Sortir des sentiers boursiers

Dans le monde des placements, plusieurs voies s’offrent aux investisseurs pour atteindre leurs objectifs financiers. Les placements privés, jusqu’à récemment réservés aux investisseurs institutionnels comme les grandes caisses de retraite et les fondations, se font aujourd’hui plus accessibles aux particuliers. Mais qui dit placements privés dit placements en dehors des marchés publics. Ne devrait pas entrer qui veut dans la cour des grands : seuls les investisseurs fortunés et bien renseignés devraient songer à s’y aventurer.

Les placements privés : une piste encore largement inexplorée

Les placements privés font partie de ce qu’on appelle les placements non traditionnels ou « alternatifs », soit un ensemble diversifié de stratégies et d’actifs dont les caractéristiques de risque et de rendement diffèrent de celles des placements traditionnels comme les valeurs mobilières cotées en bourse. Les placements non traditionnels ont une corrélation plus faible avec les actions et les obligations, c’est-à-dire qu’ils ne réagissent pas de la même façon quand surviennent des changements dans le contexte économique et sur les marchés. Ils peuvent donc contribuer à une meilleure diversification du portefeuille.

Au cours des dernières années, la faiblesse persistante des taux d’intérêt a amené les investisseurs à rechercher des possibilités de placement susceptibles de leur procurer de meilleurs rendements que les actifs traditionnels. L’intégration de placements privés dans leur portefeuille, notamment sous forme de capital-investissement et de placements immobiliers, peut faire partie de la solution.

Le capital-investissement par l’entremise d’un fonds

Le capital-investissement consiste à investir dans des sociétés qui ne sont pas cotées en bourse, des sociétés dites « fermées » ou « privées ». Comme elles ne vendent pas d’actions au public, elles doivent trouver du financement ailleurs.

Pour le particulier, le moyen le plus facile d’investir dans ces sociétés est d’acheter des parts de fonds qui y investissent eux-mêmes. Les fonds de capital-investissement investissent dans différents types de sociétés fermées. Il peut s’agir de jeunes pousses en quête de capital de risque, de sociétés matures souhaitant financer leur expansion ou d’entreprises en difficulté à la recherche de capital de restructuration. L’objectif ultime d’un fonds de capital-investissement est d’amener un changement positif dans les entreprises et de créer de la valeur à long terme.

L’immobilier, sans les responsabilités

Une des façons d’investir dans l’immobilier est d’acheter une propriété dans le but de la louer ou d’en louer les logements et d’en tirer un revenu sous forme de loyers. Mais les frais élevés associés à un immeuble à revenus et le temps qu’exige sa gestion risquent d’en décourager plus d’un.

Vous pouvez aussi acheter des parts de fonds ou d’autres produits qui procurent une exposition au secteur immobilier. Certains de ces fonds sont offerts en dehors des marchés publics. Ils investissent directement, ou par l’intermédiaire d’autres fonds, dans différents types de biens immobiliers, comme des immeubles de bureaux, des immeubles résidentiels, commerciaux et industriels ou des hôtels. Le portefeuille immobilier peut compter des propriétés dans plusieurs régions du monde. L’argent que vous investissez permet de réaliser des stratégies à long terme. Il peut s’agir, par exemple, d’acheter un immeuble de bureaux en partie inoccupé pour le remettre en valeur et en tirer un profit à la revente. Un peu comme un flip de maison.

Qu’est-ce qu’on y gagne ?

Les sociétés ou les actifs immobiliers dans lesquels investissent les fonds ne sont pas cotés ou négociés en bourse. Les gestionnaires de ces actifs n’ont pas la pression de devoir satisfaire à court terme des actionnaires, comme c’est le cas pour les titres publics. Ils ont davantage de liberté pour mettre en œuvre des stratégies de longue haleine qui ont le potentiel de générer de meilleurs rendements.

Par ailleurs, le capital-investissement et l’immobilier ont une faible corrélation avec les traditionnelles actions et obligations. En intégrant dans son portefeuille des placements privés de cette nature, l’investisseur peut tirer avantage d’une meilleure diversification et augmenter ses chances d’obtenir des rendements plus élevés à long terme.

Une option qui mérite réflexion

Avant de vous aventurer dans l’univers des placements privés, prenez le temps de bien vous renseigner sur les particularités et les risques de ces types de fonds.

Tout d’abord, il faut savoir que les placements privés ne sont pas soumis à des règles aussi rigoureuses que les titres cotés en bourse en ce qui concerne l’information à fournir aux investisseurs. On n’exige pas de prospectus par exemple. Pour cette raison, l’information sur les entreprises, leurs activités et les rendements peut être plus difficile à obtenir.

Ensuite, les fonds de placements privés exigent un investissement minimal qui peut être considérable et ne sont ouverts aux investisseurs que pendant un temps limité. Passé cette période, ils n’acceptent plus de nouveaux protagonistes.

Qui plus est, ces fonds ne sont en général offerts qu’aux investisseurs « qualifiés », qui disposent de revenus nettement supérieurs à la moyenne ou d’actifs importants. Au Canada, vous devez répondre à l’un des critères suivants :

  • avoir touché un revenu annuel net avant impôt de plus de 200 000 $ (ou de 300 000 $ s’il est combiné avec celui de votre conjoint) au cours des deux années civiles ;
  • détenir des actifs financiers de plus de 1 000 000 $, déduction faite des dettes, seul ou avec votre conjoint ;
  • posséder des actifs nets d’au moins 5 000 000 $, seul ou avec votre conjoint.

Vous devez aussi avoir les moyens… d’être patient. Les fonds de placements privés imposent une période de détention pouvant aller de sept à dix ans, voire davantage, afin d’assurer le financement des stratégies qui sont mises en œuvre. Il est pratiquement impossible pour l’investisseur de retirer son avoir avant la fin de cette période. C’est un placement très peu liquide qui convient à celui qui accepte de s’engager pour plusieurs années dans l’espoir d’en tirer de meilleurs rendements.

Sachez également que les fonds de placements privés comportent d’autres risques que ceux des fonds de valeurs mobilières négociées sur les marchés publics, notamment :

  • Ces fonds sont de nature spéculative, ce qui augmente le risque de pertes ;
  • Leur rendement est volatil, et l’emprunt de capitaux pour financer des investissements peut accroître la volatilité ;
  • L’actif d’un fonds de placements privés est souvent moins diversifié, d’où le risque de concentration ;
  • Il n’existe pas de marché secondaire où négocier ce type de placements, comme c’est le cas pour les valeurs mobilières traditionnelles ;
  • L’encadrement réglementaire n’est pas aussi rigoureux.

Ajoutons que les placements privés en immobilier, quant à eux, sont également sensibles à plusieurs facteurs, comme la variation de la valeur des propriétés, l’impôt foncier, les taux d’intérêt, l’offre et la demande, le risque de crédit et les exigences fiscales et réglementaires. La compétence des gestionnaires influe aussi sur la performance de ces fonds. La prudence est donc de rigueur.

En résumé, si vous avez du temps devant vous, de bonnes connaissances en placement et l’envie de vous lancer hors des sentiers battus, les placements privés pourraient constituer un ajout intéressant à votre portefeuille. Une analyse de votre situation financière et personnelle vous indiquera si vous avez ce qu’il faut pour faire une incursion dans cet univers.

Notes:

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Publié dans

Yann Bussières et Michel St-Laurent

Yann Bussières, CIM, FCSI, Pl. Fin. Michel St-Laurent, CFA, CAIA Gestion financière MD