Transitions d’ici et d’ailleurs

Parole de résident

PAR DR LÉON TOURIAN

presente-tourian-f1-fc_pLa formation médicale, c’est comme une mer houleuse, de véritables montagnes russes. La médecine exige du dévouement, d’interminables heures d’étude et de présence à l’hôpital et une grande détermination à relever un défi permanent : dispenser les meilleurs soins possibles aux patients. Tout cela est très stressant, bouffe énormément de temps et limite les heures de sommeil. Alors, lorsqu’arrivent les enfants ou (c’est parfois et) un déménagement vers un nouveau pays pour suivre une formation, le défi est doublement grand ! L’un de mes meilleurs amis a eu trois enfants pendant ses études en médecine et sa résidence, et j’ai une collègue en provenance du Moyen-Orient qui, à son arrivée à Montréal, pouvait à peine se débrouiller en anglais et ne parlait pas français. Eh bien, elle a terminé sa formation tout en s’adaptant à une nouvelle culture, à une nouvelle langue et à un nouveau système de santé.

PARENTS-MÉDECINS, MÉDECINS-PARENTS

L’idée qu’il faille mettre en veilleuse sa vie de famille pour faire carrière en médecine tombe tranquillement en désuétude, et de plus en plus de résidents en médecine décident de fonder une famille durant leur formation. Depuis que les femmes ont massivement investi la médecine, on encourage les médecins à mener une vie de famille saine et équilibrée. Un parent médecin a besoin d’un milieu souple, adapté à ses nouvelles responsabilités, pour s’épanouir dans ses rôles de parent et de médecin. Je suis très fier d’être membre de la FMRQ, qui fait tout en son possible pour que les résidents et les résidentes bénéficient de congés de maternité et de parentalité adéquats, dans des milieux d’apprentissage et de programmes flexibles, sécuritaires et non discriminatoires.

MÉDECINS ÉTRANGERS

Quand je me laisse aller à la rêverie, ce qui est tout de même assez fréquent chez moi, j’imagine que je parle parfaitement quatre langues (français, anglais, arménien et espagnol) et que je vis à Barcelone où je poursuis ma formation en psychopharmacologie. Après ma journée à l’hôpital, je me rends au quartier de la Barcelonetta pour nager dans la Méditerranée, puis manger quelques tapas sur la Rambla avant de rentrer chez moi dans le quartier El Born pour étudier… Mais ces rêves « gaudiesques » sont contaminés par le stress. Plusieurs questions surgissent, et avec chaque nouvelle question, mon stress augmente, tout comme ma soif de conseils. L’université comprendra-t-elle mon statut d’étudiant étranger ? M’offrira-t-elle des mesures de soutien additionnelles ? Aurai-je droit à une période d’immersion ? Serai-je membre d’un syndicat qui m’aidera à m’acclimater et fera valoir mes droits et privilèges ? Aurai-je un directeur de programme compréhensif qui veillera à ce que je m’adapte bien ? M’assignera-t-on un mentor, lui aussi étranger et ayant vécu la même expérience ? La FMRQ et chacune des universités du Québec travaillent d’arrache-pied pour que la réponse à toutes ces questions soit clairement « oui » ! La diversité dans un milieu de formation enrichit l’expérience pédagogique et clinique. Cependant, pour que cette diversité profite à tous, nous devons être des hôtes accueillants. C’est ce à quoi s’emploient la FMRQ et les universités québécoises.

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Léon Tourian

PRÉSIDENT COMITÉ DU BIEN-ÊTRE DES MÉDECINS RÉSIDENTS (CBER) FÉDÉRATION DES MÉDECINS RÉSIDENTS DU QUÉBEC (FMRQ)