Génération sandwich

ENTRE PARENTS ET ENFANTS : UNE GÉNÉRATION QUI EN A LOURD À PORTER

Le diagnostic est tombé récemment : le père de Louis (1), Gilles, est atteint de la maladie d’Alzheimer. Louis s’en doutait depuis un certain temps, mais le choc n’en demeure pas moins difficile à encaisser. Tristesse, inquiétude, colère : les émotions se bousculent. Médecin de famille, Louis est bien placé pour savoir ce qui attend son père au cours des prochaines années. Mais il sera là pour lui, pour l’aider et l’accompagner, tout en poursuivant sa carrière et en veillant au bien-être de sa famille. Louis et sa conjointe, Susan, enseignante, sont désormais membres de la génération sandwich, prise entre les besoins de leurs enfants pas encore tout à fait adultes et les soins à prodiguer à leurs parents vieillissants en perte d’autonomie.

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Selon Statistique Canada (2), en 2012, on estimait à plus de huit millions le nombre d’aidants familiaux au Canada, soit 28 % de la population âgée de 15 ans et plus. La plupart d’entre eux se situaient dans la tranche d’âge de 45 à 64 ans, et 28 % avaient des enfants de moins de 18 ans. Compte tenu du vieillissement de la population, de l’augmentation de l’espérance de vie et de l’arrivée plus tardive des enfants au sein de la famille, la probabilité de se retrouver « pris en sandwich » va en s’accroissant. Prendre soin d’un proche malade quand on est soi-même parent peut devenir émotionnellement éprouvant, mais aussi financièrement exigeant.

DES PRESSIONS FINANCIÈRES DE TOUS CÔTÉS

Pour Louis et Susan, l’heure est au questionnement. Tous les deux ont la mi-cinquantaine. Jonglant avec leurs obligations professionnelles et leurs responsabilités familiales, ils ont mis en veilleuse certains de leurs projets, eux qui rêvaient de prendre une retraite anticipée pour voyager. Ils se demandent aujourd’hui si c’est encore possible.

Alors qu’ils sont dans une période où ils devraient épargner au maximum pour la retraite, Louis et Susan paient de leur poche les études de leur fille Julianne, 25 ans, qui termine sa première année de médecine à Boston. Le couple aide aussi financièrement son fils de 23 ans, William, qui a dû abandonner l’université lorsqu’il est soudainement devenu père à 19 ans. Ces dernières années, Susan a diminué ses heures de travail pour s’occuper de son petit-fils, Félix, accusant du même coup une baisse de revenus.

L’état de santé du père de Louis vient maintenant ajouter aux pressions financières du couple. Gilles a exprimé le souhait de demeurer le plus longtemps possible dans la maison où il a élevé sa famille, mais ses modestes revenus ne suffiront pas à couvrir les soins à domicile. Soucieux de respecter la volonté de son père, Louis entend l’aider financièrement.

Cette nouvelle variable amène Louis et Susan à repenser leur avenir financier, en tenant compte désormais des besoins de trois générations.

UNE PLANIFICATION TRIDIMENSIONNELLE

La situation du couple n’a rien d’exceptionnel. Pour la génération sandwich, choisir entre la retraite, les études des enfants et l’aide aux parents peut être déchirant. À défaut de disposer de moyens illimités, il faut établir ses priorités et souvent se résoudre à faire quelques compromis.

La personne prise dans ce sandwich aurait avantage à prioriser son épargne-retraite. Il peut être tentant de gruger son capital retraite pour subvenir aux besoins de ses parents et de ses enfants, mais ce faisant, elle met une croix sur la croissance de ses placements à l’abri de l’impôt. Elle risque de mettre en péril sa propre retraite et d’en transférer la facture à sa progéniture.

En ce qui a trait au financement des études postsecondaires des enfants, commencer tôt à cotiser à un régime enregistré d’épargne-études (REEE) et continuer jusqu’à ce qu’ils aient 17 ans peut donner un excellent coup de pouce. Aux cotisations du souscripteur (p. ex., le parent ou un des grands-parents) viennent s’ajouter les subventions gouvernementales fédérale et provinciale. Le capital ainsi investi et les subventions fructifient à l’abri de l’impôt. Au moment d’entreprendre un programme admissible d’études postsecondaires, l’enfant reçoit des paiements d’aide aux études. Les parents ont alors plus de marge de manœuvre pour venir en aide à leurs propres parents en perte d’autonomie.

Pour l’aidant familial, les soins prodigués à un proche peuvent s’avérer très coûteux. Fournitures, appareils spécialisés, transport, soins à domicile, hébergement en établissement de soins de longue durée… La facture grimpe vite. Et c’est sans compter les heures de travail perdues qui entraînent bien souvent une baisse de revenus. Pour éviter de sombrer dans un gouffre financier, le secret réside dans la planification. Mais il faut, pour ce faire, avoir l’heure juste dès le départ.

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UNE CONVERSATION FRANCHE

Les finances sont un sujet parfois délicat à aborder avec ses parents. Or parler avec eux de leur situation financière le plus tôt possible, pendant qu’ils sont encore autonomes, permet de cerner d’éventuels écarts entre l’avenir dont ils rêvent et les moyens dont ils disposent. Leurs revenus et leurs actifs leur permettront-ils de subvenir à leurs besoins pendant toute la durée de leur retraite ? Qu’ont-ils prévu si l’un d’eux a besoin de soins à long terme ? Ont-ils souscrit une assurance à cet effet ? L’assurance de soins de longue durée, par exemple, permet au bénéficiaire en perte d’autonomie de toucher des prestations s’il a besoin de soins à domicile ou dans un centre de traitement spécialisé. Bien que coûteuse, cette option mérite d’être considérée.

UNE HISTOIRE QUI FINIT BIEN

Dans les semaines qui suivent l’annonce du diagnostic, Louis découvre que son père a souscrit il y a quelques années une assurance de soins longue durée qui permettra de couvrir une partie des frais de son maintien à domicile, comme il le souhaitait. La facture sera donc moins salée qu’il le craignait. Avec leur planificateur financier, Louis et Susan mettent aussi en place quelques stratégies qui, finalement, leur permettront de prendre comme prévu une retraite anticipée, quitte à échanger quelques-uns de leurs voyages contre du temps passé auprès de Félix.

NOTE ET RÉFÉRENCE

  1. Cette étude de cas fictive vous est communiquée à titre d’illustration seulement et ne représente la situation d’aucun véritable client. Toute ressemblance avec une situation réelle serait purement fortuite.
  2. SINHA, M. (2013). Portrait des aidants familiaux, 2012, produit no 89-652-X au catalogue de Statistique Canada.

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Publié dans

Angelo Shousha