Entre lacs et sommets

Il était une fois, au cœur de la Suisse alémanique, nichée entre deux lacs aux teintes d’émeraude, la jolie ville d’Interlaken. Portant jusqu’en 1891 le nom d’Aarmühle (littéralement moulin de l’Aar), Interlaken est séparée de sa commune voisine, Unterseen, par l’Aar, cet affluent turquoise de la rive gauche du Rhin long de 288 kilomètres qui traverse l’Oberland bernois et se jette dans les deux lacs de la région, les splendides lac de Brienz et lac de Thoune.

Très populaire pour ses panoramas, ses deux lacs et sa pléthore d’activités sportives et de plein air, et ce, tant en été qu’en hiver, la région d’Interlaken-Matten-Unterseen est indéniablement un petit paradis helvétique, où l’air est pur et où il fait bon vivre.

Premiers contacts

J’avais mis les pieds dans la région pour la première fois en 2013, au moment de prendre la route à vélo pour sillonner la Véloroute des Lacs – ou route 9 – jusqu’à Rapperswil-Jona, non loin de Zürich. Je me rappelais avoir alors trouvé les lieux à couper le souffle tant le lac de Thoune resplendissait. Je m’étais promis d’y revenir un jour.

Cette ambition s’est finalement concrétisée lorsqu’à la fin du mois de mai dernier, après être descendu d’un avion de la compagnie SWISS nous ayant mené sans escale de Montréal à Zürich, notre groupe de journalistes a pris le train pour Berne. En moins de deux, grâce au Swiss Travel Pass – qui permet à son détenteur d’aller partout en Suisse, que ce soit en train, en bateau, en bus ou en funiculaire, en plus d’avoir accès à d’innombrables attractions, musées et expositions –, nous sommes finalement arrivés, toujours par train, à Interlaken.

Une fois sur place, nous avons fait escale à l’hôtel Carlton-Europe, situé juste en face du superbe Linder Grand Hotel Beau Rivage. Fort jolies, les chambres du Carlton ont ce petit quelque chose d’à la fois rustique et soigné qui vous confirme que vous vous trouvez bel et bien en territoire suisse. En contemplant paresseusement les montagnes, assise sur le rebord de la fenêtre de ma chambre, j’ai vu (et entendu) défiler une joyeuse fanfare sur la rue Höheweg, devant l’hôtel. J’étais de retour en Suisse. Et j’en étais plus qu’heureuse.

S’émerveiller à Harder Kulm

Je descends rejoindre les autres pour l’heure du lunch. Nous boustifaillons gaiement avant de pouvoir chacun profiter d’un peu de temps pour soi. Je pique un roupillon, puis je propose un joyeux jogging à ma consœur et amie Marie-Ève, qui ne se fait pas prier après ces longues heures de voyagement.

Nous quittons l’hôtel avec une foulée des plus dynamiques, mais sommes rapidement interrompues par les panoramas d’Interlaken qui donnent notamment sur le trio mondialement célèbre, la Swiss Skyline, que constituent les monts Eiger, Mönch et Jungfrau.

Nous admirons les parapentistes qui atterrissent au beau milieu de l’immense terrain vert que nous longeons au pas de course. Nous nous arrêtons, photographions, filmons, courons encore un peu, nous arrêtons de nouveau. Bref, nous ne réussissons pas vraiment à garder un rythme cardiaque suffisamment élevé pour pouvoir qualifier notre activité d’après-midi de course à pied. C’est plutôt une séance d’ébaubissement complet agrémentée d’une prise de clichés aussi frénétique que celle des Asiatiques qui arrivent par bus entiers derrière nous.

Nous finissons toutefois par nous rappeler mutuellement à l’ordre et poursuivons notre course dans les charmantes rues d’Interlaken, avec l’envie de toujours nous rendre plus loin au détour d’une jolie maison en bois ici ou d’un drapeau rouge planté au loin, là-bas. Mais attention, en Suisse, on ne badine pas avec le temps. Ce n’est pas pour rien que les Suisses sont experts en montres. Ici, on gère les secondes de façon quasi militaire et on ne prend pas les minutes qui passent à la légère. Nous devons être à l’heure au lobby de l’hôtel afin de nous rendre à la terrasse Harder Kulm pour le repas du soir. C’est donc un peu à contrecœur que nous rebroussons chemin, toujours au pas de course, vers le Carlton. Après une douche rapide, nous descendons rejoindre le groupe. Fiou ! Nous sommes à l’heure.

Nous partons en direction du puissant funiculaire qui nous mènera en dix minutes à Harder Kulm, montagne tutélaire d’Interlaken, à 1322 mètres d’altitude. Harder Kulm nous permet de contempler Interlaken, le lac de Thoune, le lac de Brienz et la « sainte » trinité montagnarde qui surplombe la ville. La vue est tout simplement époustouflante. Les sommets sont enneigés, les lacs sont d’un bleu à rendre jalouse la mer des Caraïbes, et les géraniums et autres fleurs printanières embellissent la terrasse où l’on dégustera des mets typiquement suisses… et où la folie des hauteurs me gagnera à un point tel que je m’essaierai à pousser quelques notes dans un véritable cor des Alpes. Je vous épargne le type de « mélodie » qui en est ressorti. Je peux simplement vous dire que ce n’est pas demain la veille que je jouerai harmonieusement du cor des Alpes dans une publicité de Ricola.

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À vélo… avec Bosch!

Le lendemain matin, après un solide petit-déjeuner fait de birchermüesli, nous nous rendons à la petite échoppe de vélos Flying Wheels, où nous rencontrons Frank, le sympathique copropriétaire et fondateur de la boutique. Frank nous tend chacun un casque et nous assigne un vélo électrique Bosch. Oui, la même marque allemande qui construit vos lave-vaisselles et cuisinières dernier cri. Nous prenons la route tour à tour. Les vélos sont nerveux et réagissent au quart de tour. Les différentes vitesses permettent de pédaler avec ou sans assistance. On s’en donne à cœur joie dans les rues d’Interlaken et d’Unterseen, où on nous apprend ici et là l’histoire ayant opposé les habitants des deux communes à une lointaine époque.

Nous croisons évidemment vaches et chèvres broutant paisiblement au détour des pâturages entourant l’éblouissant lac de Thoune, sur lequel voguent des cygnes matinaux. Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans une ferme puis un marché libre-service, où nous goûtons à du lait tout ce qu’il y a de plus frais. Nous déambulons un peu le long de l’Aar et revenons à bon port à la boutique. Mordue de vélo, j’aurais pédalé davantage. C’est qu’on peut en faire de la route avec de l’assistance motorisée, et comme la Suisse est belle partout où on se trouve, on a toujours le goût de se rendre un peu plus loin. Mais le Schilthorn et James Bond nous attendent… et, comme vous le savez, on ne fait pas attendre le légendaire James Bond.

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La folie des grandeurs

Nous embarquons ensuite à bord d’un autre train pour nous rendre à Lauterbrunnen, une commune au sud d’Interlaken, de laquelle nous emprunterons trois téléphériques et funiculaires pendant 30 minutes afin de nous rendre au Schilthorn, un sommet situé à 2970 mètres d’altitude. Nous qui avions trouvé la terrasse du Harder Kulm plutôt haut perchée, ce n’était rien à côté du sommet complètement enneigé du Schilthorn, ni même de Birg et Allmendhubel, les deux « étages » au-dessous du Schilthorn, à 2677 et 1907 mètres d’altitude…

Le Schilthorn est bien connu pour avoir été un lieu de tournage de l’agent 007, dans le long-métrage Au service secret de Sa Majesté, avec George Lazenby, où Bond prend la place du généalogiste Sir Hilary Bray afin d’infiltrer la base ennemie, baptisée Piz Gloria. Depuis la sortie de ce film, un restaurant tournant du même nom trône au sommet du Schilthorn. On peut y visiter le Bond World, une exposition interactive qui vous emmène dans le monde de James Bond. On y apprend d’ailleurs moult détails inusités au sujet du tournage du film.

Nous sommes séduits par l’atmosphère hivernale qui règne au sommet du Schilthorn, même en cette fin du mois de mai. La neige et la glace nous entourent alors que quelques centaines de mètres plus bas, les pâturages sont pourtant bien verts, et l’air bien tiède. Tout au loin, on aperçoit encore la Swiss Skyline ainsi que le lac de Brienz, petite tache turquoise dans cette blanche fresque constituée d’un total de 200 sommets. La vue à partir du restaurant Piz Gloria est tout simplement inouïe. Nous sommes dans un autre monde. Celui des Alpes bernoises dans toute leur splendeur.

Après un lunch bien mérité, nous reprenons la route vers le funiculaire, qui nous fera descendre jusqu’au charmant village de Mürren, d’où nous partirons pour une joyeuse randonnée pédestre d’une heure jusqu’à Grütschalp avant de rentrer en funiculaire puis en train au Carlton Europe, affamés.

Fondre pour Interlaken

Une fois de retour, l’appétit creusé par tout ce grand air, c’est à la terrasse du restaurant Laterne d’Interlaken que nous sommes allés nous attabler une dernière fois dans ce havre de paix. Sur place, nous avons eu la joie de partager et savourer salades, rösti et fondues fromagères au champagne ou encore, à la poire William. Que de belles journées et soirées en bonne compagnie à Interlaken ! Il faut le dire sans ambages : on a fondu pour la fondue au champagne, mais on a aussi complètement fondu pour cette fantastique région de l’Oberland bernois. Les grandes villes suisses ont certes beaucoup d’attraits et de charmes, mais si on est plutôt du type à préférer le grand air et les activités sportives comme le vélo, le parapente, le kayak ou le rafting, Interlaken est un arrêt obligé d’un séjour en Helvétie.

Il s’agissait là pour moi d’un troisième voyage au pays de Heidi. Chaque fois, j’y découvre de nouveaux joyaux et des endroits que je n’imaginais pas possibles. Chaque fois, je suis toujours un peu plus éprise de ce pays où tout respire le bon goût, la gentillesse et le calme. Il faudra bien y retourner… surtout qu’il me reste le Tessin et la Suisse orientale à visiter. Ce sera pour une autre fois.

Nos bonnes adresses

Interlaken

Carlton-Europe

Lindner Grand Hotel Beau Rivage

Harder Kulm

Flying Wheels

Schilthorn

Restaurant Laterne (site en allemand)

SWISS

Swiss Travel System

SuisseMobile (SchweizMobil)

 

Ce voyage a été payé par Suisse Tourisme et la compagnie aérienne SWISS. Santé inc. tient à les remercier chaleureusement pour cette invitation, spécialement madame Ursula Beamish-Mader, gestionnaire des relations médias pour Suisse Tourisme, monsieur Pascal Prinz, directeur Canada de Suisse Tourisme et madame Nathalie Röthlin de Tourisme Interlaken.

Publié dans

Marie-Sophie L'Heureux

Marie-Sophie L'Heureux est la rédactrice en chef et éditrice du magazine Santé inc. Elle est également collaboratrice santé à la radio d'ICI Radio-Canada, critique gastronomique au Guide restos Voir et journaliste voyage pour d'autres médias.