La parole est à vous!

En son fond, l’article devient une sorte pamphlet publicitaire de la Coalition Avenir Québec, à laquelle l’AJMQ a donné son appui lors de la campagne électorale. Si telle était l’intention...

RASSUREZ-VOUS, LA « GAUCHE » SAIT COMPTER !

En réponse à l’article « Ce qui aurait dû être », publié dans le numéro de janvier de Santé inc.:

Tout d’abord, laissez-moi souligner ma fière appartenance à l’Association des Jeunes Médecins du Québec (AJMQ), présidée par le Dr Gladu. Je partage la vision de cette association volontaire, qui vise à implanter et à stimuler les réformes majeures nécessaires à un système de santé public durable, équitable et efficace.

Cependant, le dernier article du Dr Gladu, sur le budget 2013-2014, m’a laissé perplexe et déçu. Il y préconise des mesures X, souvent très éloignées du système de santé (garderie, Hydro-Québec, service de la dette), donnant des résultats Y grâce à des règles de trois, le tout résumé dans un tableau en couleur tenant sur une dizaine de lignes. Il s’agit de grossiers raccourcis intellectuels. Tout changement dans un système provoque inévitablement un effet domino sur les revenus et les dépenses. Couper à un endroit un montant X ne veut pas dire qu’au final l’État sauve 100 % de ce montant. En son fond, l’article devient une sorte pamphlet publicitaire de la Coalition Avenir Québec, à laquelle l’AJMQ a donné son appui lors de la campagne électorale. Si telle était l’intention, il faut déclarer ouvertement la nature partisane de ce papier.

L’article parle en termes peu élogieux des « radicaux de la gauche». Le contexte politique actuel mène à la polarisation : les citoyens sont bombardés de nouvelles sur la corruption et le gaspillage étatique. Il est ainsi payant pour les partis à philosophie conservatrice (incluant l’ancien gouvernement Charest, qui n’avait de libéral que le nom, et la CAQ) de dépeindre les socio-démocrates comme de médiocres gestionnaires au grand coeur. C’est exactement pour combattre ces préjugés que Thomas Mulcair, chef du NPD fédéral, a récemment réuni, dans un exercice marketing, les chefs des partis néo-démocrates provinciaux ayant détenu ou détenant le pouvoir. Si l’on exclut Bob Rae, ancien premier ministre du NPD ontarien maintenant libéral, les sociaux-démocrates ont une bien meilleure feuille de route que leurs adversaires relativement à l’équilibre budgétaire.

L’élaboration des politiques publiques doit reposer sur les assises solides de données objectives et transparentes. Lorsque c’est fait, l’Histoire montre l’avancement incessant des politiques progressistes sociales et économiques pour le mieux-être des citoyens. Des exemples ? Les derniers Libéraux provinciaux ont augmenté notre dette publique de 50 % en neuf ans de pouvoir. En réponse à cette saignée, certains « M. Net » promettent mer et monde avec l’économie de bouts de chandelles, tandis que les progressistes de Québec Solidaire sont les porteurs de discussions sur la réforme de l’assurance médicament avec, notamment, le projet Pharma-Québec. L’abolition cette année des subventions aux pharmaceutiques qui ont déménagé leurs pénates hors du Québec permet d’économiser dès maintenant 300 M$ annuellement, montant prévu haussier. Ce n’est qu’un début ! L’abolition du régime mixte d’assurance médicament permettrait de mettre fin à l’injustice que subissent les citoyens qui doivent payer des primes exorbitantes au privé. Une telle réforme permet au citoyen une meilleure couverture à un moindre coût. Plusieurs pays développés du Commonwealth l’on fait; nous sommes en retard.

Je comprends le désir de réformes en profondeur. Je le partage également, car le statu quo est insoutenable. Mais l’Histoire montre que les gouvernements provinciaux sociodémocrates québécois et canadiens, et – soyons bons joueurs – les gouvernements libéraux progressistes du passé présentent plus souvent des budgets équilibrés, qui permettent les grandes avancées socio-économiques. La complexité de la tâche, les multiples ramifications du système de santé et de l’économie ne permettent pas que l’on fasse la diffusion d’idées résultant de raccourcis intellectuels et visant l’élection d’un parti qui promet « du gros bon sens » simpliste.

Dr Simon-Pierre Landry
Urgentologue

UNE RÉSIDENCE NÉCESSAIRE

Je suis un chirurgien d’origine anglophone qui pratique dans un milieu francophone. Et je suis fier d’être un produit du système d’éducation du Québec du côté francophone dans tout mon cheminement. Dans toute ma résidence en orthopédie, j’ai vu et ai travaillé avec plus de 15 chirurgiens, soit de l’Amérique du Sud, de la France ou de l’Angleterre… Il y a peut-être un ou deux médecins qui sont adéquats à mon regard. Mais plus de 50 % d’entre eux ont eu leur licence de pratique restrictive. Et le pire, c’est quand un candidat a échoué un stage d’évaluation. Il va alors postuler dans un autre milieu sous différents prétextes pour enfin en réussir un. Nous avons spécifiquement écrit une lettre une fois au Collège des médecins du Québec pour lui signaler de ne pas donner une licence de pratique à une telle personne. Mais le Collège a tout de même donné une licence. Cette personne en particulier a tellement fait l’objet de plaintes et a commis tant de fautes dans sa pratique que, depuis, elle a été disqualifiée par le DSP de l’hôpital.

Oui, il y a de bons médecins parmi ceux qui ont obtenu leur diplôme à l’étranger comme il y a de moins bon médecins parmi ceux qui ont complété leur formation au Québec. Mais il y a à mes yeux beaucoup de médecins étrangers qui sont inadéquats. Et le seul moyen d’assurer la qualité de l’exercice médical chez ces médecins est qu’ils passent ou répètent leur résidence et subissent un examen officiel pour devenir médecin au Québec. Cela, sans exception.

Personnellement, je ne suis pas à l’aise avec l’idée de laisser un médecin étranger me traiter s’il n’a pas fait sa résidence au Québec.

Dr Zhi Wang
Chirurgien orthopédiste

Je suis un vieux médecin français qui travaille actuellement avec un permis restrictif au Québec. Oui, la formation en médecine de cette province, pour ce que j’ai pu en connaître en deux ans, est excellente. Et j’ai rencontré ici des médecins et chirurgiens admirables et accueillants.

Cependant, notre « consoeur anonyme » m’inquiète. Je ne vois pas comment il est possible de généraliser ainsi, « à propos d’uncas»!

Les dentistes parisiens auraient tous une mauvaise formation parce qu’« un ami français » a déjà connu des problèmes d’hygiène buccale ? Les chirurgiens étrangers ne seraient pas non plus compétents ? Mais qui a pratiqué « l’hépatectomie réglée » et l’a enseignée aux chirurgiens occidentaux ?

Autrefois (puisque je suis vieux), on ne voulait pas de femmes médecins ou chirurgiens, sous prétexte de qualité. Une femme ne pouvait avoir la force, la compétence, l’endurance…

Il n’est pas interdit d’être sexiste, raciste, ou plutôt xénophobe. Mais il est désolant de le justifier. Je regrette ces démarches irrationnelles. Ça me rappelle trop de souvenirs.

L’ONU avait publié Le racisme devant la science, dont je conseille la lecture. J’ai travaillé aussi en Scandinavie et pas seulement en France. Ces systèmes de santé se ressemblent, seules les autorités ne le reconnaissent pas.

La sélection par les quotas d’étudiants existe partout, même si ce n’est pas le meilleur gage de qualité et de compétence.

C’est aussi une question de volonté individuelle. Merci aux étudiants qui font la démarche de compléter leur formation « à l’étranger ». Certains sont devenus de grands patrons qui font progresser la science et la médecine.

J’ai été particulièrement bien accueilli au Québec. C’est ce qui m’a rendu triste et surpris en lisant l’article de novembre et la réponse anonyme.

Pour affirmer qu’il existe des « défaillances » dans la formation des médecins étrangers, il faut plus que l’exemple d’un seul « cas »; il faut beaucoup de vérifications… Une seule personne insuffisamment formée, si c’est vrai, signifie-t-elle nécessairement que l’enseignement et les soins dispensés dans son pays d’origine sont déplorables ?

Une démarche rigoureuse, sans amalgames ni « à peu près », est indispensable dans le métier. Et si on a le droit d’être raciste, je le déplore. Car, pour moi, il n’y a pas de compromis possible avec le racisme ni avec la qualité des soins prodigués aux malades.

Dr Serge Thoméré, MD

santeinc.com

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