Faire sa marque

« Situé dans le local d’un ancien magasin général laissé à l’abandon pendant près de 40 ans, cet établissement, pensé et aménagé avec...»

BIEN MANGER… CHEZ MARCONI

TEXTE ET PHOTOS : MARIE-SOPHIE L’HEUREUX

J’adore découvrir de nouveaux endroits où il est possible de manger une succulente bouchée accompagnée d’un verre de vin ou alors, à l’autre bout du spectre, un repas complet qui a vraiment du panache. Le Marconi entre dans cette catégorie. Simple, sans prétention, mais qui se distingue incontestablement de ces restaurants qui cherchent à trop en jeter. Ici, ce sont le talent, l’expérience et l’amabilité qui sont avant tout au menu, ce qui veut dire qu’on n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour vous séduire. Le truc de pro ici, c’est la précision. On point, comme diraient les anglophones.

Situé dans le local d’un ancien magasin général laissé à l’abandon pendant près de 40 ans, cet établissement, pensé et aménagé avec amour par la mixologue d’origine floridienne Molly Superfine-Rivera et son partenaire, le chef Mehdi Brunet-Benkritly, tous deux de retour de New York, est assurément devenu le quartier général de nombreux résidents de la Petite-Italie et du Mile-Ex depuis décembre dernier.

Bien que modernisé, l’endroit conserve son cachet d’antan et même certains archétypes d’époque, comme l’immense réfrigérateur qui sert de cellier et dont l’extérieur est tout en bois. Ajoutons à cela son long bar en bois massif et ses cocktails distingués et originaux qui ne ressemblent à rien en ce bas monde. On se croirait momentanément transporté dans un resto de télésérie dont l’histoire se passerait à New York. D’emblée, on s’y sent tout simplement bien.

Un Noche Mas Larga et un Take a walk on the wild side à la main, mon invitée et moi entamons cette soirée avec quelques acras de morue bien croustillants à l’extérieur et savoureusement dodus sans être caoutchouteux à l’intérieur. Séduisant départ.

Ce que j’aime le plus d’un chef, c’est lorsqu’il réussit à apprêter divinement des aliments dont je ne raffole pas à la base ou qui me laissent indifférente, comme le chou-fleur. La douce panna cotta de chou-fleur qui suit l’amuse-bouche, aérienne et délicieuse, avec son caviar de truite et ses feuilles de basilic, a raison de mes réticences et me rappelle immédiatement pourquoi j’aime autant la cuisine de Mehdi Brunet-Benkritly.

La deuxième assiette présente de l’omble mariné, une gelée de dashi, du riz croustillant et du nori ciselé. C’est coloré, joli comme tout et bien frais en bouche, et surtout, ça se distingue nettement des tartares de tout acabit qu’on trouve partout. Juste assez de garnitures, mais pas trop.

Marconi

À la (forte) suggestion de la très gentille serveuse, nous arrêtons notre troisième choix sur un toast de bourgots, d’os à moelle, de vieux cheddar et de persil. Les bourgots, sautés dans la moelle, sont ensuite hachés et étendus sur un toast épais et copieux recouvert de fromage et de persil. Un service plus roboratif que les précédents, et plus cochon aussi, mais tout aussi succulent.

C’est le moment pour moi de vous faire une confession. Habituellement, quand j’aime vraiment un plat, je me promets de revenir pour ne manger que ce plat-là. Or, cette fois, je n’ai pas pu attendre, car le quatrième plat de cette soirée, celui de ris de veau, était à n’en point douter l’un des meilleurs que j’aie pu manger (du moins, en matière de ris de veau). J’en ai donc commandé… une deuxième fois ! Les ris de veau, si tendres à l’intérieur et légèrement croustillants à l’extérieur, étaient accompagnés d’une purée de pommes de terre, de petites chips de pommes de terre et d’un peu de beurre et de jus de citron. Cela peut sembler banal de simplicité, mais c’est surtout la finesse des saveurs et la précision dans l’exécution de ce plat qui lui confèrent son aspect extraordinaire. On nous a dit que les ris de veau étaient toujours au menu du restaurant, mais que les accompagnements variaient au fil du temps. Je suis d’avis que ce plat en entier, accompagnement compris, devrait devenir un classique. Aaah ! Cette petite touche de citron qui fait toute la différence…

Nous terminons la portion salée de ce repas avec un délicieux morceau de flanc de porc surmonté de graines de moutarde et déposé sur une onctueuse purée de pomme fumée, le tout accompagné d’un petit bol de kimchi bien vinaigré. Le flanc a une texture fantastique, d’une tendreté exquise à l’intérieur, et sa croûte bien croustillante ravit tout autant le palais.

marconi

Les portions des plats n’étant pas trop copieuses pour deux, nous sommes heureuses de constater que nous avons encore de l’espace pour le dessert. Nos choix se portent sur une mousse de maïs accompagnée de biscuits au beurre cassés et de caramel abondamment parsemé d’une petite poudre fine de maïs soufflé ainsi qu’un dessert de chocolat et de tire-éponge. Pour ces derniers plats de la soirée, bien que la présentation gagnerait à être travaillée un brin, le goût, lui, est impeccable. J’aime particulièrement lorsque les desserts au chocolat goûtent davantage le chocolat que le sucre. Dans ce cas-ci, le dosage est parfait. C’est riche de saveur, mais léger et onctueux pour ce qui est de la texture.

Quel endroit sympathique, quelle constance, quels cocktails et, surtout… quels ris de veau ! Je ne saurais trop vous recommander d’aller faire un tour dans ce petit havre de succulence. Constance, précision, affabilité et créativité et excellence des produits seront assurément au rendez-vous. On félicite les propriétaires pour cette grande petite adresse de Montréal qui met la barre très haute et qui reconfirme la place de choix de cette ville sur la scène gastronomique internationale.

****1/2

MARCONI
45, avenue Mozart O.
Montréal
marconimontreal.com
125 $ Pour deux
(Alcool, taxes et service en sus)
Ouvert le soir à partir de 17 h
Fermé les lundis et mardis

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A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L’Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada, critique gastronomique au Guide restos Voir et pigiste pour d’autres médias.

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