Lire et relire

Avant tout, le respect des enfants

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Le Dr Gilles Julien n’a plus besoin de présentation. Le chantre de la pédiatrie sociale et fondateur de la Fondation du Dr Julien poursuit, depuis les années 1970, son combat auprès des enfants de quartiers défavorisés, particulièrement Hochelaga-Maisonneuve et Côte-des-Neiges. Et il fait des émules. En 2003, au centre Assistance aux enfants en difficulté, dans Hochelaga, il rencontre un jeune homme allumé, Francis Livernoche, qui, à son contact, décide de devenir médecin en pédiatrie sociale, lui aussi. Près de 20 ans plus tard, ils décident de parler de leur vision de la médecine, dans un échange épistolaire qui a donné l’ouvrage Le mentor et le jeune pédiatre.

L’idée de cet ouvrage vient du Dr Livernoche, qui exerce aujourd’hui à Sherbrooke. Au fil de leurs lettres, les deux médecins, allumés par la même passion, s’insurgent contre les inégalités sociales, écorchant au passage la politique de santé du Dr Gaétan Barrette et du système de santé déshumanisé actuel. Et si on connaît bien la Fondation du Dr Julien, on connaît moins son entreprise les Grands Amis, des bénévoles qui accompagnent un enfant sur le long terme. Cette expérience a beaucoup marqué Francis Livernoche, le mettant face à ses doutes.

Le duo aborde des thèmes tels que la politique, le monde des affaires et l’aliénation parentale. Pour les deux complices, il faut revenir aux bases : l’humanisme, l’écoute et le respect. « Changer le monde un enfant à la fois pour qu’eux changent le monde à leur tour », écrit le Dr Julien.

LE MENTOR ET LE JEUNE PÉDIATRE
Gilles Julien et Francis Livernoche, Stanké
Montréal, 2018
152 pages

L’homme qui marche

litterature-bernard-f1Dan Rubinstein marche. Il ne fait pas le tour du quartier après le souper. Il marche des heures. Des jours entiers. Il traverse le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, mettant un pied devant l’autre par plaisir, par besoin. D’ailleurs, c’est le titre de son livre : Un pied devant l’autre ou Comment survivre au 21e siècle grâce à la marche. Son ouvrage se divise en huit chapitres : le corps, l’esprit, la société, l’économie, la politique, la créativité, l’âme et la famille. Pour chacun, l’auteur parle de sa propre expérience et de celles d’autres marcheurs, mais, surtout, il fait la révision d’un nombre impressionnant d’études sur les bienfaits de la marche non seulement sur le corps, évidemment, mais sur toutes les activités de la vie. Dès le premier chapitre, Dan Rubinstein relate sa rencontre avec le Dr Stanley Vollant, Innu de Pessamit, premier chirurgien autochtone qui est revenu dans sa communauté après ses études en médecine. Cette rencontre s’avère surtout une occasion de souligner les statistiques effarantes sur la santé des Premières Nations. L’auteur suivra d’ailleurs les pas du Dr Vollant en empruntant le chemin Innu Meshkenu, un Compostelle québécois visant à redonner de l’espoir aux jeunes autochtones. Le constat est clair : on ne marche plus. Pourtant, le premier article scientifique sur les bienfaits de l’activité physique, signé Jerry Morris, date de 1953. Car Dan Rubinstein appuie ses dires sur une multitude de publications sur la santé. Il remonte jusqu’à Hippocrate qui, déjà quatre siècles avant Jésus-Christ, affirmait que la marche était le meilleur remède pour l’homme.

UN PIED DEVANT L’AUTRE
Dan Rubinstein Québec Amérique
Montréal, 2018
296 pages

Repenser l’infidélité

litterature-bernard-f2Psychothérapeute conjugale, la New-Yorkaise Esther Perel a commencé, il y a quelques années, à s’intéresser plus particulièrement à l’infidélité. Son ouvrage Je t’aime, je te trompe : Repenser l’infidélité pour réinventer le couple, sorti en 2017 en anglais sous l’original titre The State of Affairs : Rethinking Infidelity, a été traduit dans 24 pays. À travers non seulement de nombreux couples qu’elle a reçus dans son bureau, mais aussi de gens rencontrés de par le monde, elle pose un regard étonnant sur l’infidélité. Ce livre, annonce-t-elle en introduction, ne se veut pas une série de recommandations. Elle désire plutôt aider ceux qui sont confrontés à cette réalité. L’infidélité prend de nombreux visages : de la consommation de la pornographie, d’échanges soi-disant platoniques sur les réseaux sociaux, d’une passade ou encore d’une liaison qui peut durer des années. Et sa définition dépend de l’époque et des lieux, avance Esther Perel. Les raisons de l’infidélité s’avèrent également nombreuses : acte de résistance, lâcher-prise ou impression d’avoir trouvé l’amour en soi et en l’autre ? En fait, c’est toute l’idée de la famille traditionnelle qui est remise en cause lorsqu’un des deux partenaires trompe l’autre. Avec des exemples concrets, l’auteure démontre que vivre l’infidélité, que l’on soit le conjoint, la conjointe, l’amant ou la maîtresse, n’est jamais facile. Chaque couple vit l’infidélité de façon différente et la psychothérapeute cherche à donner un sens à ce geste fort de signification. Partir ou rester ? Chaque cas est différent. Une grande question demeure : mais pourquoi la trahison sexuelle fait-elle si mal ? Sans jugement, Esther Perel propose une réflexion qui dépasse largement l’infidélité, poussant à se pencher sur le couple sous différents angles.

JE T’AIME, JE TE TROMPE
Esther Perel, Robert Laffont
Paris, 2018
414 pages

 

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Sophie Bernard