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Des nectars bien conservés

Le vin est une industrie bien particulière où le phénomène « je sais tout » n’arrive jamais. Même pas sur le tard d’une carrière dynamique. Entre nouveaux vignerons, nouvelles technologies et modes, le sommelier alimente son palais. L’ensemble de ces joyeux moments lui permet de conseiller au quotidien. Lorsque vient le moment d’acquérir un espace cellier, le sommelier s’informe auprès de professionnels qualifiés. C’est que du cep à la table s’enchaînent un tas de passionnés aux compétences différentes, certes, mais complémentaires. Le vin en attente d’un pop ! impose plusieurs exigences à celui qui souhaite optimiser sa conservation, voire son vieillissement. Si vous constatez l’accumulation de boîtes de vin dans votre sous-sol, et une présence régulière de jus de raisin fermenté dans votre frigo — hormis la bouteille involontairement oubliée —, il devient pertinent de zieuter les possibilités de rangement adéquat. À ce sujet, voici quelques points à considérer en amont du projet, les tendances actuelles et quelques outils pratiques dans la quête du parfait cellier.

 

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L’aménagement d’un espace voué à ses précieuses bouteilles est un projet qui doit être réfléchi. Jérôme Boivin, gérant de la boutique Vinum Design Montréal, énumère quelques conseils avant de jeter votre dévolu sur le premier cellier préfabriqué qui vous tape dans l’œil. Il importe, entre autres, de se questionner par rapport à l’espace qui lui est destiné, votre budget, vos attentes et vos habitudes d’achat. Et ces bouteilles, vous souhaitez les conserver longtemps ? Pour ce qui est de la capacité, il est conseillé de prévoir un espace plus grand que vos besoins actuels. De l’ordre de 20 %, le petit plus permettra d’accueillir les achats enthousiastes. Dans le même ordre d’idées, n’oubliez pas quelques espaces pour le rangement des magnums (1,5 L) et des jéroboams (3 L) ! Loin de moi l’idée de vous inciter à la consommation, mais en plus de leur caractère festif, ces formats peuvent s’avérer judicieux lors d’événements rassembleurs.

À l’instar des penderies, les celliers sont en éternelle évolution de style. Monsieur Boivin retient l’engouement actuel pour les espaces vitrés. Les portes dites sur glace d’un cellier préfabriqué, par exemple, présentent un léger cadre noir derrière la vitre. Maintenant offert chez presque tous les fabricants, ce choix esthétique transforme l’ensemble des bouteilles en véritable œuvre artistique.
À chacun son musée ! La boutique Vinum Design remarque aussi la demande récurrente d’un espace vin dans les condos. Loin des caves de nos grands-parents, où les araignées et la poussière étaient aussi maîtresses des lieux, le sur-mesure devient un choix intéressant lorsque les contraintes de dimensions s’immiscent dans les plans. Le déménagement d’une maison à un condo peut représenter une perte d’espace considérable pour la collection de bouteilles. Rencontrer des professionnels qualifiés permet alors d’optimiser l’espace sans négliger les vins. Côté matériaux, le bois, l’acrylique et l’acier noir mat sont parmi les plus populaires.

L’acquisition d’un cellier implique un système de refroidissement conçu pour stabiliser la température. Celui-ci sera idéalement efficient, fiable, pas trop gros, ni trop bruyant. À ce sujet, méfiez-vous de certaines promotions attrayantes étalant des systèmes de réfrigération à la garantie incertaine.

Au Québec, l’entreprise trifluvienne The Wine Square propose le Système Cube. Fabriqué avec trois modules interconnectés formant un circuit fermé, il est exempt de compresseur et sans gaz réfrigérant. Spécialement conçu pour la conservation des vins destinés à la garde, il garantit un très haut niveau de protection et un design moderne.

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Une fois votre projet cellier réalisé s’amorce le fameux rangement des bouteilles. Petit moment d’euphorie chez les uns et d’exaspération chez les autres, le classement évite des pertes de temps considérables. Application pour y voir plus clair, Alfred est un véritable terrain de jeu pour œnophile averti. Elle permet, entre autres, de constituer et de modifier votre inventaire de cave, de connaître sa valeur marchande (possibilité de produire un certificat pour votre assurance), et elle fournit la plage optimale de dégustation (POD) de vos vins. L’application, conçue par la société québécoise Celliers Intelligents, présente aussi un marché accrédité pour vendre du vin entre particu-liers de façon légale. Quant aux accords mets et vins, les conseils personnalisés d’un sommelier permettent d’ouvrir les bouteilles qui correspondent le mieux aux mets à déguster. Ce logiciel étonnant de commodités est offert via l’App Store et Google Play. Psitt ! Loin du confort de votre foyer, vous pourrez contrôler à distance votre Système Cube via Alfred.

Tout comme celui qui, confiant, acquiert le nouveau téléphone frappé d’une pomme sans prendre soin de le munir d’une coque protectrice, vos investissements millésimés peuvent se révéler vulnérables en cas d’entreposage négligé. L’achat d’un cellier, qu’il soit préfabriqué ou construit sur mesure, nécessite une réflexion. En plus des tendances actuelles, certains outils servent d’accompagnateur efficace au quotidien. Au Québec, les œnophiles sont particulièrement sensibles aux températures de service et à l’aération du vin avant une dégustation. Ces bases solides vis-à-vis du bien boire – et les outils made in Quebec – témoignent d’une réelle curiosité pour la culture du vin. Un rapport au vin qui, bien que profondément différent de celui observé en Europe, se veut rempli d’amour pour les bouteilles qu’on souhaite oublier pour mieux conserver, celles à offrir en vue d’une majorité imminente ou celles encore qui s’avèrent les pop ! du quotidien.

LES SUGGESTIONS DE JESSICA

Hermitage blanc, Chante-Alouette, Chapoutier, 2016
[CODE SAQ 12884499 PRIX 90$]

Ce 100 % marsanne issu du Rhône septentrional étonne. Dans le verre, la complexité des arômes invite à humer longtemps ; cire d’abeille, miel, acacia et camomille jouent du coude. En bouche, le vin est tout simplement gracieux. Entre amplitude et finesse, une pointe de tension supporte l’ensemble. Taillé pour les grandes occasions, il accompagnera joliment un risotto à la truffe. Ce champignon souterrain ne vous fait pas frétiller ? Optez pour des pilons de poulet marinés au cari. Le résultat sera tout aussi bluffant.

Bugey Cerdon, Renardat-Fâche [CODE SAQ 12477543 PRIX 24,85$]

Le Cerdon est un original effervescent de la région du Bugey (France), situé entre Genève et Lyon. Coup de cœur pour celui-ci, composé de 70 % de gamay et de 30 % de… poulsard ! Il charme par des arômes affriolants de fruits rouges. En bouche, mousse fine, fraîcheur et sucre discret donnent le ton. Entre brunch et desserts, il agrémentera avec brio une salade de fraises fraîches. Dans tous les cas, lésinez sur le sucre, qui masquerait alors le précieux liquide.

Margaux, Château Siran Cru Bourgeois, 2014
[CODE SAQ 13368074 PRIX 47,75$]

Niché dans le Médoc, le margaux du Château Siran séduit dès sa prime jeunesse. Caractérisé par son assemblage de merlot (cabernet-sauvignon et petit verdot s’y allient), le vin sent bon le cassis, la mûre et la réglisse. En bouche, il est concentré et énergique. Les tanins élégants contribuent à cet effet velours qui lui est souvent attribué. La finale légèrement épicée (apportée par le cépage petit verdot) en fait un bon compagnon de tournedos Rossini. Si votre espace le permet, oubliez volontairement ce rouge pendant quelques années. L’évolution des arômes illustrera la complexité de ce grand classique.

 

Publié dans

Jessica Ouellet

Sommelière et blogueuse vins (Le Cellier de Jess).
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