La parole est à vous!

D’abord, félicitations pour votre éditorial paru dans le numéro de septembre-octobre 2012 de Santé inc. Félicitations pour votre tact (vous marchez sur des œufs, vous le savez...

Courrier et actualités

Bonjour,

Merci d’avoir posé ma question au Dr Bolduc! Par contre, quelle réponse incomplète et inutile ! Comment peut-il répondre que le problème ne se présente qu’à Montréal ? J’ai travaillé dix ans dans les Laurentides avant de venir à Montréal: le problème d’accès aux soins tertiaires était le même. De plus, récemment, à la suite d’une longue saga pour obtenir des soins secondaires dans une spécialité spécifique pour mes patients à Montréal, j’ai appris (après une discussion en ligne avec des collègues sur Urg-L…) que le même combat se passait en région. J’aimerais que Santé inc. soit beaucoup plus incisif envers les décideurs et gestionnaires lorsqu’il est question d’accessibilité aux soins pour TOUS les Québécois.

J’ai entendu le Dr Bolduc dire que le système de santé allait beaucoup mieux depuis qu’il avait été ministre. Par contre, honnêtement, je n’ai pas vu de différence positive depuis mon arrivée dans le système il y a 15 ans. Les salles d’urgence sont toujours aussi bondées, l’accès aux soins secondaires et tertiaires est aussi difficile et selon mes ami(e)s qui font de la prise en charge, l’accès aux plateaux techniques et aux spécialistes ne va pas mieux. Si on me répond que ces problèmes ne se présentent qu’à Montréal, je répondrai alors que cela touche au moins le tiers des Québécois. Ne sommes-nous pas tous égaux devant le système de santé? Si nous ne le sommes pas, laissons libre cours à la libre entreprise et au privé!

Merci,

Dre Julie Boyer 

Bonjour,

D’abord, félicitations pour votre éditorial paru dans le numéro de septembre-octobre 2012 de Santé inc. Félicitations pour votre tact (vous marchez sur des œufs, vous le savez sans doute…), votre honnêteté, et le grand courage dont vous faites preuve en soulevant la question du salaire des médecins… dans une revue qui s’adresse aux médecins !

Je suis dans ma trente-cinquième année d’une pratique médicale que j’aime. Et j’ai bien sûr vieilli, comme ma clientèle a vieilli… Aussi, je réalise chaque jour que le mode de rémunération à l’acte (qui représente plus ou moins 90 % de mes revenus) n’est plus, mais PLUS DU TOUT, adapté au travail que je fais maintenant auprès d’une clientèle aux problèmes multiples (en plus des diagnostics que j’ai, moi, dans les dossiers de mes patients, ils ont, eux, des problèmes et questionnements qu’ils souhaitent et ont le droit d’aborder lorsqu’ils ont enfin obtenu un rendez-vous avec leur médecin), et à la médication souvent bien « garnie ».

Comment une rémunération à l’acte pourra-t-elle « justement » me rémunérer pour un tel travail ? D’où l’ajout (négocié par notre Fédération) d’un forfait par-ci, d’une vulnérabilité ou d’un arrêt tabagique par-là, afin d’en arriver à une rémunération « convenable » pour le travail effectué.

Et notre nouvelle entente, récemment négociée, vient encore mettre de la pression pour voir plus de patients… pour avoir droit aux bonus qui en découlent. Avec mes sept patients par demi-journée, adieu les bonus !

Bien sûr, comme vous le dites, le salaire des médecins et leur mode de rémunération font aussi partie du portrait !

Merci de m’avoir lu et encore BRAVO !

Dr Jean-Marc Girard,
Médecin de famille
Victoriaville

P.-S. J’aime un peu plus votre revue depuis que j’ai lu cet éditorial !

Bonjour,

J’aimerais savoir si, dans votre éditorial « L’argent fait le bonheur », vous mettez les médecins omnipraticiens dans le même bateau que les spécialistes. Si oui, j’en suis très déçue. Je ne sais pas comment ça se passe à Gatineau pour le Dr Couturier, mais chez nous, les médecins omnipraticiens doivent fournir plus que des efforts minimaux! Dans plusieurs régions hors des grands centres, les AMP obligatoires sont très exigeantes. À certains endroits, on doit travailler une fin de semaine sur deux, alors que dans les grands centres, ce peut être une fin de semaine sur cinq pour le même nombre d’années de pratique. Sans parler des soirs et nuits en semaine. Quand je me compare à d’autres professionnels en région, je ne me trouve pas si avantagée sur le plan salarial. À scolarité égale (ex.: doctorat en biologie), un fonctionnaire fédéral n’a rien à m’envier tout en faisant du 9 à 5, avec deux pauses et une heure pour dîner. Moi, je dois déduire de mon salaire les assurances invalidité et responsabilité, les médicaments, fonds pour la retraite, et plus d’impôts retenus. Pour avoir un revenu de retraite qui équivaut à ce qu’ils recevront jusqu’à leur mort, il faut mettre une grande partie de notre salaire en placements ou viser une retraite tardive. Songez que l’espérance de vie est de près de 84 ans pour les femmes au Québec. J’aimerais aussi vous rappeler que vous avez fait dans vos pages la démonstration statistique que nous ne gagnons pas plus, pour un même nombre d’heures travaillées, que les superinfirmières IPS, infirmières praticiennes spécialisées, si l’on tient compte des pauses, vacances, avantages sociaux, etc. Vous pourriez peut-être faire de même avec d’autres professions salariées.

Les pharmaciens propriétaires n’ont rien à nous envier non plus et certains ne travaillent jamais les soirs ou les fins de semaines. Je ne crois pas que nos salaires d’omnipraticiens pèsent lourd dans l’explosion des coûts de santé au Québec. Je crois que l’article du Dr Gladu, dans votre dernière édition, fait un beau portrait des causes à incriminer. Il faut aussi regarder du côté des coûts des médicaments au Québec.

Pour la pénurie de médecins de famille, je crois, comme le Dr Gladu, que la solution se trouve dans une aide aux médecins leur permettant de se décharger de tout ce qui n’est pas diagnostic et choix de traitement. J’ai moi-même expérimenté un tandem infirmière auxiliaire-médecin et mon rendement a presque doublé, surtout lors des examens périodiques. Qu’on nous aide à faire les choses qui ne requièrent pas un médecin, plutôt que de faire faire notre travail de médecin par des infirmières IPS ou des pharmaciens. Ce faisant, on améliore l’accès à un médecin de famille à un coup moindre que ce qu’il en coûte pour former plus de médecins ou d’IPS, et on diminue le nombre de consultations aux urgences et hospitalisations. Encore une fois, je vous réfère à l’excellent article du Dr Gladu, qui reflète mon propre avis.

En terminant, je ne veux pas être trop bien payée, mais aussi bien payée que les autres à tâches égales.

Dre Isabelle Descoteaux

Bonjour Dre Descoteaux,

Merci beaucoup de cette lettre. Je comprends votre désir d’être payée autant que les autres à tâches égales. Je pense même que c’est là un désir fort légitime, et avec lequel je suis on ne peut plus d’accord.

Mon point de vue éditorial se voulait surtout une réflexion. Il visait à susciter un questionnement et à montrer que les solutions aux problèmes de qualité de vie des médecins dans leur pratique ne sont pas forcément d’ordre monétaire, mais aussi de l’ordre du soutien (en matière d’infrastructures, de tâches, de l’organisation du travail d’équipe, etc.), de la délégation encadrée d’actes et de l’organisation du travail. Je ne peux donc que soutenir votre point de vue lorsque vous dites « qu’on nous aide à faire les choses qui ne requièrent pas un médecin ».

À mon raisonnement, j’ajouterai que les fédérations ne doivent pas uniquement voir à l’injection de fonds dans les salaires des médecins ou à trouver le moindre argument pour rémunérer des actes qui sont posés parce qu’ils résultent davantage d’une mauvaise organisation du travail d’équipe ou d’une mauvaise définition des rôles de chacun dans le réseau.

Je ne souhaite pas voir les salaires des médecins être augmentés si les avenues susceptibles de prévenir le gaspillage de fonds (médicaments, ressources humaines, ressources matérielles, implantations de projets technologiques, etc.) ne sont pas d’abord passées au peigne fin, évaluées en fonction de leur performance puis mises en application, car, ultimement, les médecins ne seront pas plus heureux de faire plus d’argent. En revanche, ils auront plus de chances de l’être si leur charge de travail se voit allégée, mieux organisée, et mieux partagée avec d’autres professionnels du milieu de la santé. Elle est là, ma préoccupation.

Ce n’est donc pas là une critique des médecins eux-mêmes ou de leur travail, mais plutôt du corporatisme médical au sens large. Et quand je dis cela, il ne me vient pas en tête d’attaquer le moindrement du monde la FMOQ ou la FMSQ en particulier, mais plutôt d’interpeller chaque médecin à propos du rôle qu’il a à jouer – oui, en plus de devoir s’occuper de ses patients – à inciter chacun à s’asseoir avec les gestionnaires du réseau, de la RAMQ, et avec les autres professionnels de la santé et ne pas uniquement se fier à sa fédération pour mener tous les combats, même si les fédérations en sont les représentantes légitimes et choisies. Et de trouver avec les intervenants précédemment cités, les solutions qui faciliteront la vie de tout le monde, celle des médecins et, bien sûr, celle des patients.

C’était en ce sens que je mettais en question cette loi, devenue tacite, du « toujours plus ». Il faut être prudent avant de penser ou de dire que l’argent réglera tous les maux, alors que le gouvernement fédéral s’apprête à couper partiellement les vivres en santé aux provinces. On ne cesse de nous dire qu’il faut faire mieux avec moins; cela sera plus vrai que jamais d’ici quelques années.

Je n’ai pas envie que les médecins soient encore plus débordés qu’ils ne le sont. Un médecin raisonnablement payé et pas débordé n’a-t-il pas une position plus enviable que celle d’un médecin qui serait toujours mieux rémunéré mais toujours de plus en plus épuisé ?

Marie-Sophie L’Heureux
Rédactrice en chef

Bonjour,

J’aimerais remercier la Dre Denise Drolet pour son excellent article paru dans le numéro de mai-juin 2012. En effet, elle décrit bien le quotidien de plusieurs de mes confrères et consoeurs aux prises avec une clientèle dont l’accompagnement exige de plus en plus de temps.

Malheureusement, les commentaires trop souvent entendus selon lesquels les médecins ne voient pas assez de patients démontrent une totale ignorance de notre quotidien. Il faut de la sensibilité pour entendre, à travers les mots du patient, sa véritable demande et sa souffrance. Il faut aussi utiliser un langage clair pour qu’il comprenne ce qui lui arrive, et devienne de plus en plus actif dans son traitement, et dans le maintien de sa santé. Tout cela ne peut se faire qu’au détriment de « l’efficience »…

Dre Marie Audy,
omnipraticienne

 

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Fonds communs pour médecins

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– Fonds Professionnels
– Gestion MD