Docteur Novateur

«Michael Roskies travaille dans le respect de ceux qui sont passés avant lui et cherche avec ferveur à s’améliorer pour ceux qui...»

GUY SABOURIN

Michael Roskies quitte son lit à 6 h. Tous les matins, il part s’entraîner pour son prochain triathlon longue distance, à l’occasion duquel il amasse des fonds pour son hôpital universitaire, avant de rejoindre son équipe à 7 h pour sa ronde matinale.

À titre de chef résident ORL ‒ chirurgien cervico-facial à l’Université McGill, il s’assure que les résidents juniors et les étudiants en médecine sous sa responsabilité fournissent leur plein potentiel, une responsabilité qu’il prend très au sérieux. Ensemble, ils examinent les nouveaux patients admis au service, s’occupent des pansements et planifient la journée. Avant d’entrer en salle d’opération, à 7 h 30, il a délégué les tâches aux membres de son équipe et a fourni quelques conseils.

roskies-sabourin_f1Une fois les interventions terminées, vers 17 h, il réunit une fois de plus son monde pour la ronde de fin d’après-midi et passe en revue les tests demandés durant la journée.

Ce qu’il aime bien, à ce moment-là, c’est le sourire d’un patient, qui se sent rassuré dans un moment de grande vulnérabilité. Le chirurgien est fier d’y avoir contribué et,
pour lui, cela n’a pas de prix.

Après que tout le monde est rentré, Michael Roskies reste une heure à réviser des documents, puis se dirige vers le laboratoire s’enquérir de la santé des lapins.

« À la fin de la journée, je retrouve ma conjointe, Marissa, et mon chien, Cleve, et
je m’effondre », lance-t-il. Malgré les apparences, il n’y a pas deux journées pareilles pour lui.

Rien d’étonnant, donc, lorsqu’il dit ne pas avoir le temps de nous accorder une entrevue pour préparer ce portrait, surtout dans le délai serré que nous lui proposions. Au moment où nous l’avons contacté, en plus de ses heures de travail tricotées serré, il étudiait pour ses examens de certification. Mais l’homme éprouve tant de passion pour son métier, ses patients, les résidents sous sa gouverne et les divers publics, qu’il rencontre à titre de conférencier, qu’il a tout de même trouvé moyen de répondre à nos questions dans un délai de 24 heures.

Son abnégation et sa générosité, il les tient de sa mère, infirmière en obstétrique. « Elle est mon héros et mon inspiration, déclare-t-il. C’est grâce à elle que je suis entré en médecine. Je n’ai jamais imaginé faire autre chose. » Il se rappelle qu’elle l’emmenait à l’hôpital les week-ends quand elle ne pouvait trouver de gardienne. Seule pour élever trois enfants, elle a toujours maintenu l’équilibre entre sa carrière et les besoins de sa famille.

Michael Roskies a choisi une spécialité empreinte de délicatesse : la chirurgie cervico-faciale. « Nous reconstruisons des structures qui font respirer, avaler et parler, illustre-t-il. Soigner les cancers de la tête et du cou nécessite des traitements invasifs qui altèrent des fonctions humaines de base ainsi que l’apparence. Ces cancers affectent donc les patients de façon très intime. S’assurer que le cancer est entièrement retiré tout en évitant d’atteindre des vaisseaux sanguins majeurs qui nourrissent le cerveau et des nerfs qui contrôlent la figure est une tâche ardue, mais aussi le grand défi qui attire tous ceux qui choisissent ce métier. »

L’an prochain, son fellowship à la Cleveland Clinic lui fournira plus d’aptitudes en reconstruction microvasculaire pour les grandes surfaces faciales atteintes à la suite d’un cancer et en réanimation nerveuse pour les patients souffrant de paralysie faciale. Il prévoit déjà un deuxième fellowship en chirurgie faciale plastique reconstructive pour compléter ses compétences en reconstruction après cancer.

« Nos patients sont plus jeunes et vivent plus longtemps, explique-t-il. Je sens qu’il est de mon devoir non seulement de restaurer leurs fonctions, mais de leur donner aussi un résultat esthétique leur permettant de réintégrer aisément la société. »

Michael Roskies est né, a vécu et a étudié à Montréal. C’est dans le réseau McGill qu’il espère exercer pour redonner à la population ce qu’elle lui a donné pour sa réussite. La médecine qui l’attire est centrée sur le soin au patient. « Que ce soit en matière de traitement génétique ou de reconstruction via l’impression 3D, chaque cas sera traité sur la base de ce que l’on observe, plutôt qu’à partir de ce que recommanderaient les lignes directrices », signale-t-il.

Tous ses mots parlent de son amour d’une profession qui permet des relations très intenses avec les patients. « Être un chirurgien et aider des gens qui vous font confiance au point de mettre leur vie entre vos mains est un cadeau pour lequel je serai toujours reconnaissant et que je ne tiendrai jamais pour acquis », illustre-t-il.

En octobre 2016, il était le premier récipiendaire de la Bourse AMQ-AMC au concours des médecins résidents. Son projet primé traitait de la réparation de mâchoires de lapins en utilisant l’impression 3D et un implant spécial, avec des cellules souches. Il espère ainsi aider les patients affectés par un cancer ou une infection.

« Je suis fier d’avoir utilisé un implant que j’ai moi-même conçu en laboratoire pour reconstruire aussi le nez de l’un de nos patients », explique-t-il. L’opération, approuvée par Santé Canada, a été un succès. En plus d’avoir été récompensé pour son innovation en médecine, il a publié des articles dans diverses revues professionnelles et donné des conférences lors de rencontres internationales en ORL.

Michael Roskies travaille dans le respect de ceux qui sont passés avant lui et cherche avec ferveur à s’améliorer pour ceux qui viendront après. Les yeux écarquillés des élèves du secondaire lors des conférences qu’il prononce sur l’évolution et l’innovation en médecine sont d’ailleurs pour lui une grande source de joie. « J’aime croire qu’ils sentent mon amour pour mes collègues, mes patients et ma communauté », dit-il.

« Je m’investis dans mon développement personnel et professionnel en me levant chaque matin pour faire ce que j’aime. Je me couche en sachant que j’ai fait la différence dans la vie d’une personne. Et puis je me relève pour le refaire. » Voilà des paroles qu’il fait bon entendre en médecine et qui augurent bien pour les patients, en cette époque de remous pour les médecins du Québec.

sabouringuy@gmail.com

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