Les Marches

Même si on retrouve un peu moins d’une cinquantaine de vins des Marches disponibles dans notre province, beaucoup constituent d’excellents produits à des prix fort avantageux.

PAR DANIEL BERGERON

En février 2010, on m’invita à participer à une dégustation organisée par l’agence Montalvin inc. mettant en vedette les vins de la maison Umani Ronchi, qui proviennent majoritairement des Marches. L’Italie me réservait encore une belle surprise, car j’ai été littéralement conquis par l’ensemble des vins offerts, tant par leur qualité que par leurs prix très abordables. Mon intérêt m’amena alors à explorer davantage Les Marches pour y découvrir de petits trésors bien cachés. Même si on retrouve un peu moins d’une cinquantaine de vins des Marches disponibles dans notre province, beaucoup constituent d’excellents produits à des prix fort avantageux.

Monte Conero

C’est à l’est de la Toscane et de l’Ombrie, et à l’ouest de la mer Adriatique que se retrouve cette charmante région vinicole italienne, qui est malheureusement méconnue de l’amateur de vin. Les Marches sont divisées en une quinzaine de DOC (Denominazione di Origine Controllata — dénomination d’origine contrôlée), deux DOCG (Denominazione di Origine Controllata e Garantita — dénomination d’origine contrôlée et garantie) et une seule IGT (Indicazione Geografica Tipica — indication géographique typique) dans lesquelles on retrouve près de 10 000 hectares de vignes. Bien qu’on cultive plusieurs cépages dans Les Marches, c’est le verdicchio qu’on retrouve le plus fréquemment dans les vins blancs. Le montepulciano et le sangiovese (cépage des chiantis en Toscane) sont les plus utilisés pour l’élaboration des rouges.

Le cépage blanc verdicchio se retrouve majoritairement dans l’appellation Verdicchio dei Castelli di Jesi, qui doit son nom à la petite ville de Jesi, qui était jadis entourée de Châteaux (Castelli). On retrouve encore sur le marché cette fameuse bouteille verte en forme d’amphore qu’on utilisait pour les vins de cette appellation. La superficie de Jesi est de 2450 hectares et les vins qui y sont produits doivent contenir un minimum de 85 % de verdicchio afin de porter le nom de l’appellation. Les vins issus de ce cépage possèdent un reflet verdâtre, d’où leur nom, et, lorsque la vinification est bien maîtrisée, ils possèdent une bonne structure avec de belles notes d’abricots et de fleurs, tout en conservant une certaine rondeur et une bonne fraîcheur en bouche. Ils peuvent aussi bien défier le temps et développer de beaux arômes en vieillissant. Sur le plan de l’accord gastronomique, ces vins se marient harmonieusement avec les poissons grillés ou les fruits de mer. On retrouve une quinzaine de vins de cette appellation à la SAQ, qui se vendent entre 13 $ et 25 $ en moyenne.

Du côté des vins rouges, ceux que l’on retrouve au Québec sont issus des deux appellations Rosso Conero (Conero DOCG) et Rosso Piceno, et de la seule IGT nommée Marche. Une IGT est l’équivalent de « vin de pays » en France, c’est-à-dire un vin qui ne respecte pas le cahier des charges d’une DOC, par exemple en ce qui concerne des cépages utilisés ou de leurs proportions dans le vin.

La plus vaste des deux appellations, Rosso Piceno, qui se situe à l’est des Marches, possède une superficie de 2020 hectares. Lorsqu’un vin porte la mention « superiore », cela signifie que les vignes ont été cultivées au sud de la région dans une toute petite zone près de la ville D’Ascoli Piceno et que le vin compte au moins 12 % d’alcool. Les cépages autorisés sont le montepulciano (30-70 %) et le sangiovese (30-50 %). Un vin de cette appelation que je considère comme l’un des meilleurs à moins de 15 $ est l’Il Breccia- rolo Rosso Piceno superiore (Code SAQ du 2009 : 10542647); il se vend 13,70 $. C’est un excellent vin de semaine, qui est gorgé de fruits avec de belles notes de cacao et une grande densité, le genre de vin à acheter à la caisse.

Quant l’aire d’appellation Rosso Conero (Conero DOCG), située près du mont Conero, près de la capitale des Marches, Ancône, elle est beaucoup plus petite (450 ha). L’encépagement est majoritairement du montepulciano auquel peut s’ajouter une petite quantité de sangiovese. La mention « riserva » désigne un vin qui a vieilli un minimum de deux ans avec un pourcentage en alcool d’au moins 12,5 %. Le San Lorenzo d’Umani Ronchi (Code SAQ du 2010: 397174) est un excellent vin de cette appellation. Il se vend pour seulement 16,35 $ et est un excellent compagnon pour le spaghetti italien. Concernant le cépage montepulciano, qu’on retrouve aussi dans la région des Abruzzes, il donne des vins charpentés riches en tannins aux arômes de fruits noirs et de cannelle. Les meilleures cuvées donneront des vins qui peuvent bien vieillir en développant une belle complexité.

En terminant, j’aimerais vous décrire trois excellents vins de la réputée maison Umani Ronchi qui valent la peine d’être achetés à chaque millésime.

Plenio Verdicchio dei Castelli di Jesi, 22,95 $ (Code SAQ du 2008 : 11294884)

Plenio Verdicchio dei Castelli

Ce vin blanc constitué de verdicchio à 100 % tire son nom du mot latin plenum, qui signifie plénitude. Cela caractérise bien toute la complexité et la richesse de cette cuvée. Les millésimes 2006 et 2007 que j’ai dégustés au cours des dernières années montraient bien toute cette plénitude. En novembre 2012, j’ai pu redécouvrir le millésime 2007, qui affichait de superbes arômes d’abricot et de pêches rehaussés par une touche d’amande et de fleurs. En bouche, l’attaque offrait une belle fraîcheur et une souplesse déconcertante. La finale, dans laquelle la pomme et les amandes se démarquaient, était très longue. Ce vin peut assurément bien vieillir et, considérant le prix, il serait avisé de s’en procurer quelques bouteilles pour suivre son évolution au fil des années.

Cúmaro Umani Ronchi Conero riserva 2008 27,50 $ (Code SAQ du 2008 : 710632)

De l’appellation Conero (DOCG), ce vin est élaboré à partir de montepulciano à 100 %. En octobre 2012, j’ai eu l’occasion de déguster les

Cúmaro Conero

millésimes 2007 et 2008 en parallèle. Dans les deux cas, le nez offrait une bonne concentration de fruits noirs avec de jolies notes épicées. C’est en bouche que le millésime 2007 s’est montré beaucoup plus ouvert et accessible que le 2008. Les tannins étaient bien fondus et le fruit très alléchant dans une finale exquise, un vrai délice. Le 2008 montrait un ensemble plus sévère, les tannins ayant besoin de temps pour mieux se fondre. Je considère qu’un peu de repos en cave (2 à 4 ans) lui permettra de se polir et d’atteindre le niveau du 2007. Si on le déguste cette année, il fau- dra le servir avec une viande bien saignante.

Pelago Umani Ronchi Marche i.g.t. 2008, 36,50 $ (Code SAQ du 2008: 735977)

Pelago Umani Ronchi Marche

Ce vin possède l’appellation Marche IGT, car il est constitué de cabernet sauvignon à 50 %, de Montepulciano à 40 % et de merlot à 10 %. Le 2008 de cette cuvée coûte 6 $ de moins que les millésimes précédents ce qui en fait un très bon rapport qualité-prix. À l’œil, il montre une couleur rouge violacée très dense montrant bien la jeunesse et la concentration de ce vin. Le nez dégage des notes prononcées de torréfaction, de réglisse, de cassis et de tabac. Lors de la mise en bouche, on constate d’emblée toute sa richesse avec des tannins très présents et du fruit à revendre. Les éléments sont bien en place, mais doivent s’harmoniser et se fondre en cave, car ce vin est encore trop jeune. On pourrait aisément le comparer à un super toscan qui se vend deux fois plus cher. Ce vin représente une véritable aubaine. À acheter les yeux fermés !

Professeur de chimie organique et de chimie du vin au CEGEP de Lévis-Lauzon. Titulaire d'une maîtrise en chimie organique. Administrateur pour le site fouduvin.ca Pour lui écrire : daniel.bergeron@cll.qc.ca

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