De la loi 41 et de la communication

La loi 41 tente de répliquer ce modèle fructueux, avec une différence majeure: la distance. Les structures actuelles ne sont malheureusement pas adéquates pour permettre...

Parole de résident

PAR DR JOSEPH DAHINE, MDCM

On a beaucoup écrit sur les paramètres pécuniaires entourant la Loi 41, qui entrera en vigueur le 3 septembre prochain. Cependant, peu se sont penchés sur la logistique qui devra sous-tendre la nouvelle dynamique entre médecin et pharmacien. Elle pourra mettre en évidence un défaut majeur de notre système de santé, c’est-à-dire le manque d’homogénéisation du dossier médical.

L’idée vient d’un modèle qui a prouvé son efficacité en milieu hospitalier. Prenez un cas complexe de patient admis aux soins intensifs pour un sepsis sévère.41-dahine-fig1 Un médecin voudra prescrire un antibiotique. À la tournée, le pharmacien relèvera l’interaction médicamenteuse avec l’antiépileptique du patient, ainsi que sa fonction rénale diminuée nécessitant un ajustement de dose. Le médecin effectue sur-le-champ les modifications; le patient bénéficie ainsi de l’expertise de deux spécialistes formés dans des domaines différents mais complémentaires.

La loi 41 tente de répliquer ce modèle fructueux, avec une différence majeure: la distance. Les structures actuelles ne sont malheureusement pas adéquates pour permettre que les deux spécialistes communiquent aussi efficacement qu’au chevet du patient. Avec un dossier médical en clinique, un dossier pharmacologique en pharmacie et des échanges limités par une ligne téléphonique occupée, un télécopieur sans confirmation ou un courriel affiché mais non lu, on peut concevoir de potentielles surprises lors des visites de suivi. Ajoutons que ce qui précède est un modèle où le patient n’a qu’un médecin prescripteur et qu’une pharmacie…

Bref, les médecins résidents accueillent favorablement l’entrée en vigueur de la Loi 41. Nous, qui sommes souvent en première ligne, sommes à même de constater le temps qui serait potentiellement gagné dans le système de santé québécois en confiant aux pharmaciens ces nouvelles activités. Par contre, nous constatons la difficulté qu’ont déjà les profils pharmaceutiques à parvenir aux cliniques et aux centres d’hospitalisation. Nous imaginons donc la complexité potentielle d’un système où des modifications pourront être apportées par des intervenants supplémentaires, sans qu’une plateforme de communication claire soit établie. Nous désirons utiliser ce projet pour rappeler au gouvernement l’importance d’un dossier de santé uniformisé et universellement accessible afin d’assurer un suivi sécuritaire de nos patients.

PRÉSIDENT FÉDÉRATION DES MÉDECINS RÉSIDENTS DU QUÉBEC (FMRQ) POUR INFORMATION OU POUR JOINDRE LE DR DAHINE Veuillez communiquer avec Mme Johanne Carrier au 514 282-0256 ou au 1 800 465-0215 ou à l’adresse suivante : johanne.carrier@fmrq.qc.ca

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