A vous de VOTER.

Quoi d’neuf, docteur ?

«Quelles sont les dernières nouveautés et innovations susceptibles d’influencer votre vie personnelle ou professionnelle...»

MYRIAM KESSIBY

La médecine en formule coop

Comment attirer des médecins dans les régions éloignées, où l’accès aux services de santé de première ligne fait défaut ? Mettre sur pied des coopératives de santé permettant aux médecins d’exercer dans une ambiance de collaboration. Une formule qui gagne en popularité depuis quelques années, si bien que 185 000 patients sont aujourd’hui servis par 52 coopératives de ce type. Si la majorité est située dans des communautés reculées, ce n’est pas toujours le cas, certaines étant établies dans les grands centres. Un concept innovant qui continue de prendre de l’ampleur.

Lancer une coop santé constitue un véritable projet de « grande séduction » pour les citoyens, qui doivent attirer les professionnels de la santé dans leur région. Temps et argent doivent être investis pour aménager les locaux et les équiper de matériel médical. Les membres contribuent donc en payant une part de qualification et une contribution annuelle. Cette manière de fonctionner a récemment suscité la controverse puisque le paiement d’une contribution pour avoir accès à un médecin contrevient à l’esprit de la Loi sur l’assurance maladie. Des correctifs ont donc été apportés, et la nouvelle Fédération des coopératives de santé du Québec assure qu’il n’est désormais plus nécessaire d’être membre pour rencontrer un médecin d’une coopérative. Les contributions volontaires aident néanmoins au bon fonctionnement de l’établissement.

Le concept étant encore relativement nouveau, un projet de constitution est en cours de préparation afin de soutenir le développement de ce type de coopérative. Et vous, la médecine en formule coop vous attire ?

Des adjoints aux médecins pour un travail plus efficace

Avec le vieillissement de la population, les dirigeants du système de santé canadien doivent trouver des solutions innovantes afin de répondre à la tâche. Dans un récent rapport du Conference Board du Canada paru cet automne, les chercheurs recommandent un plus grand recours aux adjoints au médecin.

En effet, recourir plus fréquemment et plus efficacement aux adjoints au médecin pourrait contribuer, entre autres, à alléger la demande grandissante en services donnés par les médecins. Le Conference Board du Canada considère aussi que ce type de personnel peut aider à l’atteinte d’objectifs stratégiques du système de santé canadien. Ainsi, y intégrer adéquatement un plus grand nombre d’adjoints au médecin permettrait de gagner en efficacité et engendrerait, selon les données, une économie pouvant aller jusqu’à un milliard de dollars d’ici 2030. Par contre, l’absence de financement stable, les problèmes de réglementation de la profession et le manque de suivi des données comptent parmi les obstacles pouvant nuire à l’embauche de ces adjoints. Actuellement, moins de 600 d’entre eux exercent au Canada, malgré le potentiel d’économies de coûts.

Le Conference Board du Canada considère qu’une stratégie pour soutenir l’accroissement du ré­seau d’adjoints au médecin et qu’un financement pour aider les diplômés à démarrer leur carrière seront nécessaires pour en augmenter le nombre. Ces mesures permettraient de mieux répondre aux besoins grandissants des Canadiens en matière de santé en optimisant le travail des médecins. Reste à voir comment les données de ce rapport seront utilisées par les autorités compétentes et si les recommandations seront mises en place.

Un phénomène en expansion : la médecine à distance

Les outils de télésanté se sont multipliés de façon exponentielle ces dernières années. Selon les données d’Inforoute Santé du Canada, 100 000 nouvelles applications de santé mobile ont été lancées en 2016 sur la planète. Et les exemples québécois ne manquent pas.

La Pharmacie Benoît Picard & Karl Desjardins inc. a tout récemment lancé un service de pharmacie à distance accessible par ordinateur, tablette ou mobile. En plus de proposer un service de livraison de médicaments en 24 heures partout au Québec, la pharmacie montréalaise offre aussi des consultations vidéo en temps réel, grâce auxquelles les clients peuvent échanger avec les pharmaciens gratuitement et sur demande. Les professionnels de la santé au sens large utilisent donc de plus en plus ce type d’outils afin de maximiser leur expertise auprès de patients.

D’ailleurs, la jeune entreprise québécoise AkioSoft utilise, elle aussi, les technologies de l’information, plus précisément l’intelligence artificielle, pour pousser le concept un peu plus loin. Sa nouvelle application, Akio Clinik, permet au patient d’obtenir un diagnostic et une prescription sur Internet sans consulter un médecin. La plateforme se base sur un questionnaire intelligent qui s’adapte au patient au fil des réponses. Akio Clinik propose ensuite des diagnostics probables parmi 8000 maux et maladies dans sa base de données. Le médecin, qui reçoit ces renseignements, peut ainsi contacter le patient pour le voir en consultation, lui faire passer des examens, le diriger vers un spécialiste ou lui transmettre une prescription. Le prototype de cet outil a été présenté au Congrès annuel de médecine à l’automne dernier.

Myriam Kessiby est entrepreneure en création de contenu, incluant de la production écrite, audio et vidéo. Elle rédige pour différents médias et est membre de l’Association des Communicateurs scientifiques du Québec.

Quoi d’neuf, docteur ?

«Quelles sont les dernières nouveautés et innovations susceptibles d’influencer votre vie personnelle ou professionnelle…»

Baillargeon, Diouf et Vadeboncoeur

«Dans chaque numéro, découvrez les bonnes lectures qu’a dénichées notre journaliste, que ce soit pour décrocher du travail ou régler…»

Cailles farcies au porc à l’érable

«L’Auberge des Glacis est bien plus qu’un site d’hébergement : c’est un témoin privilégié à la fois de l’histoire de la région…»