Un DSE portable ?

Toujours à l’affût de nouveautés qui faciliteront la vie des médecins et de leurs équipes, nous avons parlé au Dr Luc Bessette, cofondateur de DSE Portable, une application d’échanges électroniques sécurisés.

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SANTÉ INC. : VOUS AVEZ TRAVAILLÉ À CONCEVOIR L’APPLICATION MOBILE DSE PORTABLE. D’OÙ VOUS EST VENUE L’IDÉE DE CE PROJET ?

Luc Bessette : Dans la clinique où je pratique, on appelle tous nos patients après les tests, qu’ils soient normaux ou anormaux. Chaque fois qu’on reçoit des résultats de laboratoire, ils sont annotés dans le dossier médical électronique par le médecin. Ce dernier envoie, par courrier interne, un message à une infirmière afin qu’elle contacte le patient et l’informe des résultats de ses tests. Une fois sur deux, l’infirmière tombe sur une boîte vocale et laisse un message. Le patient doit donc rappeler à la clinique, où une réceptionniste retransmet l’appel à une infirmière, qui n’est pas toujours disponible pour y répondre. Il y a donc un chassé-croisé téléphonique qui fait perdre beaucoup de temps, mais c’est important de le faire pour permettre au patient de connaître ses résultats de laboratoire. À l’occasion, les patients acceptent de recevoir l’information par courriel, mais comme ce n’est pas très sécuritaire, on doit obtenir une décharge de responsabilité s’ils assument le risque. Évidemment, on doit communiquer les résultats de la façon la plus confidentielle possible, surtout en ce qui concerne le dépistage d’infections transmises sexuellement.

On s’est dit qu’on pouvait faire mieux et être plus efficaces. On a donc cherché une méthode mobile, électronique, rapide, qui permettrait de transmettre l’information au patient de façon sécuritaire, sans avoir à passer par tout le processus téléphonique. Les domaines de l’informatisation en santé et des outils d’aide à la décision pour les médecins m’ont toujours beaucoup intéressé. À la clinique, on a enga-gé un ingénieur logiciel, qui a étudié nos processus, et on a conçu cette infrastructure.

S.I. : COMMENT DSE PORTABLE FONCTIONNE-T-IL ?
L.B. : Prenons l’exemple d’un patient qui vient nous voir pour passer des tests de dépistage d’infections transmises sexuellement. On ouvre son dossier en y indiquant ses renseignements (nom, numéro de téléphone, adresse courriel, etc.) et on peut lui demander s’il souhaite obtenir l’application. Un courriel peut être envoyé directement au téléphone de ce patient via une tablette qu’on a à la réception. Le patient reçoit le lien pour aller télécharger l’application dans l’App Store ou dans Google Play. En moins de deux minutes, il peut installer l’application, ce qui va lier son dossier électronique, l’application mobile et le téléphone. Ainsi, une notification peut être envoyée au téléphone du patient lorsque la clinique veut entrer en contact avec lui. Le patient peut alors s’identifier (à l’aide d’un mot de passe ou d’une empreinte digitale) pour avoir accès à ses résultats et aux documents PDF du laboratoire. De son côté, la clinique reçoit une notification au dossier médical indiquant la date et l’heure à laquelle le patient a pris connaissance de l’information. Lorsque le patient sort de l’application ou si l’application se met en mode veille, l’information disparaît. S’il souhaite revoir l’information, il devra s’identifier encore une fois. C’est donc l’équivalent d’un Snapchat, en ce sens que l’information est éphémère. Ce qu’on envoie au cellulaire du patient, ce n’est pas l’information elle-même, mais bien un accès à l’information via un canal dédié qui est sécurisé et crypté. D’ailleurs, toutes les objections qu’avait le Collège des médecins concernant la transmission électro-nique de résultats médicaux ont été levées pour ce qui est de notre application, puisque notre technologie à point est un mode de transmission sécuritaire, confidentiel et journalisé.

S.I. : C’EST TRÈS INTÉRESSANT POUR LE PATIENT. QUELS SONT LES AVANTAGES POUR LES ÉQUIPES MÉDICALES ?

L.B. : Un des avantages d’opération pour les administrateurs de cliniques, c’est qu’ils peuvent gagner beaucoup de temps au téléphone pour la transmission des résultats. Si on facilite la communication patient-médecin et qu’on arrive à la rendre moins onéreuse, elle risque de se faire beaucoup mieux. Un autre élément important, c’est aussi que toute communication effectuée sera journalisée et il y aura toujours une confirmation de la réception de l’information par le patient. C’est donc indiqué au dossier électronique et on ne peut nier le moment où ç’a été transmis et reçu, ce qui est très important pour l’aspect médico-légal. D’ailleurs, une des premières causes de poursuites en responsabilité médicale au Canada, ce sont les tests anormaux qui ne sont pas communiqués ou encore, les tests dont la communication des résultats est impossible à prouver.

S.I. : L’APPLICATION N’EST PAS ENCORE COMMERCIALISÉE À GRANDE ÉCHELLE. OÙ EN ÊTES-VOUS ?
L.B. : À la clinique, on a déjà fait des tests, et les patients semblent satisfaits.
On est en discussion avec des fournisseurs de logiciels pour implanter l’application et la déployer auprès de notre clientèle. Le projet en est à sa phase de précommercialisation, et la commercialisation se fera au cours de 2019. La date de lancement de même que le prix de l’application seront annoncés prochainement. On évalue que les frais associés à l’application se situeront dans la moyenne des applications semblables pour les gestionnaires (sans frais pour le patient). Il faut souligner que les gestionnaires seront gagnants puisqu’ils gagneront du temps rémunéré tout en offrant une plus grande sécurité. Nous croyons que c’est une technologie porteuse qui peut avoir un avenir intéressant.

Détails : portableehr.com

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Myriam Kessiby

Myriam Kessiby est entrepreneure en création de contenu, incluant de la production écrite, audio et vidéo. Elle rédige pour différents médias et est membre de l’Association des Communicateurs scientifiques du Québec.