatif non syndical en général — n’a pas de pouvoir exécutif sur les réalités des systèmes de santé provinciaux. Cela serait d’autant plus vrai parce que la santé n’est pas une compétence fédérale, et que le travail de l’AMC, dans ce contexte, n’est que celui d’un «lobby». Ces voix n’ont pas complètement tort, mais elles occultent un fait important : il est loin d’être inutile, dans une société, de jouir de la présence d’institutions consultatives axées sur la réflexion, l’engagement et la mobilisation, dont la raison d’être n’est pas strictement inféodée à la logique du paradigme de la négociation salariale.

De la Grèce antique à nos jours, les « conseils de sages » ont toujours eu un impact sur les sociétés. Ils sont souvent considérés, de manière générale, comme des agents de mobilisation ; donc, des agents de changement. C’est un peu ainsi que je perçois l’Association médicale canadienne, et son pendant québécois, l’Association médicale du Québec. Ce sont des assemblées de sages de tous les horizons, qui réunissent des médecins profondément intéressés par la santé des gens qui les consultent, et qui veulent le meilleur pour leurs patients d’abord et avant tout. Ce sont des médecins qui veulent que les choses « marchent », qui veulent utiliser leur pouvoir d’influence et leur force médicale à bon escient, en se laissant guider par ce dessein noble et utile. Ces institutions sont précieuses. On dira que j’ai un parti pris en raison de l’affiliation naturelle de Santé inc. à l’AMC. On sera peut-être même tenté de penser qu’on m’a demandé d’écrire ces mots, mais il n’en est rien. Je crois profondément au bien-fondé de ce genre d’organisations.

Cela dit, je n’écris pas cet éditorial pour rien. Il est rare que j’utilise cette tribune pour parler du magazine Santé inc. lui-même, mais cette fois-ci fera exception. Santé inc. existe depuis 2004 et a beaucoup évolué depuis. Maintenant plus lu que jamais, ce bimestriel arrive à un moment crucial de son existence où la voix des médecins « de terrain » est plus précieuse que jamais.

Or, comme vous avez pu le constater depuis quelques années, le magazine s’est enrichi d’un conseil médical consultatif. Ce conseil se réunit deux fois par année pour effectuer la revue critique des derniers numéros, mais également pour « apporter de l’eau au moulin ». Les médecins qui y participent proviennent de différents horizons cliniques et géographiques et ont toujours beaucoup de choses passionnantes à raconter sur leur réalité. Cela donne lieu à des conversations riches en idéaux, mais aussi en idées.

Afin de nous coller le mieux possible à votre réalité de médecin ou médecin résident, nous avons décidé d’ajouter quelques sièges à cette table du conseil. Nous estimons en effet que la diversité des points de vue est non seulement utile, mais plus que jamais essentielle à la richesse de notre magazine, surtout à l’heure où la communauté médicale québécoise patauge dans les remous de l’opinion publique et des décisions politiques douteuses.

Je vous invite donc, médecins de tous les coins du Québec, à soumettre votre candidature d’ici le 31 octobre 2016, 20 h, pour occuper l’une des quatre nouvelles places ouvertes à la table du conseil médical Santé inc. Pour ce faire, envoyez-nous une courte biographie, le descriptif de votre pratique clinique actuelle et passée (qu’elle soit privée ou publique), et, enfin, étayez succinctement les raisons pour lesquelles vous estimez que votre candidature devrait être sélectionnée.

Si vous avez des questions sur les exigences et prérequis plus précis de ce mandat, écrivez-moi personnellement ou appelez-moi. Je me ferai un plaisir d’en discuter avec vous.

Pour acheminer votre candidature : santeinc@cma.ca

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L’Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada et pigiste pour d’autres médias.

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