Suisse : retomber amoureuse

« Quand je suis revenue de mon premier voyage en Suisse, il y a trois ans, je n’éprouvais qu’une envie : me faire tatouer le drapeau suisse sur... »

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX, RÉDACTRICE EN CHEFsuisse-lheureux-fig8

Quand je suis revenue de mon premier voyage en Suisse, il y a trois ans, je n’éprouvais qu’une envie : me faire tatouer le drapeau suisse sur le coeur… et y retourner au plus vite. Bon, je n’ai toujours pas de tatouage, et me suis plutôt contentée de porter des t-shirts rouges avec une croix blanche jusqu’à les user à la corde, mais je n’en aime pas moins le pays du yodel. Je l’aime tellement, que, lorsqu’on m’a proposé de visiter de nouvelles régions de la Suisse — et de voler à nouveau sur les ailes de Swiss International Air Lines, il faut le dire —, je ne me suis pas fait prier. J’ai même osé pousser l’audace jusqu’à y apporter mon propre vélo. Si un vrai voyage en Suisse ne peut se passer de gruyère, de chocolat et de Chasselas, un vrai voyage en Suisse n’en serait pas un sans une bécane pour en dévaler les vallons à toute vitesse, histoire de dépenser toutes les copieuses calories dont sa gastronomie nous honore…

C’est donc par un beau jour de mai que mes comparses journalistes et moi nous sommes envolés à bord du nouveau Boeing 777-300ER de SWISS, qui fait la liaison Montréal-Zürich, pour découvrir le Valais, mais aussi un peu le canton de Vaud et un brin de Lausanne, puis Genève. J’allais ensuite les quitter pour entreprendre, non loin de Bâle, la route cycliste Nord-Sud qui traverse les Alpes — enfin, j’espérais y arriver — et terminer seule mon périple dans le Tessin.

Après un vol extraordinaire (cette compagnie aérienne a vraiment de quoi vous impressionner avec ses couchettes en classe Affaires et ses menus gastronomiques de qualité…), je remets ma valise de vélo entre les mains des charmants responsables de SwissTrails, que je retrouverai la semaine suivante. Le groupe est ensuite entraîné dans un périple vers l’incroyable salon des arrivées SWISS de l’aéroport de Zürich, où petits encas, pots de bonbons et de popcorn, Whisky Club, chefs cuisiniers et sièges de repos en apesanteur attendent les voyageurs. Au centre du salon, on retrouve de dispendieuses montres Breitling, clin d’œil à la précision — pour ne pas dire à l’obsession — temporelle typiquement suisse. Tout un accueil, il faut bien le souligner !
Trop heureux d’être enfin en sol helvétique, nous quittons l’aéroport et, un Swiss Travel Pass première classe en poche, sautons dans un premier train qui file sous la pluie vers la ville de Soleure, située à environ 45 km au nord de Berne, la capitale. Nous y passons la journée, la soirée et la nuit, puis partons pour la région du Valais, une région inoubliable qui aura tôt fait de me séduire…

SAVEURS VALAISANNESSuisse

L’arrivée dans le Valais se déroule dans la tiédeur printanière de Sierre, au Château de Villa. Nous sommes reçus par nos guides avec des viandes séchées, des fromages et des vins valaisans – Petite Arvine, Johannisberg, Fendant, Cornalin, Diolinoir ou Gamay. Incapables de nous voir rester sans manger, nos hôtes — dont la charmante Monique, qui nous gère et nous mène d’une main de fer dans un gant de cuisine — nous demandent ensuite de bien vouloir prendre place à une table où on nous fait déguster une raclette aux cinq fromages. On défaille. Surtout moi, qui ai un net penchant pour la religieuse, cette croûte rôtie qui fleure bon le fromage cuit. Décidément, ce voyage commence plutôt bien. Nous déambulons ensuite dans les rues du quartier de Villa et nous dirigeons tranquillement vers le funiculaire, qui nous mènera dans les hauteurs, au très chic hôtel Art de vivre de Crans-Montana. Dans cette pittoresque station de villégiature, ski, vues à couper le souffle et divines gourmandises comblent les voyageurs en quête de total dépaysement et de luxes insoupçonnés.

Crans-Montana et le Valais ont été deux des coups de cœur pour bon nombre d’entre nous au cours de ce voyage. Était-ce dû à l’air pur et frais combiné à la vue des sommets enneigés ? À la sensation d’être au pays de Heidi ? À l’hôtel Art de Vivre et sa piscine intérieure donnant sur les montagnes ? Pour ma part, il est certain que d’avoir pu fabriquer ma propre « palette » de chocolat chez David L’instant chocolat fut la première étape pour permettre au Valais de me conquérir. D’ailleurs, les Suisses ont trouvé très drôle notre façon typiquement québécoise de nommer ce qui est pour eux, non pas une palette, mais bien une tablette de chocolat…

Mais, il n’y a pas que le chocolat, en Valais. Il y a aussi le haut relais de Colombire, sa divine tarte à l’abricot et sa tout aussi divine Eugénie, digne et coquette représentante de la région, qui nous parle de l’époque lointaine où elle arpentait encore les vignobles, vêtue d’habits traditionnels. En Valais, on trouve aussi ce divin bistrot de Lens, Le Monument, où la cuisine est réalisée avec doigté et où la femme du chef, une Québécoise, s’est expatriée par amour pour son mari et sa patrie.

Nous sommes franchement incapables de dire ce qui nous a le plus séduits du Valais, mais nous savons que nous aimons désormais d’amour cette région plutôt méconnue des voyageurs étrangers qui n’a rien à envier aux autres cantons. Tranquille, revigorant, naturel… le Valais, avec ses vins délicats et ses gens chaleureux, a un cœur d’artisan de grande sensibilité et de grand talent.

 

Suisse

CANTON DE CHAPLIN ET GRANDE VILLE

Aussitôt repus de tout ce vin et de toute cette boustifaille, nous repartons joyeusement pour débarquer à Vevey, au Modern Times Hotel, où toute la déco évoque les films du célèbre acteur et producteur Charles Chaplin. Nous visitons d’ailleurs avec enthousiasme l’incroyable musée Chaplins’ World, tenu et créé par deux Québécois, Jean Pierre Pigeon, le directeur général, et Yves Montand, concepteur-muséographe passionnant et ami de la famille Chaplin. Véritable incursion en 3D dans la vie d’un homme au talent fou et de son immense famille, nous découvrons l’histoire de l’enfance et de la vie adulte du plus parlant des acteurs muets, de ses épouses, de son travail, de la maison où il vécut ainsi que de ses enfants. L’un de ses fils, Eugene Chaplin, est présent ce jour-là. Nous avons l’honneur de lui serrer la main. C’est un grand moment pour tous les journalistes férus de cinéma. Nous allons ensuite nous recueillir en chœur sur la tombe de Charles et d’Oona Chaplin. Pour nous remettre de nos émotions, nous nous réunissons autour de l’une des meilleures et plus belles tables du voyage, celle du Modern Times Hotel, une table à ne pas manquer si vous vous rendez un jour dans les hauteurs de Vevey !

Nous marchons tous les jours beaucoup. Le lendemain, c’est vers Epesses, au vignoble de Blaise Duboux, que nous nous rendons. Blaise Duboux, fier héritier de la dix-septième génération de viticulteurs de sa famille, tient un magnifique domaine qui donne sur le lac Léman. Ses vins du Lavaux, particulièrement le Calamin Grand Cru 2015, sont des succès instantanés pour nos palais avides. Nous effectuons quelques provisions pour le Canada, le vin suisse s’y faisant plutôt rare…

Le lendemain matin, sous un soleil timide et dans un fin crachin, nous prenons un train et nous nous arrêtons au Musée olympique de Lausanne, où nous découvrons l’histoire passée et actuelle des jeux qui captent chaque fois l’attention du monde entier depuis Suissedes siècles. Nous avons à peine le temps de nous y arrêter suffisamment pour lire et découvrir tout ce qu’il y a à y voir — le musée est franchement intéressant, il faut dire — que nous devons déjà partir pour Genève, au confortable Hôtel Auteuil Manotel. Nous y visiterons Carouge, la ville-jardin, ainsi que le jet d’eau de Genève, l’ONU, le Musée de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que la cathédrale Saint-Pierre. Nous terminerons ce périple au restaurant Edelweiss, autour d’une traditionnelle fondue au fromage et, bien entendu, de meringues et de double crème… Il faut bien faire des réserves en vue de ces kilomètres que je m’apprête à engloutir, non ?

L’AUTRE VOYAGE

Le lendemain, tous les autres journalistes « m’abandonnent », et je me dirige en train, seule, ma valise à la main, vers la ville d’Aarau, où je retrouverai les responsables de SwissTrails, mais surtout ma monture, que j’ai très hâte d’enfourcher.

Petit briefing dans un café de Sursee, où on m’explique mon itinéraire, qui devrait me mener dans le Tessin, en Suisse italienne. On me propose d’effectuer une partie du trajet avec moi jusqu’à Lucerne, où je passerai la nuit.

Je trouve que les distances prévues sont plutôt courtes, mais, au fur et à mesure que le voyage avance, je comprends pourquoi. Tout est si beau qu’il faut compter les nombreuses « pauses photo ». Chaque arrêt prend du temps. Chaque respiration et chaque coup d’œil mérite qu’on s’attarde à la grandeur et à la beauté que l’on a sous les yeux. Je leur fais donc confiance. Après plus de deux heures à remonter toute seule et plutôt maladroitement mon vélo jusqu’à ce qu’il soit assez solide pour rouler, c’est le grand départ pour quatre jours à vélo. Direction finale : il Ticino.suisse-lheureux-fig7

J’arrive épuisée le soir à Lucerne la belle. J’engouffre une succulente pizza faite maison avant de me coucher. Le lendemain, c’est le départ pour la grande aventure cycliste. Je dois me rendre à Flüelen, puis traverser les Alpes jusqu’à Airolo, descendre ensuite sur 70 km jusqu’à Bellinzona et enfin, arriver à Locarno.

La Suisse est toujours aussi belle en vélo de route qu’elle l’était lors de mon premier voyage sur la route des Lacs. Il y a toujours un espace suffisamment large réservé aux cyclistes, la chaussée est lisse, et tous les usagers de la route sont très respectueux. Les panoramas verdoyants ponctués de lacs turquoise et de villages bucoliques jalonnent les 200 quelques kilomètres qui me séparent de Locarno.

À vélo, en dépit du bonheur de me dégourdir les pattes et le cœur, j’aurai malgré tout souffert de la solitude, du froid et de la pluie, notamment au-dessus du tunnel du Saint-Gothard, qui venait alors tout juste d’être inauguré en grande pompe. C’est, après tout, le plus long et le plus profond tunnel au monde, avec ses 57 km de long et sa couverture de roche de 2300 mètres de hauteur. Pendant que les dignitaires du monde se serraient la pince avec force et enthousiasme, qu’ils se félicitaient dans le train caché sous la montagne et coupaient des rubans, j’essayais quant à moi de rester aussi digne que possible en forçant des muscles et du visage, le corps et l’âme au-dessus du monde. C’est quand j’ai entendu mon propre cri de victoire aprèsavoir bravé le Passo di San Gottardo, dans la bruine et l’épais brouillard, que j’ai réalisé que je venais d’arriver au sommet des Alpes suisses, moi, la petite fille qui, avant, se serait fait payer pour faire du sport. Voilà que j’étais heureuse d’avoir autant peiné. Inutile de vous dire que la descente à toute vitesse sur la chaussée mouillée pendant 15 km fut la plus dangereuse et la plus excitante de toute ma vie de cycliste… Devant moi, s’étendait enfin, verdoyant, le Tessin.

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DERNIERS SOUPIRS DANS LE TESSIN

suisse-lheureux-fig4SuisseSi on peut tomber amoureux de personnes, je crois qu’on peut aussi très certainement tomber amoureux de pays. J’étais amoureuse de la
Suisse depuis la toute première fois où j’y ai posé le pied, et ce court séjour dans le Tessin, que j’ai sillonné à vélo, n’a fait que renforcir ce sentiment. J’ai bien sûr adoré le Valais et le canton de Vaud, mais le Tessin, c’est une autre catégorie. Ni tout à fait la Suisse ni tout à fait l’Italie, le Tessin est un métissage à la fois très raffiné et très rural. C’est l’élégance de la retenue suisse, et la chaleur de la rusticité italienne. C’est un autre pays en soi.

Je soupire une dernière fois en contemplant l’éclipse du soleil derrière les montagnes et le lac Majeur, du haut du grotto où je dîne. C’est si beau. C’est trop de beauté. C’est fini. Adieu une fois de plus, la Suisse. Ce n’est que partie remise. Demain matin, le Tessin m’attend… encore.

Note : Ce voyage a été payé par Swiss International Air Lines, Suisse Tourisme, Swiss Pass et la compagnie de plein air SwissTrails. Santé inc. remercie Marie-Josée Gauvin de Kilicom Relations publiques, Patrick Oberson de SWISS, Paolo Lunardi de Suisse Tourisme, Ruedi et Prisca Jaisli de SwissTrails ainsi que tous les autres guides et représentants locaux et municipaux de Suisse Tourisme pour leur professionnalisme et leur générosité.

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L’Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada, critique gastronomique au Guide restos Voir et pigiste pour d’autres médias.

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