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S’INVESTIR ET INVESTIR EN SANTÉ

Sante Inc Mars AvrilTout a été dit sur le déficit d’engagement des médecins québécois, considérés comme faisant partie des mieux rémunérés au pays. L’accès aux soins demeure difficile, les médecins auraient trop de privilèges, et l’appât du gain serait en conflit d’intérêts avec leur mission de soigner.

Les spécialistes sont les grands gagnants des largesses du gouvernement, qui néglige d’autant les autres travailleurs de la santé. En retour, les médecins se font de plus en plus dominer par les administrations et le ministère, qui ont maintenant le gros bout du bâton pour les mettre au pas une fois pour toutes.

Ils ont toutefois une occasion en or de reprendre la place qui leur est due en s’engageant davantage à assainir le milieu de travail et améliorer la productivité, axée sur la qualité des soins.

Avec la somme généreusement accumulée, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) pourrait constituer un fonds consacré à l’amélioration du système que la majorité des membres financeraient, et encourager également des contributions sur une base volontaire qui donneraient droit à une déduction fiscale. Ainsi les 35 associations qui la composent devraient sortir de l’ombre et implanter des projets qui amélioreraient le fonctionnement de leur spécialité. Elles devraient aussi aller au-devant des médecins de famille pour s’arrimer avec eux et assurer la fluidité des consultations.

Il faudrait aussi valoriser et faciliter le travail des infirmières. Lorsque j’étais fellow dans le programme de chirurgie cardiothoracique de la Cleveland Clinic, une altercation est survenue entre une infirmière et un fellow. Cet incident a provoqué une rencontre d’urgence des fellows avec le chef du département. Son discours a été bref, incisif et sans appel. « La présence des infirmières est indispensable au maintien des activités de la clinique, et une pénurie serait catastrophique pour nos plans d’avenir. Dans un conflit entre fellow et infirmière, nous allons toujours avoir un avis favorable envers les infirmières, et la raison en est très simple : nous avons beaucoup de difficulté à recruter un nombre suffisant d’infirmières et nous devons aussi faire beaucoup d’efforts pour assurer la rétention de celles que nous avons recrutées, alors que nous avons une grande demande de la part des fellows, que nous pouvons recruter ou remplacer à volonté. » Une telle réaction peut nous paraître exagérée, mais elle témoigne d’une confiance et d’une solidarité indéfectibles envers de précieuses alliées.

Pour la Cleveland Clinic, dont le Dr Barrette s’inspire à l’occasion, le travail d’équipe est élevé au rang de véritable culture, dans un climat de travail où priment la qualité et la productivité. Il serait souhaitable de rétablir un rapport de force avec le ministre, qui devrait se faire rassembleur et soutenir les réalisations qui émergent du terrain.

Léon Dontigny, M.D.

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