Une histoire de famille

Josée Desrochers est une femme passionnée. Cela se sent dans sa façon d’être et cela se voit dans le regard qu’elle pose sur la vie. Médecin de famille depuis près de...

Dre Josée Desrochers

PAR CAROLINE ARBOUR

Dre Josée Desrochers est une mine d’énergie brute. D’une force et d’un dynamisme contagieux, elle donne l’impression, à ceux qui la côtoient, que tout est possible.

Dre Josée Desrochers

Josée Desrochers est une femme passionnée. Cela se sent dans sa façon d’être et cela se voit dans le regard qu’elle pose sur la vie. Médecin de famille depuis près de 24 ans, marathonienne et mère de trois grands enfants, elle déborde d’énergie. Sans prétention, proche de ses patients, insistant depuis toujours pour être tutoyée, on la connaît sous le nom de Dre Josée. Portrait d’une femme véritablement authentique.

La porte du cabinet s’ouvre sur une silhouette élancée. Dre Josée s’avance et offre à toutes celles qui l’entourent un sourire des plus accueillants. Bien que certaines patientes attendent depuis un moment, toutes lui renvoient son sourire. Aucune ne manifeste le moindre signe d’impatience, et l’ambiance demeure chaleureuse dans cette pièce tapissée de photos des bébés qu’elle a mis au monde. Mon tour venu, je la suis dans son bureau. Même de dos, je sais qu’elle continue de sourire. « Je suis passionnée par mon travail ! » me confirme-t-elle d’emblée, avec une vivacité qui ne la quittera pas une seconde tout au long de notre rencontre.

La médecin me raconte avec joie son parcours professionnel, en commençant par son coup de cœur pour l’obstétrique, né à la fin de sa formation médicale, lors de sa résidence à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (HSCM). « J’avais beaucoup aimé l’équipe et j’avais d’excellents modèles qui m’ont donné le goût de continuer », se souvient-elle. Elle n’a d’ailleurs jamais quitté l’équipe de l’HSCM, avec laquelle elle est affiliée depuis le début de sa pratique, en juillet 1989. Dès ses premières années, son intérêt pour l’obstétrique se fait connaître et les suivis de grossesse que lui confient ses collègues s’accumulent rapidement : « Pendant un certain temps, je pratiquais jusqu’à 200 accouchements par année. »

Après neuf ans de pratique, le manque de pédiatres à Montréal et le départ à la retraite des trois pédiatres de l’HSCM ont placé Dre Josée et ses collègues devant un choix déterminant : « Soit on fermait l’obstétrique, soit on se relevait les manches et on faisait de la pouponnière. » Pour Josée, il allait de soi de continuer. Elle et ses collègues ont donc pris leur formation en main en suivant des stages à l’Hôpital Sainte-Justine et à l’Hôpital de Montréal pour enfants. « On a commencé à faire de la pouponnière et, au fil des ans, on est devenus meilleurs. On s’est toujours autoformés. On participe maintenant au programme AMPROOB et, chaque année, on met à jour notre formation avec des spécialistes de l’Hôpital de Montréal pour enfants. » Son implication ne s’est pas arrêtée là : « Pendant 15 ans, j’ai été chef de médecine générale en obstétrique au département d’obstétrique-gynécologie de l’HSCM. Je n’occupe plus ce poste depuis trois ans, mais je continue de m’impliquer activement au sein de la fondation et je mets beaucoup d’énergie dans la création de la nouvelle Unité mère-enfant à l’HSCM. » Selon les prévisions, tous ces efforts seront récompensés d’ici trois ans, délai au bout duquel l’unité devrait voir le jour.

 

Une histoire de famille

Sa passion pour la médecine, Dre Josée l’a héritée de son père, lui aussi médecin de famille. Ainsi, son penchant pour la profession remonte à loin. « J’avais à peine cinq ou six ans et je me levais de bonne heure pour faire la tournée avec mon père. À l’école, je notais les symptômes et les blessures de mes amis, et le soir, j’élaborais des diagnostics avec mon père », se souvient-elle en riant.

Une marathonienne bien fière.

Le choix de pratiquer la médecine familiale s’est donc fait naturellement, non seulement pour Josée, mais pour sa sœur Chantale, d’un an sa cadette, avec qui elle partage sa clinique depuis son ouverture en 2001 : « Ma sœur fait de la gériatrie. Nos profils de pratique se complètent bien et on peut facilement se consulter et s’entraider. Chantale est là depuis le début. On a étudié ensemble, partagé un appartement tout au long de nos études et travaillé par la suite dans la même clinique. C’était naturel que ma sœur vienne avec moi. » Selon Josée, cette proximité n’offre que des avantages. « C’est toujours facile avec ma soeur ! » ajoute-t-elle d’un ton affectueux.

Dre Josée a aussi déménagé ses bureaux à domicile dans le but de se rapprocher de sa propre famille. « Au début, dit-elle, j’avais une gardienne à la maison et mon conjoint pouvait aussi être présent au besoin. Mais depuis que je suis chez moi, s’il y a quelque chose, mes enfants n’ont qu’à cogner à la porte et je suis là. » Malgré une lourde charge de travail, la maman de deux filles de 16 et 20 ans et d’un garçon de 21 ans affirme être très proche de ses enfants. Elle a, entre autres, toujours priorisé les évènements importants au cours de leur vie: « Je n’en ai pas manqué un ! » Et ses filles insistent d’ailleurs pour que ce soit elle qui les accouche. « Je ne sais pas si je vais me rendre là ! » répond-elle en riant et en précisant qu’elle pratiquera tant qu’elle aura la motivation et l’envie de le faire.

 

Un suivi prévilégié

Si Dre Josée n’a plus de temps pour accepter de nouveaux patients, c’est parce qu’elle garde ce privilège pour les petits qu’elle met au monde et qu’elle continue de suivre tout au long de leur vie. « Je l’offre toujours à mes mamans. Ça fait partie du cadeau que je leur donne quand je les accouche : j’accepte leurs bébés. » Et tous ces petits, elle les coiffe aussi d’un joli chapeau, rose ou bleu, à son nom. « Cette idée-là m’est venue comme ça, au milieu de la nuit ! Je voulais symboliser la naissance et y mettre mon étampe. »

Des bébés, Josée en a mis plus de 4000 au monde depuis le début de sa pratique. De petits cahiers relatant son parcours de médecin sont soigneusement rangés sur une étagère de son bureau. Elle en prend un doucement et le tient à deux mains, comme on tiendrait un objet fragile ou précieux. Elle ne l’ouvre pas. Y sont inscrits toutes les dates des naissances auxquelles elle a eu la joie d’assister, ainsi que quelques détails sur le déroulement de chaque évènement.

Dre Josée accompagne ses patientes jusqu’au bout; si une césarienne s’avère nécessaire, elle va jusque dans la salle opératoire : « Je fais l’assistante s’il n’y en a pas. Sinon, je prends des photos, je rassure la maman et je fais de l’entertainment ! » C’est cet aspect complet de l’accompagnement qui la passionne le plus dans la médecine familiale. « J’aime voir l’individu dans toute sa totalité et l’accompagner dans tous ses processus de vie. D’ailleurs, poursuit-elle avec fierté, je vais accoucher cette année la deuxième patiente que j’ai mise au monde. »

 

Une mine d’énergie

En plus de ses heures de bureau et de ses gardes, Dre Josée se présente à près de 98 % des accouchements de ses patientes. « J’en manque au plus trois ou quatre par année », affirme-t-elle sans prétention. Lorsqu’elle ne peut s’y présenter, elle se fait remplacer par un médecin de famille de l’équipe de garde, sur qui elle peut toujours compter. Cette ressource inépuisable d’énergie, elle l’entretient en prenant soin d’elle, et avec l’aide de son entourage. « Ma santé est bonne. Je dors bien ou je prends le temps de récupérer si je n’ai pas pu dormir la veille. Je mange bien et je fais du sport », ajoute celle qui compte plus d’un marathon à son actif. « Je prends aussi des vacances, je profite de mon chalet et j’ai une famille et un conjoint extraordinaires qui m’accompagnent. Ça fait toute la différence pour moi », souligne-t-elle en insistant sur l’importance du soutien que lui offre son conjoint. Et tout en l’écoutant faire l’éloge de son mari, je me dis que l’admiration inestimable qu’elle a pour lui est sans aucun doute réciproque.

Même avec sa montagne d’énergie, et sa famille près d’elle, Dre Josée avoue qu’elle ne pourrait pas tout faire toute seule. La clé de son succès tient aussi entre les mains d’une secrétaire médicale exceptionnelle qui l’a suivie à l’ouverture de sa clinique à domicile. « Je dis oui facilement et une chance que j’ai quelqu’un pour m’aider à gérer ça. Claudette, c’est mon garde du corps. Une chance qu’elle est là! » dit-elle sur un ton rempli de reconnaissance.

 

Une corde sensible

Si Dre Josée a refusé plusieurs offres de travail en milieu privé, c’est qu’elle pratique dans le milieu public par choix : « Je trouve important que la

La Dre Desrochers pratique l’obstétrique à l’Hôpital Sacré-Coeur de Montréal.

population soit servie par le public et je ne crois pas au système à deux vitesses. Ça me dérange beaucoup que certaines patientes aient des privilèges et que d’autres attendent pendant des mois. » Il est primordial pour elle de travailler dans un milieu qui respecte ses valeurs, et, selon elle, l’approche préconisée à l’Unité mère-enfant de l’HSCM s’en rapproche beaucoup. Les médecins de famille y sont nombreux; le suivi, moins médicalisé et plus respectueux de l’accouchement naturel et de ce que les patientes désirent. « J’agis toujours dans le respect de ce que la femme veut dans mon bureau, que ce soit une césarienne rapide, une épidurale ou un accouchement naturel avec une accompagnante à la naissance. »

Une de ses cordes sensibles est d’ailleurs la division qui existe entre les maisons de naissance et les milieux hospitaliers. Selon elle, plutôt que d’investir dans l’ouverture de maisons de naissance, on devrait travailler à élaborer une façon d’intégrer les sages-femmes au milieu hospitalier. « Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des femmes font le choix d’accoucher en milieu hospitalier et ce dernier n’est pas adapté à nos pratiques de 2013. Il faut investir dans nos unités de naissance, et je crois qu’on devrait emmener les sages-femmes avec nous. Je pense qu’on serait capables de travailler ensemble et que ce serait mieux. »

C’est sans surprise que j’écoute Dre Josée me parler d’avenir avec optimisme. Elle réussit à me transmettre, le temps d’une rencontre, une partie de la force et du dynamisme qui alimentent sa passion. La journée s’achève lorsque je quitte son bureau, l’esprit revigoré par la conviction que tout est possible quand on veut, qu’on prend soin de soi et qu’on s’entoure bien.

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