Shalom, Israël!

Israël existe bien au-delà de son paysage politique. Ou du moins, son paysage politique fait partie d'un tout beaucoup plus grand et beaucoup plus vaste, culturellement parlant.

PAR MARIE-SOPHIE L’HEUREUX

D’Israël nous viennent en tête, le plus souvent du moins, des images des conflits politiques de la terre d’Abraham. Mais quoi de plus normal alors que les grands médias du monde entier nous abreuvent d’images et de nouvelles ayant pratiquement toute une connotation politique ? Car, il faut bien l’admettre, d’Israël, on ne voit le plus souvent, évident comme le nez au milieu du visage, que le conflit israélo-palestinien. Et avec raison, la situation y étant plus que troublante…

La mer Morte : d’une beauté imperturbable

La mer Morte : d’une beauté imperturbable

Mais, Israël existe, eh oui, bien au-delà de son paysage politique. Ou du moins, son paysage politique fait partie d’un tout beaucoup plus grand et beaucoup plus vaste, culturellement parlant. Car Israël c’est aussi, qu’on le veuille ou non, l’Histoire avec un grand H. Et la religion avec un grand R…

Israël, mais surtout, Jérusalem, ville « trois fois sainte », profondément marquée par le judaïsme, le catholicisme et l’islam. Impossible de passer à côté de cette réalité notoire du pays, réalité dans laquelle tous ces conflits géopolitiques qui perdurent depuis déjà trop longtemps prennent leur source…

D’ailleurs, du point de vue du simple touriste, et même pour le plus athée d’entre eux, cet héritage religieux et culturel est saisissant. Presque troublant. Et surtout, fascinant… Incursion éclair (5 jours top chrono !) avec un valeureux guide israélien, Moishe Henzel, au coeur d’un pays que l’on ne méconnaît que trop, et qui s’apprête pourtant à devenir une destination touristique prisée dans le monde entier.

Des villas privées à Césarée

Joyaux culinaires méditerranéens

Sitôt atterris à Tel-Aviv, on nous emmène à Césarée déposer notre baluchon au Dan Caesarea Hotel. Puis, on nous emmène manger au magnifique restaurant Helena, avec vue sur la Méditerranée, qui prend de ces teintes violacées avant que le soleil ne s’y noie pour la nuit. Située entre Haïfa et Tel-Aviv, Césarée est une ville historique reconnue pour l’impressionnante préservation de ses ruines, dont le Théâtre romain (qui, lui, a tout de même fait l’objet d’une reconstruction majeure) et pour son immense port. Bâtie il y a des milliers d’années par Hérode 1er, elle se destinait alors à être l’une des plus grandes villes portuaires de la région et allait devenir le coeur économique d’une époque aujourd’hui révolue.

Vue de la mer Morte sur les dunes

La sensation de dépaysement à Césarée est incroyable, alors qu’on déambule au beau milieu de l’hippodrome bâti par les Romains. On marche, on ne fait que marcher, tout en n’en finissant plus de contempler, au loin, le turquoise de cette Méditerranée, qui s’étend aux confins de l’horizon israélien… D’Israël j’imaginais surtout le sable. Or, j’en aurai d’abord vu la mer. Aujourd’hui, Césarée est une station balnéaire bordée de villas cossues, de beaux hôtels, de chics restaurants et de galeries d’art. Ce n’est plus un lieu de culte et elle est visitée tant par les touristes d’outremer que par des hordes de jeunes Israéliens en sortie scolaire « historique ».

L’hôtel Galiléen du docteur Yaro

Le lendemain matin, après un copieux petit-déjeuner (les déjeuners dans les hôtels israéliens sont inoubliables : diverses variétés de fromages tous les matins, jus frais, blintzes, succulentes olives, etc.), nous prenons la route en direction du Mitzpe Hayamim Hotel à Rosh Pina, en Galilée. Mais avant de reprendre la route pour vrai, nous effectuons une courte pause au Tishbi-Baron Wine Cellars afin d’y déguster différents vins israéliens, expérience qui s’avère tout à fait agréable même si un brin trop matinale pour la plupart d’entre nous… La route est longue dans notre minivan blanche; nous effectuons un arrêt « panoramique » à Haïfa et au mont Carmel afin de nous délier les jambes. Du sommet du mont Carmel, on contemple la quasi-totalité de Haïfa, ville d’origine de notre guide, ainsi qu’un magnifique site patrimonial de l’UNESCO constitué de jardins joliment entretenus. Soyez certain d’avoir rechargé la batterie de votre appareil photo, car la vue en vaut vraiment le coup d’oeil !

Nous reprenons le volant et traversons la région de la Galilée, en passant tout près de Nazareth et de la mer de Galilée. Nous sommes, les quatre journalistes présents, complètement emballés. Nous voyons, nous foulons le sol de sites qui font partie de l’histoire de nos civilisations et connus du monde entier.

Baklavas israéliens

Nous arrivons enfin à Rosh Pina, au Mitzpe Hayamim Spa Hotel and Organic Farm. Coup de foudre. On voudrait y passer sa vie, dans cet hôtel niché dans les collines du Golan, d’où l’on aperçoit toute la magnificence de la mer de Galilée. L’hôtel inspire le calme et la sérénité. Les chambres y sont fort luxueuses, décorées avec goût, mais ce qui laisse une trace indélébile dans les coeurs, c’est l’esprit du lieu. C’est zen. C’est calme. On y retrouve de petites tables remplies d’herbes fraîches pour se faire des infusions à chaque étage… Et bien sûr, puisqu’il s’agit aussi d’une ferme biologique, toutes ces herbes ont été soigneusement cultivées à l’arrière de l’hôtel, dans les vertes collines qui séparent Israël du Liban, non loin de là. Une véritable oasis de repos.

Le Mitzpe Hayamim Hotel est le rêve du Dr Yaro, un naturopathe et homéopathe de Berlin, qui cherchait initialement un endroit hors du commun pour y installer une maison de convalescence, en 1923. Il a donc acheté 17 hectares de terre à Rosh Pina et y a développé son vaste domaine. Le propriétaire actuel du Mitzpe Hayamim a poursuivi et maintenu cette tradition de grande harmonie entre l’homme et la nature. C’est pour cette raison que cet hôtel peut, à mon avis, se targuer d’être l’hôtel le plus intéressant d’Israël. Sans compter que son restaurant, le Muscat, aura certainement constitué, au terme de ce court voyage, l’une des meilleures tables du pays que l’on aura eue la chance de visiter…

Jérusalem et son mur de larmes

Le lendemain matin, après un traitement de massothérapie fort apprécié au Mitzpe Hayamim, nous prenons la route vers Jérusalem… non sans nous arrêter tout d’abord sur les rives du Jourdain, haut lieu touristique s’il en est, afin d’y observer les gens se faire baptiser… ou s’autobaptiser sur place ! En Israël, le tourisme religieux est une réalité omniprésente.

Nous arrivons finalement à Jérusalem. Premier arrêt : le Jardin des Oliviers. Il fait un soleil de plomb, l’air de juin est chaud et sec. Et la vue est tout simplement imprenable. Je garderai à jamais gravé en moi ce jour où j’ai vu Jérusalem, splendide de blancheur et de lumière. Nous n’y passerons malheureusement qu’une seule journée, soit juste assez pour apprécier le confort luxueux du Mamilla Hotel et pour vivre la traversée incroyable des dédales de pierres qui mènent au mur des Lamentations et au Saint-Sépulcre.

Masada, une ancienne fortification d’Israël dans le désert de Judée, un site désormais au patrimoine mondial de l’UNESCO

C’est vraiment à Jérusalem que l’on saisit l’ampleur de la ferveur religieuse du genre humain… et des retombées touristiques qui en découlent. Chaque jour, des milliers de visiteurs viennent pleurer, prier ou embrasser une pierre. En tel endroit, le Christ serait mort. À tel autre, on l’aurait lavé. Et là, oui, oui, juste là, il serait vraiment ressuscité d’entre les morts. Et chacun fait la file pour aller poser ses lèvres ou ses genoux sur les saintes pierres, tout en n’oubliant pas de formuler à haute voix une incantation ou une prière susceptible d’assurer sa propre Paix, du fond de sa Vie Éternelle…

Une mer morte revivifiante

Avant-dernier arrêt avant la fin de ce voyage : la mer Morte. Nous dormirons deux nuits à Ein Bokek, où sont situés les complexes hôteliers de la région. Tout d’abord, il faut dire que les points de vue panoramiques pour observer la mer Morte sont nombreux… et valent tous le détour ! Grandiose, bleue, calme et imperturbable, la mer Morte porte son nom car elle ne contient pas d’O2, et donc, qu’aucune vie animale ou même végétale n’y est décelable, à l’exception de quelques microorganismes. C’est d’ailleurs le point d’altitude le plus bas de la planète : 423 mètres sous le niveau de la mer. On dit que les marathoniens aiment bien aller s’y entraîner pour cette raison particulière.

La quantité de sels minéraux dans la mer Morte y est telle qu’il vaut mieux ne jamais y plonger la tête… et encore moins avoir l’idée d’y plonger les mains puis de se frotter les yeux (je l’ai testé pour vous, je ne vous le recommande pas!). En revanche, la mer Morte est parfaite pour ces petites coupures malencontreuses qui ne guérissent pas bien… et surtout, pour se laisser flotter, sans penser à rien, en admirant le soleil s’endormir dans les bras du désert de Judée et en contemplant le ciel, qui fait peu à peu place à la lune, aux ètoiles et aux lueurs multicolores des hôtels environnants. Le parfait calme plat pour les coeurs agités.

Un jour dernier dans le désert de Judée

Un restaurant au bord de la Méditerrannée dans la vieille ville de Jaffa (Yafo en hébreu), maintenant Tel-Aviv

Un voyage en Israël ne peut être un voyage en Israël sans une suffocante traversée du désert en Land Rover, puis à dos de chameau. Accompagnés de notre guide, nous traversons en 4 x 4 un désert de dunes de sel d’une blancheur immaculée, et aboutissons dans une oasis bédouine, où nous attendent une carafe de thé noir ainsi que nos pileuses montures… Nous sommes dans un monde à part. Le soleil nous darde de ses rayons, nous déambulons silencieusement dans cet espace du monde que rien ne vient jamais perturber, puis nous rentrons tous au Dead Sea Isrotel, enivrés par cette incroyable incursion au coeur d’un monde riche de sa grandeur, que le vide rend si précieux. Où tout est justement plein parce que si vide, si silencieux, si grand.

Puis nous reprenons la route le lendemain vers Tel-Aviv, où, après quatre jours de pure folie, nous repartirons chacun chez soi, la tête pleine de souvenirs brefs, mais ô combien inoubliables…

Shalom, Israël !

*Ce voyage a été payé par le Israel Government Tourist Office-Canada.

A propos de Marie-Sophie L'Heureux

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Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice de Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à Radio-Canada et pigiste pour d'autres médias.

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