Batir un avenir meilleur sur le plan de la sante

Feu de joie

«Pour les plats principaux, nos choix se sont arrêté sur le plat de macreuse de bœuf déposée sur une purée de pommes et pommes de terre...»

MARIE-SOPHIE L’HEUREUX

Bien manger… chez Hoogan et Beaufort

L’endroit n’est pas nouveau, mais il me tardait de vous en parler. Premièrement, parce que mon féroce engouement pour le restaurant Les 400 coups, où officiait Marc-André Jetté de 2010 à 2013, me laissait supposer qu’il y avait peu de chances d’être déçue de ce nouvel établissement.

C’est effectivement une adresse exceptionnelle de la métropole et elle fait désormais partie de mes favorites, tout comme Les 400 coups de l’époque (ce dernier est toujours ouvert, mais a depuis été repris par une autre équipe). Selon le média gastronomique en ligne Eater Montreal, Hoogan et Beaufort est l’un des 38 incontournables de Montréal. On ne peut que lui donner raison.

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Ouvert par Marc-André Jetté et William Saulnier en décembre 2015, le Hoogan et Beaufort, qui tient son nom de ces deux fermiers ayant chacun vendu leur terre au Canadien Pacifique sous l’ère industrielle des Shops Angus, en 1879, présente une cuisine soignée, créative, où la cuisson sur feu de bois constitue le fil conducteur de tout ce qui y est mitonné.

Les lieux, baignés de lumière à l’heure du midi, prennent un tout autre visage le soir. Avec ses hauts plafonds, son long bar invitant (nous nous installons toujours au bar quand il y en a un), ses poutres en bois et ses colonnes d’acier, le cachet est sobre et chaleureux. Teintes neutres, jolies matières organiques et luminaires d’où émane une lumière dorée confèrent une douce quiétude à l’endroit sans le rendre guindé.

Le personnel – surtout masculin – est d’une amabilité inouïe et leur service, irréprochable. Note au lecteur : nous n’annonçons jamais notre venue en tant que critiques lorsque nous visitons un restaurant. Nous l’expliquons à la fin de la soirée, une fois la facture payée, car nous devons expliquer que nous viendrons photographier l’endroit une autre fois. Vous étiez quelques-uns à avoir posé la question. Voilà donc la réponse à ce grand mystère.

Ce soir-là, mon invitée et moi avons décidé de nous sustenter d’un plat de pieuvre cuite sur feu de bois ainsi que d’une entrée de mousse de foie gras avec betterave. La pieuvre, croustillante à l’extérieur et moelleuse au centre, était à des lieues de ces trop nombreuses pieuvres servies sans grand soin dans les restaurants de la ville, caoutchouteuses ou sans avoir été grillées. Accompagnée de verdure, de carottes et de chips maison, c’était un plat frais et délicat. Excellent point de départ. Ici, on sait y faire avec le poulpe. Surtout sur le feu de bois.

 

La mousse de foie gras, accompagnée de petits dés de betterave jaune, trônait en petites tourelles onctueuses sur une purée de betteraves rouges préalablement grillées sur feu de bois, elles aussi. Un ravissement aussi visuel que gustatif.

Pour les plats principaux, nos choix se sont arrêté sur le plat de macreuse de bœuf déposée sur une purée de pommes et pommes de terre ainsi que sur des orechiettes à l’agneau braisé, bacon d’agneau et fromage Louis d’Or.

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Le plat de macreuse était costaud, il faut bien le dire. Lorsque l’on consomme des entrées comme celles que nous avons mangées juste avant, cela pourra sembler de trop pour les humbles appétits. Par contre, la viande était d’une tendreté exquise et se défaisait à la fourchette sans difficulté. La purée qui l’accompagnait, onctueuse à souhait et pas trop salée, l’enserrait joliment, comme un petit écrin ouaté. Avec les bâtonnets de panais rôtis déposés ici et là autour de la pièce de viande, c’était le plat réconfort par excellence.

Les orechiettes, quant à eux, hum… Comment élégamment dire qu’ils étaient à se rouler par terre ? Eh bien ! Tout simplement en n’ajoutant rien d’autre qu’ils étaient effectivement « à se rouler par terre ». Tout comme les ris de veau du restaurant Marconi (voir critique de Novembre-Décembre 2017), nous aurions pu reprendre de ces orechiettes pour « dessert ». Pâtes al dente, bacon d’agneau extraordinaire, délicieux parfum fromagé du Louis d’Or, tout concourrait à rendre ce plat mémorable. Son secret : le gras. Le gras liait le tout admirablement bien. Du gras, encore du gras, toujours du gras.

L’espace manque pour vous décrire le dernier bonheur de la soirée qu’a été le moment du dessert, mais nous ne saurions passer sous silence ce délicieux lemon curd et ces beignets bien dorés et croustillants auxquels nous nous sommes livrées « à notre corps défendant ». Blagues à part, les desserts ont couronné une soirée haute en couleurs, en textures et en découvertes, sous le signe de l’amitié.

On a affaire ici à une cuisine très travaillée, féminine diraient certains, mais surtout harmonieuse, bien pensée et pas du tout clinquante. On est dans le chic du chic, dans la foulée des Toqué ! de ce monde. Que vous habitiez sur l’île ou que vous ayez envie de venir faire une petite virée à Montréal, ce feu de joie vaudra le déplacement et vous enflammera à coup sûr, vous aussi.

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HOOGAN ET BEAUFORT

4095, rue Molson
Montréal
hooganetbeaufort.com
135 $ Pour deux
(Alcool, taxes et service en sus)

Ouvert le soir du mardi au dimanche de 17 h 30 à 22 h 30
Le midi du mardi au vendredi de 11 h 30 à 13 h 30
Le dimanche pour le brunch de
10 h à 14 h 30

 

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada, critique gastronomique au Guide restos Voir et pigiste pour d'autres médias.

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