Moi, mon conseiller…

L’an passé, pour la première fois de sa carrière, la superstar des Capitals de Washington, Alex Ovechkin, a soulevé la coupe Stanley et remporté le trophée Conn Smythe, remis au joueur qui a été le plus utile à son équipe pendant les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey. Or,  le débat a été relancé quant à savoir qui était le meilleur joueur : Alex Ovechkin ou Sidney Crosby, la vedette des Penguins de Pittsburgh ?

Pour y répondre, plusieurs se pencheront uniquement sur le nombre de points amassés en carrière. À ce chapitre, le joueur russe a l’avantage. Toutefois, l’analyse ne devrait pas s’arrêter là. D’une part, il convient ici d’examiner la qualité de leur jeu défensif. Pour ce faire, le différentiel plus-moins (+/-) est une statistique fort utile : c’est l’écart qui existe entre les buts inscrits par l’équipe d’un joueur et ceux marqués par l’équipe adverse lorsque ce joueur était sur la patinoire. À cet égard, Sidney Crosby est nettement supérieur. D’autre part, il est essentiel d’évaluer l’impact de ces deux athlètes sur la performance de leur équipe. Jusqu’à présent, Sidney Crosby a remporté trois coupes Stanley et récolté deux médailles d’or lors de Jeux olympiques, ce que n’a pas fait Ovechkin.

Finalement, nous sommes d’avis que Sidney Crosby est un meilleur joueur qu’Alex Ovechkin, car il est un athlète plus complet. Nous pouvons tirer des leçons de cette analyse pour évaluer le travail d’un conseiller financier.

La gestion du risque

À la bourse, l’accent est souvent mis sur la quête de rendement. Pour y arriver, nous consultons les recommandations des analystes financiers, nous comparons la performance des fonds communs de placement, nous recherchons les occasions dans les différents médias (journaux, radio, télévision, sites Web spécialisés en finance) et nous demandons l’opinion de notre conseiller financier et des tuyaux à nos amis. Peu importe la source d’information : l’objectif est de dénicher le prochain investissement prometteur.

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Cependant, le rendement n’est qu’une partie de l’équation. On doit aussi tenir compte de la notion de risque. Par exemple, il est essentiel de connaître la variabilité historique des actions à l’étude, de revoir continuellement les divers types de scénarios (optimiste, réaliste, pessimiste) pour nos placements et de diminuer les investissements à caractère spéculatif. Comme le différentiel plus-moins (+/-) au hockey, l’évaluation d’un actif doit tenir compte de sa contribution au portefeuille sur les plans offensif (rendement espéré) et défensif (risque). D’après nous, cet aspect est l’un des éléments distinctifs d’un bon conseiller financier.

Le ratio de Sharpe permet de mesurer la relation rendement-risque, c’est-à-dire la performance d’un portefeuille en fonction de ses variations de rendement. Une lecture poussée et supérieure à celle d’un indice de référence comme le S&P 500 ou le S&P/TSX indique que le rendement obtenu n’est pas le fruit d’une prise de risque accru, mais bien d’un processus de sélection de titres très efficace.

Maintenant, qu’en est-il du gamma ?

En 2013, David Blanchett, directeur de la recherche chez Morningstar, a introduit le concept de gamma, une mesure visant à quantifier la valeur ajoutée d’un conseiller financier par l’entremise de stratégies de planification financière qui touchent particulièrement les placements, les aspects juridiques, les finances personnelles, la fiscalité, la retraite, la succession et les assurances. Selon lui, une planification financière rigoureuse permet à l’investisseur de hausser son rendement annuel moyen de 1,59 %(1).

« Les gens veulent maintenant parler de gestion de patrimoine, c’est-à-dire non seulement couvrir la gestion de l’investissement, mais aussi les sept champs de la planification financière. »

– La Presse+, mai 2013

Grâce à un processus continu et interactif qui comprend notamment une évaluation de la situation financière actuelle, l’établissement des besoins et des priorités pour l’atteinte des objectifs financiers, un examen régulier des progrès réalisés et une réévaluation des stratégies lorsque les conditions le justifient, l’investisseur peut bénéficier d’une expertise qui est profitable, et ce, peu importe le rendement offert par la gestion de portefeuille.

Un peu à l’image de Sidney Crosby et de ses nombreux trophées, un conseiller financier compétent apportera une contribution qui va au-delà de la notion de rendement-risque. En offrant une démarche de gestion de patrimoine intégrée et structurée avec l’aide de précieux collaborateurs tels que des avocats, des comptables, des notaires et des fiscalistes, il fera vivre à son client une expérience financière à la hauteur de ses attentes.

Que ce soit dans le monde du hockey ou de la finance, nous avons tendance à privilégier uniquement la performance passée et à négliger l’étude d’autres importants facteurs. En agissant ainsi, nous allégeons notre processus décisionnel et nous préservons notre énergie, car c’est le résultat qui compte. C’est ce qu’on appelle le biais de résultat. Le but ultime est plutôt de trouver un conseiller financier « complet » qui maximisera le rendement-risque tout en portant une attention particulière à la notion de gamma. Agir de la sorte est en général fort avantageux !

RÉFÉRENCE

  1. Rudy Luukko (2016, 8 décembre). Les conseils ont un prix, mais quelle en est la valeur ? Les Affaires.

 

Publié dans

Jonathan Bolduc et Daniel Ouellet

Groupe Ouellet Bolduc