Pastaga

L'enseigne du « petit dernier » du chef Martin Juneau et de son acolyte, Louis-Philippe Breton, évoque la chaleur d'un restaurant italien. Et, bien que le restaurant, un brin...

Party de cuisine

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX

L’enseigne du « petit dernier » du chef Martin Juneau et de son acolyte, Louis-Philippe Breton, évoque la chaleur d’un restaurant italien. Et, bien que le restaurant, un brin bistro, un brin bar à vins parisien, soit en effet très sympathique, le « pasta » du Pastaga fait plutôt référence ici au pastis, breuvage qu’on aime habituellement siroter bien frais sur les terrasses ensoleillées de la Provence. Pour l’occasion, on le dégustera ici, à Montréal, amalgamé à un sirop fruité. C’est que la boisson anisée, avec ses déclinaisons originales, est, avec les vins biologiques et nature (vins sans sulfites), l’une des pierres d’assise de l’établissement, ouvert depuis le 5 décembre dernier.

Le restaurant – situé dans l’espace anciennement occupé par le restaurant Apollo – a bonne mine; on a transformé l’endroit en une salle à manger chic-rustique avec vue sur la cuisine (laquelle affiche une éclatante céramique rouge tout au fond, ce qui donne un peu de tonus à un décor s’exprimant surtout dans les teintes de brun et de bois!); c’est un peu plus pimpant à l’avant, plus feutré à l’arrière, une fois le rideau de billes de bois franchi. Enfin, il y a la longue table du chef dans la cuisine. Si on tient à vivre une expérience de proximité avec le chef et sa brigade, on ne se trompe pas et on réserve cette dernière.

Le principe du Pastaga suit à sa manière le modèle qu’ont commencé à suivre certains restaurateurs : on vous y suggère de consommer environ deux à trois plats par personne et de prendre un ou deux verres de vin. C’est la formule apéro-tapas qui se transforme, selon le degré de ses envies, en repas plus copieux.

Pour notre aventure du vendredi soir, on entame la série gastronomique par quelques huîtres bien fraîches et un plat inusité – un excellent taco de poisson agrémenté de kimchi (chou mariné à la coréenne) – et de coriandre. Un plat très frais, très savoureux et surtout, un poisson certes pané, mais qui continue de goûter le poisson et non la panure. L’un des plats phares du restaurant, la poitrine de porcelet laquée au sucre, mérite amplement sa réputation : la viande, qui se détache à la fourchette, est très fondante, et la douce crêpe de panais qui l’accompagne contraste joliment avec la sucrosité de la laque. La morue, pochée à l’huile d’olive, est un succès; aucune âcreté, tendre et agréablement floconneuse en bouche. Côté douceurs, la pâtissière Isabelle Leroux réalise de petits miracles, surtout en ce qui concerne ce savoureux beignet de pommes accompagné de glace au caramel. Le gâteau aux carottes façon pain perdu est agréable, mais un brin noyé dans un caramel très liquide, ce qui rend le dessert un peu lourd. Il demeure tout de même un plat de grande qualité.

On mange bien au Pastaga, mais il faut savoir s’arrêter, car tout cela est bien trop bon. Comme les portions sont (volontairement) très petites, il est tentant d’en prendre un peu trop à la fois. Suggestion : commencez par un ou deux plats et voyez si un troisième vous intrigue avant de vous délecter d’un dessert pour la grande finale.

***1/2

Belle carte des vins (biologiques, nature)
Prix : 80 $ pour deux (taxes, vins et services en sus)
6389 boul. Saint-Laurent
Tél. : 514 381-6389

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également critique gastronomique et journaliste pigiste pour d'autres médias.

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