Batir un avenir meilleur sur le plan de la sante

Vieux et bien vivants

«Les bouteilles, comme les humains, peuvent réserver de belles surprises, et ce, peu importe leur âge. Le monde du vin est rempli de ...»

JESSICA OUELLET

Dans la salle à manger où je joue du tire-bouchon, j’entends, à tort et à travers, toutes sortes de réflexions sur le vin. Parmi les plus fréquentes, des idées reçues sur les vins dits jeunes. Comme si la jeunesse d’une bouteille renvoyait une image négative du contenu, et un vin plus vieux, une image forcément digne d’intérêt. Je connais pourtant plusieurs personnes qui, malgré leur vieux millésime, sont aigries par le temps. À l’inverse, je connais des jeunes particulièrement sages. Les bouteilles, comme les humains, peuvent réserver de belles surprises, et ce, peu importe leur âge. Le monde du vin est rempli de curiosités et d’exceptions à la règle. Essayons tout de même de comprendre, dans un premier temps, l’univers des vieux vins.

C’est quoi, un vieux vin ?

Le vin est un produit vivant. Entre jeunesse, maturité, apogée et déclin, il y a d’incroyables nuances visuelles, aromatiques et gustatives. En vieillissant, le vin blanc a tendance à présenter des teintes dorées, voire brunes. Le rouge sera caractérisé par des couleurs plutôt tuilées. En plongeant le nez dans le verre, vous pouvez déterminer différents arômes. Certains d’entre eux, dits tertiaires, sont liés à l’évolution. C’est notamment le cas du champignon, de la truffe, du sous-bois et du gibier. Le fruité, particulièrement éclatant en jeunesse, laisse donc place à d’autres parfums. Un genre de sagesse aromatique.

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Assez humé, c’est le moment de goûter ! En bouche, la fraîcheur d’un vin – ou acidité – se fait plus discrète lorsqu’il vieillit. Chez les rouges, la sensation asséchante apparaît moins prenante. Certaines bouteilles ouvertes trop tôt peuvent donner l’impression de manger du beurre d’arachides à la cuillère tant le contenu est tannique. Oubliés en cave pendant 10 ans, les tanins, qui donnent le caractère astringent, se fondent. En d’autres mots, le rouge se révèle moins râpeux.

À la cave historique des Hospices de Strasbourg (France) vieillit en fût le « plus vieux vin du monde », un blanc d’Alsace millésime 1472. Un monument historique de la région ! Certaines appellations sont connues pour être des vins à déguster rapidement, d’autres font honneur aux plus patients. Toujours en Alsace, un blanc issu du cépage sylvaner sera plus agréable durant sa vive et croquante jeunesse. Pour un riesling grand cru, il sera sage d’attendre au moins trois ans. Afin d’optimiser le stockage de vos bouteilles et la dégustation, le mieux est de prendre conseil directement chez le vigneron ou le caviste. Si les personnes-ressources sont à l’international, n’hésitez pas à fouiller « les Internet »…

Pourquoi est-ce plus difficile d’en trouver ?

Certains vignerons sont réputés pour leur conservation de vieux millésimes. Ceux-là, ils sont une poignée. Plusieurs raisons expliquent cette rareté. D’abord, l’espace de stockage nécessaire à la bonne conservation des bouteilles. Différents millésimes multipliés par plusieurs références apportent leur lot de mètres carrés dans une cave. Tous les vignerons n’ont pas l’espace approprié afin que plusieurs millésimes soient bien conservés en même temps. Ensuite, la valeur des bouteilles qui dorment représente aussi un frein. Par exemple, si un vigneron produit une cuvée tous les ans et la commercialise à la suite de trois ans de repos en cave, cela représente trois années de profits qui attendent. Sans parler des montants pour assurer des bouteilles ayant ainsi plus de valeur.

Si vous achetez un vin dans le but de l’oublier plusieurs années, je vous recommande d’en acheter au moins trois bouteilles. La première servira à suivre l’évolution du contenu. La deuxième secourra en cas de défaut du bouchon ou d’un quelconque défaut du vin. La troisième sera – je vous le souhaite – appréciée à son apogée. Prenons l’exemple d’un vin de naissance, que vous souhaitez offrir à votre enfant à sa majorité : pourquoi ne pas en acheter plusieurs et suivre l’évolution tous les cinq ans ? Dans cette situation, une cave de compète s’impose.

Avec quoi goûte-t-on un vieux vin ?

Lors de certaines dégustations en France, j’ai eu l’occasion de goûter des vins datant des années 40. Ces vins sont historiques, complexes, délicats, et se suffisent souvent à eux-mêmes. Les bouteilles qui ont vu s’accumuler la poussière s’essoufflent rapidement. Dans le verre, on évite de jouer à la centrifugeuse. Afin de saisir toutes les nuances du temps, on opte pour des accords fins et sans trop de flaflas. Les artifices sont dans le verre, les bons mets ne servent qu’à sublimer le tout.

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Les vieux vins sont difficiles à cerner. Telle une personne âgée, ils ne livrent pas forcément tous leurs secrets. La succession de différentes dégustations permet de saisir davantage les nuances visuelles, aromatiques et gustatives qui se dessinent au fil du temps. Un travail de longue haleine, je vous assure ! Avec un brin d’attente, certaines bouteilles réservent de belles surprises. Dans tous les cas, une bouteille ouverte trop tôt vous procurera beaucoup plus de plaisir qu’une bouteille ouverte trop tard. Vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets, comme dirait l’autre.

LES SUGGESTIONS DE JESSICA

Pinot Auxerrois, Zeyssolff, 2016
[CODE SAQ 00896530 PRIX 17,65 $]

Pour le coup de blues des jours froids, on ensoleille les apéros avec ce blanc frais et léger. Dans le verre, ça sent bon les noisettes grillées. En bouche, le vin est fringant et rond. Les 7 g/l de sucres résiduels y sont sans doute pour quelque chose. En bon vin de plaisir, on l’accompagne d’une quiche à l’oignon. Le légume caramélisé trouvera son bonheur avec une gorgée de ce vin.

Côtes du Rhône, Le Temps est Venu, Stéphane Ogier, 2015 
[CODE SAQ 13314914 PRIX 21,05 $]

J’ai connu les vins de Stéphane Ogier avec ses sublimes Côte-Rôtie et Condrieu. Des appellations qui se laissent attendre. Cette cuvée, issue de grenache et de syrah, saura ravir les plus pressés. Un rouge gourmand, aux arômes explosifs de fruits et de fleurs séchées. Une bouteille à l’excellent rapport qualité/prix qui fera un malheur avec un steak-frites.

Givry, A Vigne Rouge, François Lumpp, 2014
[CODE SAQ 13061937 PRIX 54,75 $]

J’ai récemment découvert les vins du Domaine François Lumpp en France. Quel bonheur de retrouver certaines cuvées chez notre célèbre caviste ! Le Givry 1er Cru A Vigne Rouge présente un rubis profond, presque violacé. Au nez, l’intensité aromatique est prenante. Les arômes de fruits confits et d’épices jouent du coude. En bouche, le vin est ample, et les tanins sont bien enrobés. Un pinot noir à partager avec des lasagnes d’aubergines. Si un carnivore sommeille en vous, optez plutôt pour un mignon de veau.

 

Sommelière et blogueuse vins (Le Cellier de Jess).

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