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LA SANTÉ EN MODE TÉLÉCOMMANDE

Le projet de loi 130* présenté par le ministre Gaétan Barrette a déjà créé des remous en menaçant encore une fois l’autonomie professionnelle des médecins et plus particulièrement ceux qui pratiquent en milieu hospitalier. S’il n’y a pas de mobilisation du milieu, cette loi, comme les précédentes, se retrouvera sous le contrôle à distance des manettes ministérielles.

La Cleveland Clinic, mon alma mater en chirurgie cardiaque, est un établissement à but non lucratif de renommée mondiale que le président Obama a reconnue comme le centre de santé américain le plus performant et à moindre coût. Le Dr Delos Cosgrove, éminent chirurgien cardiaque et chef du département, est devenu le Chief Executive Officer (CEO), équivalent chez nous du président-directeur général (PDG). Lorsqu’on lui a demandé de décrire son mode de gestion, il était fier de dire que l’administration et les médecins ne font qu’un, contrairement au modèle traditionnel où ils se comportent comme deux groupes différents. Les médecins sont des employés salariés de la clinique. Il n’y a pas de mesures incitatives pour augmenter la productivité, et la quantité des soins prodigués est déterminée par les besoins des patients dans un souci constant de la qualité. Le Dr Cosgrove ajoute que celui qui est à la barre doit être un médecin, considérant qu’il est plus facile pour un médecin de se familiariser avec la gestion que pour un gestionnaire de se familiariser avec la médecine.

Dans les hôpitaux québécois, les médecins ne sont pas des salariés, mais des travailleurs autonomes. Toutefois, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas aussi productifs puisqu’ils sont rémunérés en fonction des actes produits et ils ont tout avantage à travailler en collaboration étroite avec l’administration. S’il doit y avoir amélioration, c’est la culture organisationnelle qu’il faut ajuster, non pas imposer de l’extérieur des règles de pratique concoctées au ministère et télécommandées.

La mission hospitalière est d’abord médicale. Les médecins sont au sommet de l’équipe de soins, mais ils sont avant tout au service des patients. Par ailleurs, la complexité de la structure et de l’organisation exige un support administratif qui sera d’autant plus efficace si les deux groupes travaillent ensemble, en synergie et en complémentarité. Dans la structure actuelle, à l’intérieur d’un CISSS, d’un CIUSSS ou d’une institution non intégrée, le PDG devrait agir comme gestionnaire et, avec le soutien des médecins et des administrateurs, exercer son leadership en favorisant le travail d’équipe et en inculquant une vision institutionnelle dans le
long terme.

Qu’en est-il en ce qui concerne le ministère ? Le Dr Barrette impose son pouvoir sans s’assurer de la participation et de la collaboration du milieu, ce qui ne répond pas à la définition d’un bon leader. Selon Henry Mintzberg**, reconnu comme une sommité dans le domaine de la gestion, « Le leader montre la marche à suivre, il motive, il inspire et commande le respect. Le leadership est indissociable de la gestion. Le leadership n’est en somme qu’une saine gestion ».

Déjà le passage du « je » au « nous » du ministre ferait en sorte qu’il reconnaisse qu’il est dépendant des autres pour l’exécution des tâches. Par ailleurs, il serait impératif de connaître la position des gens du milieu sur le projet du ministre, comment eux voient-ils le problème et quelles sont les meilleures chances d’améliorer la productivité.

Gestionnaires, médecins et administrateurs pourraient faire front commun et donner le ton à une gestion ministérielle démocratique, mobilisatrice et sûrement plus efficace.

* Loi modifiant certaines dispositions relatives à l’organisation clinique et à la gestion des établissements de santé et de services sociaux.
** Henry Mintzberg (2010). Gérer (tout simplement). Les Éditions Transcontinental.

Léon Dontigny, M.D.

ACTUALITÉS
ÇA S’EST PASSÉ…
150e CONSEIL GÉNÉRAL DE L’AMC

L’Association médicale canadienne (AMC) a célébré son 150e conseil général à Québec, berceau de sa fondation, en 1867. Aujourd’hui constituée de 86 000 médecins canadiens de partout au pays, elle a élu le Dr Laurent Marcoux, ancien président de l’Association médicale du Québec, à la présidence de l’AMC pour l’année 2017-2018. Au cours de ces quatre jours riches en sujets, en échanges et en débats, différents médecins, médecins résidents et étudiants en médecine des quatre coins du Canada sont venus se prononcer sur les enjeux incontournables de la médecine canadienne contemporaine. Que ce soit la crise des opioïdes, la légalisation de la marijuana, les innovations médicales, la santé des médecins, la réforme fiscale ou le professionnalisme et l’autorégulation de la profession, ces journées ont permis aux médecins de prendre position sur l’état de leur profession et ce qui doit être fait dans les années à venir pour protéger la santé des populations canadiennes tout en protégeant la santé des médecins canadiens. Ateliers sur la résilience et la créativité avec des conférenciers hors pair, soirée magique de festivités au Musée national des beaux-arts du Québec… Ce 150e anniversaire n’aura certes pas passé inaperçu dans l’histoire de l’AMC. Les ministres de la Santé fédérale et provincial sont venus chacun y faire une allocution. D’ailleurs, madame Philpott, qui n’est désormais plus ministre fédérale de la Santé*, a pris le temps de s’asseoir pour une période de questions avec les résidents et étudiants en médecine. 

Le conseil général avait lieu immédiatement après la 5e Conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic (Preventing Overdiagnosis), dont l’Association médicale du Québec (AMQ) était l’hôtesse officielle cette année. Le surdiagnostic s’impose de plus en plus dans le discours public de nos gouvernements et dans le monde de la santé. Cette conférence internationale a donc permis à ses participants d’en apprendre davantage sur les façons, basées sur des données probantes, de prévenir le surdiagnostic et la surutilisation d’outils et de services médicaux. Un appel général à la responsabilisation fort apprécié des participants.

 

 

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