Des infirmières, s’il vous plaît!

Je fais partie de ces médecins qui ne sont pas assez disponibles pour prendre en charge de nouveaux patients et les rencontrer quand ils en ont besoin.

LOI 20 : BON OBJECTIF, MAUVAIS MOYEN

PAR NICOLAS TRUDEAU, MD

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Photo : Parti libéral du Québec

Docteur Barrette,

Dans le projet de loi 20 que vous avez déposé récemment, vous proposez d’être très coercitif envers les médecins de famille pour que nous prenions en charge davantage de patients. Je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour, mais je suis plutôt d’accord avec vous sur ce point. Vous expliquez qu’ailleurs au Canada, les médecins voient plus de patients par jour qu’ici, mais vous omettez une partie importante de l’équation : les infirmières.

Nous manquons cruellement d’infirmières en première ligne, ce qui diminue nettement notre productivité. Je suis un médecin de famille qui travaille exclusivement en première ligne. Je fais partie de ces médecins qui ne sont pas assez disponibles pour prendre en charge de nouveaux patients et les rencontrer quand ils en ont besoin. Je fais partie du problème, c’est vrai. Pourtant, je termine régulièrement mes journées en constatant qu’une bonne partie de mon travail aurait pu être fait par une infirmière.

Ce sont parfois des actes infirmiers habituels : peser mes patients, prendre leur pression, les vacciner ou discuter d’arrêt tabagique. Et parfois, ce sont des actes qu’on pourrait très bien déléguer à une infirmière : faire le suivi d’en enfant en bonne santé, effectuer un test PAP chez une femme, demander les examens de dépistage sanguins ou une mammographie. Je perds un temps fou à remplir des formulaires d’examen et à vérifier des résultats qui sont le plus souvent normaux. Une infirmière à mes côtés qui s’occuperait de ces tâches me libérerait du temps pour voir de nouveaux patients.

Malheureusement, le gouvernement fournit actuellement aux Groupes de médecine familiale (GMF) l’équivalent d’une infirmière pour 6000 patients, avec un mandat très limité : assurer le suivi de quelques maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. C’est bien, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de nos besoins.

Dans une allocution récente au congrès de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Docteur Barrette, vous avez soutenu qu’il fallait donner plus de place aux infirmières dans notre réseau, et que vous alliez vous occuper de tasser le corps médical s’il le fallait. Bravo! Je me tasserai avec plaisir n’importe quand, encore faudrait-il qu’il y ait une infirmière pour prendre ma place! Était-ce des paroles en l’air pour plaire à l’assemblée ou passerez-vous véritablement à l’acte en intégrant plus d’infirmières dans les GMF ?

Docteur Barrette, je suis d’accord avec votre objectif, mais donnez-moi les moyens de l’atteindre. Fournissez-moi les services d’une infirmière qui verra mes patients bien portants, qui s’occupera du dépistage périodique et qui m’aidera dans mes tâches administratives. Je vous promets que je serai alors plus productif.

Cessez de parler de carottes et de bâtons. Mettez des roues sur la charrette! Ça avancera plus vite.

Le Dr Nicolas Trudeau est médecin de famille à Prévost

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