PHARE MÉDITERRANÉEN

« Une femme pose près de son scooter, une autre est juchée sur son balcon fleuri et regarde la mer. Sur le mur intérieur, une autre esquisse dévoile...»

TEXTE ET PHOTOS : CLAUDE GARCEAU, M.D.
Interniste, Hôpital Laval

Ce n’est qu’un petit point sur la carte très agrandie de la Méditerranée, tout au plus un îlot sans importance au nord de la Sicile. Éloigné de tout, il ne se targue même pas d’être une terre de refuge pour les migrants, pour ces nouveaux boat people risquant tout, leur vie même, pour entamer une nouvelle vie dans l’une des autres îles siciliennes. Non, Stromboli ce n’est pas Lampedusa ou Pantelleria. Alors, d’où a germé cette idée de transiter de Munich à Catane, cette colonie grecque puis cité romaine détruite plusieurs fois par les laves et les cendres de l’Etna, pour ensuite filer en voiture durant deux longues heures sur une autoroute de Catane jusqu’au port de Milazzo ? Je ne sais pas. Mais, entre Catane et Milazzo, il y a un bref arrêt, nécessaire, à Taormina.

Taormina n’est qu’une obscure cité grecque qui aurait pu être oubliée par la marche du temps. Vraie belle au bois dormant, cette petite commune fut réveillée d’un long sommeil par une aristocrate anglaise, femme quelque peu laide, disait-on, qui avait eu le malheur d’avoir entretenu une liaison avec le futur régent de la couronne Britannique. Lady Florence Trevalayn fut donc punie par l’exil et, en bonne victorienne, détourna l’énergie de ses pulsions inassouvies dans la création d’un jardin romantique, surplombant d’un côté la mer d’une centaine de mètres et de l’autre, les marches d’un antique théâtre hellénistique de 15 000 places. Puis les artistes de toute l’Europe, attirés par le doux climat de Taormina, en firent une retraite d’hiver. Avant cette époque, il y eut aussi Wilhelm von Gloeden, peintre de pastorales, surtout plus connu de ses contemporains pour ses photographies libidineuses de jeunes bergers nus. Goethe y séjourna de même que D. H. Lawrence, et ceux-ci furent suivis de multiples autres auteurs venus fuir les rigueurs des saisons et y trouver l’inspiration créatrice. Cette époque romantique n’est maintenant plus qu’un vague souvenir, et depuis la Deuxième Guerre mondiale, Taormina s’est transformée en une étape des liners géants de croisière qui vendent, le temps d’un soir, à des milliers de croisiéristes, les charmes d’une étape du Grand Tour d’Italie.

Mais tout cela n’explique toujours pas le désir de prendre un traversier au port de Milazzo, de subir ses pauses çà et là, le temps de débarquer les quelques rares touristes en cette fin de septembre. Île après île, notre vaporetto fait le service de ce petit archipel d’îles poétiquement appelées les Éoliennes. Les Éoliennes ne sont pas des îles coralliennes, mais plutôt les cônes émergés d’une chaîne de volcans hauts de plusieurs milliers de mètres. Ici, la Méditerranée est profonde, et dans ses abysses gisent des milliers d’épaves, allant des quinquérèmes de Carthage aux trirèmes de l’empereur Sextus Pompée et, finalement, aux galiotes des Arabes de Sicile. Elles ont de jolis noms, les Éoliennes. Lipari, la grande île, la colonie pénitentiaire de Mussolini et ses carrières de pierre ponce. De Lipari, on peut rejoindre Pollara (sur l’île de Salina) : quelques masures colorées sur bord de mer.

stromboli-garceau-f1Les soirs de pleine lune, on dit que le fantôme de l’acteur Massimo Troisi y récite encore des vers composés pour la belle Béatrice. Dans le film Le Facteur, Troisi donne la réplique au regretté Philippe Noiret. Troisi y joue le rôle d’un ancien marin, Mario Ruoppolo, un illettré qui se lie d’amitié avec Pablo Neruda (personnifié par Noiret). Neruda, poète chilien et futur prix Nobel de littérature, y fut exilé quelques saisons par la junte militaire au pouvoir dans son pays. Mais le cinéma et la vraie vie ne font souvent qu’un, ici, dans les Éoliennes. Dans Le Facteur, Mario Ruoppolo sera tristement oublié par son ami d’infortune Neruda une fois son exil terminé et il sera tué dans une manifestation politique pour la dignité et le travail. Dans la vraie vie, l’acteur Massimo Troisi succombera, quelques heures après la f in du tournage du Facteur, à une malformation cardiaque.

Tous les éléments étaient donc réunis pour faire du Facteur un film culte : non seulement le drame à l’italienne, la légèreté dans les rapports humains, mais aussi une trame profondément sicilienne, où la mort cruelle plane toujours, toute proche, et finit par assujettir tous les hommes, tôt ou tard. Enfin, mentionnons un autre attrait de l’île : ses marais salants. Plus loin, Vulcano et ses bains de soufre censés soulager l’arthrose et faire un cataplasme thérapeutique pour le psoriasis.

Panarea, la mondaine : l’île des vedettes italiennes venues discuter scénario avec leurs réalisateurs dans des palaces de marbre : des plans d’eau à l’horizon, des notes de jazz feutré, des bulles de spumante , des yachts et de petits deux-pièces minimalistes pour conjuguer la peau bronzée avec le décor. Enfin, Filicudi et Alicudi, les sauvages : le soleil, la mer, le pain, le sel, un peu d’eau et des chèvres. Et c’est avec Nanni Moretti, le réalisateur du film Journal intime, primé à Cannes, que nous poursuivons notre croisière cinématographique vers la lointaine Strómboli.

La mer est calme, et nous apercevons bientôt, tout au loin, un cône presque parfait et sa plume blanchâtre, qui s’élève tout droit au-dessus de l’horizon. À notre descente sur Stromboli, une plage de sable noir, des bateaux colorés qui reposent dans la langueur de ce début d’aprèsmidi. Des villas s’accrochent courageusement dans les contreforts luxuriants du volcan. Ce volcan, comme un dieu du panthéon, peut, le temps d’un courroux passager, donner la mort, mais aussi créer ce qu’il faut pour permettre à la vie d’exulter. Des palmiers, de petites orangeraies aux fruits acides et, partout, de la vigne.

Et ce calme d’une petite bourgade sans voiture, car sur Strómboli ne sont permises que les voiturettes de golf, et ce, seulement pour le transport des biens et des passagers. Nous traversons en quelques pas le petit village très alangui en cette fin de saison touristique. Sur l’esplanade de la cathédrale, des retraités de la mer s’assoient et revivent les souvenirs du grand large. Au bout de la petite place de marbre blanc, une terrasse offre une vue exceptionnelle sur l’océan, 100 mètres plus bas.

Un même menu est offert dans les rares restaurants encore ouverts en cette fin de septembre : bien sûr, de la pizza et encore de a pizza, cuite devant nous dans de grands fours en chaux immaculée, ou encore des déclinaisons de thon ou d’espadon grillé et, pourquoi pas, des tentacules de pieuvre apprêtées de la plus simple façon : de l’huile, du sel et un soupçon de citron. Le calme de cette fin de saison de villégiature nous permet une petite folie : la location d’une villa au pied du volcan.

Dans cette villa, comme dans toutes les maisons ancestrales de Stromboli, on sent une volonté d’embrasser la civilisation méditerranéenne dans son entièreté. Un rez-de-jardin s’ouvre sur une piscine, luxe inouï dans cette île qui importe son eau douce grâce à l’activité des bateaux-citernes. Ce premier niveau-terrasse est entouré de citronniers, d’une forêt de cactus épineux et de curieuses têtes en céramique provenant de Caltagirone et représentant des guerriers sarrasins ou des princesses maures. Au deuxième niveau, la chambre donne sur une autre terrasse, nappée de chaux, qui s’enroule sur le côté de la maison pour profiter, comme en Grèce, du soleil de la f in de l’après-midi.

Un escalier en colimaçon rappelant ceux que l’on trouve sur les grands transatlantiques débouche sur la troisième terrasse, juchée sur le toit, d’où on peut à loisir contempler le coucher de soleil, le dos adossé à la masse du volcan, ou porter le rêve vers la Voie lactée dans la nuit noire et silencieuse. Le coma est assuré. Bercé par le bruit du ressac de la mer tout en bas, dans le silence monastique du village, je lis ce qui lie Ingrid Bergman et cette île. Bergman est une petite chérie d’Hollywood, actrice mythique, belle espionne donnant la réplique à Humphrey Bogart dans Casablanca.stromboli-garceau-f2

Elle tourna dans cette île le film éponyme Stromboli. Elle y joue une blonde du Nord venue s’échapper des dangers de la guerre qui tombe amoureuse d’un pêcheur sicilien. Ils vivent leur passion dans une maison que je pourrais presque toucher de ma terrasse. Les femmes du village n’acceptent pas cette étrangère venue dépraver leurs hommes. Le film se termine dans les brumes au sommet du volcan, Bergman demandant pitié à Dieu. Il faut dire qu’encore une fois, la réalité se confond avec la fiction. À l’époque du tournage de Stromboli, Bergman, pourtant au faîte de sa gloire, vivait non seulement les angoisses du déclin dans La Faiseuse d’images, mais elle les éprouvait aussi dans sa réalité hollywoodienne toute personnelle. Elle entre en contact par lettre avec Roberto Rossellini, réalisateur célèbre du néoréalisme italien, mais surtout connu sur le continent. Ils sont tous les deux bien mariés. Elle rencontre le petit homme un peu rondelet qui a traversé l’Atlantique pour la convaincre de tourner avec lui. L’actrice est conquise, et pour une rare fois elle est admirée non seulement pour son image de belle femme, mais pour son être tout entier, auprès de cet homme qui lui offre un respect presque paternel. D’un coup de dés, elle défie son univers, et ils vivent une liaison durant le tournage de Stromboli, dans la petite maison qui me fait face. Ils font scandale, car l’Italie, à peine sortie de la guerre, est encore imprégnée de la morale chrétienne, et Hollywood n’est pas tendre envers les femmes infidèles. La presse à scandales s’en donna à cœur joie, car l’ex-amante de Rossellini, l’actrice Anna Magnani, bafouée et humiliée, tenta de se venger en étalant elle aussi au grand jour sa propre liaison, laquelle se déroulait à Vulcano, l’île d’en face, et ce, pendant le tournage même de Stromboli.

De cette affaire, Bergman mit au monde un enfant, qui aurait été engendré, dit-on, dans cette autre villa tout à côté, un soir de pleine lune. Bergman était une femme complexe pour son époque. Belle, très belle, elle existait par le regard des autres, mais elle sut affronter ses contradictions pour vivre toutes les facettes de sa vie tout en souffrant des remords qui tourmentent parfois les femmes qui s’assument pleinement.

Je me repose un peu, car le lendemain, je compte faire l’ascension du volcan. Neuf cents mètres de dénivelé. Un guide nous est imposé par la municipalité et doit obligatoirement faire partie de l’expédition, car le volcan est en éruption constante depuis des millénaires. On peut observer sa caldera à partir d’un promontoire situé en surplomb de la bouche du volcan. L’excitation d’une photo et c’est une chute de cent mètres dans le cratère et une mort assurée. Il y a aussi le minuscule risque de voir une bombe rocheu-se de plusieurs centaines de kilos être éjectée du volcan pour retomber sur le sentier d’ascension comme cela se serait produit en 2008. Mais, en ce moment, comment notre ridicule casque pourrait-il seulement nous protéger ? Nous commençons notre approche par une pente très douce de silice noire vers 17 h, et aux deux tiers de notre montée, la lune fait son entrée en scène pendant que les lueurs rosées du soleil couchant teintent l’horizon. Sans que nous y soyons préparés, nous sommes surpris par une petite explosion à moins de 100 mètres un peu plus à droite du sentier. C’est une bouche secondaire du volcan qui laisse échapper pendant quelques secondes des gaz incandescents.

Leurs lueurs brillent de longues secondes avec en arrière-fond la mer et la lune argentée. Trente minutes d’efforts plus tard et nous sommes sur le rebord de la caldera. Une vraie marmite de feu tremble à grands bouillons tout en bas et toutes les 5 à 10 minutes survient une explosion, puis c’est le sifflement du gaz orange qui illumine en longues traînées verticales la nuit noire. Les anciens marins se guidaient à partir des feux évanescents du Stromboli pour s’aiguiller en cette partie de la Méditerranée. Difficile de rendre justice par des photos au spectacle que nous contemplons en ce moment. Des membres de notre équipée, déçus du rendement de leur iPhone, écoulent leur temps d’observation en jouant avec leurs lampes frontales. Ils augmentent ainsi la pollution lumineuse. La lumière de leurs lampes se réfléchit sur les brumes de vapeur d’eau exhalées de l’antre. Frustré, je m’écarte du groupe et je trouve miraculeusement une petite plateforme en béton contenant des instruments laissés là par des vulcanologues venus monitorer l’activité sismique du Stromboli.

La plateforme horizontale constitue un support idéal et stable pour mon appareil et sa lentille de 85 mm tout ouverte. Quelques secondes d’exposition en pause lente révèlent ce que nous pouvions à peine envisager : d’abord, le jaillissement explosif des étincelles, qui retombent sur la surface agitée de la mer de feu. Puis le long temps d’exposition de la caméra permet de fixer sur le capteur la position des étoiles qui viennent à peine de se révéler à nous.

L’idée du Stromboli me vient avant tout de ma jeunesse à Trois-Rivières. Au Séminaire, environ une fois par mois, nous recevions les premiers exemples de films de la nouvelle race des cinéastes-explorateurs. Le vulcanologue français Haroun Tazieff était venu dans notre patelin nous projeter ses films d’aventure. De la même trempe que Cousteau par son sens du spectacle, par sa présence et par son dire, il a donné le goût des volcans à des centaines de jeunes isolés dans le Québec de l’après-Expo 67, enfin éveillés aux beautés du monde. Rassasiés d’éruptions, nous avons amorcé la descente. La pente est à 45 degrés et une légère flexion des genoux permet de glisser dans les cendres comme dans la poudreuse. Un p eu plus loin, à notre droite, s’ouvre la Sciara del Fuoco, une dépression créée dans la paroi du volcan et par où retombent dans la mer cendres et autres déjections.

stromboli-garceau-f3Les quadriceps endoloris et affaiblis de ma compagne de route ne la soutiennent presque plus, je me transforme en mulet en transportant les sacs de mon adorable handicapée neuromusculaire. Le dernier après-midi, je recours aux services d’un marin et de sa barque à moteur, qui devient un slow boat, pour faire le tour de l’île. Une Italienne dans la quarantaine se met en proue comme une sirène ; très, très légèrement vêtue, elle est admirée par ses deux amis, éphèbes épilés qui se pavanent en se lançant des regards langoureux. Nous faisons le tour du Strombolicchio, une masse noire de 200 mètres émergeant tel un doigt d’honneur de la mer. C’est la partie indurée vestigiale d’un volcan qui s’y dressait il y a plus d’un million d’années. Nous plongeons à tour de rôle dans la mer froide, puis le capitaine dirige sa barque vers Ginostra et ses 30 habitants. Ginostra est située dans une partie si escarpée de l’île qu’on ne peut rejoindre cet autre village de Strómboli que par la mer. Ginostra a été enterrée plusieurs fois sous d’épaisses couches de cendres. Mais ses habitants, résilients, ont toujours refusé son abandon en criant au monde leur droit et leur amour de la précarité et de l’insularité. Mais je vais vous dévoiler un secret.

Ce qui m’a convaincu de faire ce voyage dans les Éoliennes, ce ne sont pas les images filmées de Haroun Tazieff ou encore les amours adultères d’Ingrid Bergman. Ce sont surtout les saveurs ineffables du dernier repas hypothétique que j’exigerais dans le cas où je serais un prisonnier des- tiné à la peine capitale. Ma vie, depuis dix ans, s’étend en un triangle de plaisirs culinaires. Ma maison, tout d’abord avec son four extérieur en céramique qui rappelle ceux en cône de la Sicile. Puis, il y a la cuisine réconfortante digne d’une mamma italienne au Matto, sur l’avenue Myrand, à Québec. Enfin, les soirs de novembre, quand un petit creux me surprend, je me retrouve devant la devanture toute recouverte de fresques de Pizza Mag, sur l’avenue Maguire. Sur les murs, tant extérieurs qu’intérieurs, sont dessinés les croquis d’un temps maintenant révolu de bonheur de la première propriétaire du restaurant et de ses compagnes.

Une femme pose près de son scooter, une autre est juchée sur son balcon fleuri et regarde la mer. Sur le mur intérieur, une autre esquisse dévoile de jeunes femmes cuisinant quelque part en Sicile sur des tables enfarinées. Et le chef-d’œuvre de cet étonnant commerce qui a rassasié les fringales de tant d’habitants du quartier est une pizza. Vous devinez peut-être son nom. Je vous le donne en mille : la Stromboli. Son fromage fondu est agrémenté de fines tranches de salaison de Calabre, et le tout baigne dans une lave liquide de piments rouges. Cette sauce épicée à la composition jalousement gardée secrète est importée chaque saison de la Sicile, directement d’un petit producteur. Et c’est donc un soir de novembre, repu d’un tel repas si compatible avec mes goûts d’explorateur, qu’il y a dix ans, ma curiosité me fit rechercher sur la toile Stromboli… Cette image de cône parfait jaillissant de la mer s’imposa immédiatement comme un désir à assouvir à tout prix, chaque incartade alimentaire de mes soirées tristes d’automne me rappelant, année après année, cette promesse d’aventure… aujourd’hui réalité et dont mon souvenir ne sera pas, quant à lui, jalousement gardé.

Médecin spécialiste en médecine interne, Hôpital Laval. Pour lui écrire : claudegarceau@videotron.ca

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