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Lire et relire

Dans chaque numéro, découvrez les bonnes lectures qu’a dénichées notre journaliste, que ce soit pour décrocher du travail ou régler les problèmes de l’humanité (ou au moins, de notre système de santé).

DÉBOULONNER LES MYTHES DU MOUVEMENT ANTIVACCINALISTE

Vaccination

Depuis qu’Andrew Wakefield a publié dans The Lancet, en février 1998, un article dans lequel il fait le lien entre l’entérocolite autistique et les vaccins, il semble que le mouvement « antivax » se répand, principalement dans les pays industrialisés. Dans l’ouvrage Vaccinations : le mythe du refus, la professeure d’histoire Laurence Monnais-Rousselot se lance dans une réelle enquête sur l’histoire de la vaccination au Canada, mais plus spécifiquement au Québec, pour voir si le mouvement antivaccination s’avère bel et bien ici aussi.

L’auteure affiche ses couleurs dès l’intro­duction : ce livre veut rappeler que le « mouvement antivaccination » est certes une réalité historique, mais qu’il est historiquement éclaté et marginal. En effet, on estime aujourd’hui à moins de 2 % les personnes qui refusent, pour eux ou pour leurs enfants, tous les vaccins. C’est donc à la lumière des contextes politique, économique, socioculturel et scientifique qu’elle a écrit cet ouvrage, qui vise à provoquer la réflexion sur les limites de l’équation soulevée par Andrew Wakefield.

Les trois premiers chapitres s’intéressent à l’histoire de la vaccination, prenant comme point d’ancrage la vague de rougeole au Québec en 1989, particulièrement dans l’ouest de l’île de Montréal, qui aurait atteint jusqu’à 40  000 personnes. Statistiques et références truffent le livre, qui devient notamment intéressant dans ses trois derniers chapitres. L’auteure rappelle que le refus de la vaccination ne date pas d’aujourd’hui. Des congrégations religieuses aux mères elles-mêmes, les « anti » ne sont pas apparus avec Andrew Wakefield, nous fait-elle observer.

VACCINATION : LE MYTHE DU REFUS
Laurence Monnais
Presses de l’Université de Montréal
Montréal, 2019
288 pages

LES AVENTURES D’ASTÉRIX À DÉGUSTER

Les banquets d'Astérix

Tous les récits d’Astérix le Gaulois se terminent, on le sait, par un grand banquet. Et, Obélix oblige, la nourriture tient une place importante dans l’univers créé par le scénariste René Goscinny et le dessinateur Albert Uderzo en 1959. Chef cuisinier, consultant culinaire et auteur de livres de cuisine, Thibaud Villanova s’est amusé à recréer dans Les banquets d’Astérix, quarante recettes inspirées par les voyages d’Astérix, d’Obélix et d’Idéfix.

D’Astérix le Gaulois, première bande dessinée de la série publiée en album en 1961, jusqu’à Astérix et la Transitalique, parue en 2017, sans oublier le très gourmand Tour de Gaule d’Astérix, l’auteur fait revivre les recettes régionales et internationales à la sauce gauloise. Il s’agit ici de vraies recettes qu’on peut réaliser chez soi, comme cette salade de Nicea, dégustée dans Le Tour de Gaule d’Astérix, ou le waterzoï de Manneken, tiré d’Astérix chez les Belges. Peut-être essaieriez-vous plutôt la fondue du palais de Diplodocus, qui faisait finir ceux qui y perdaient leur bout de pain au fond du lac dans Astérix chez les Helvètes, ou le gâteau d’Amonbofis de l’inoubliable Astérix et Cléopâtre ? Quel que soit votre choix, ce livre grand format s’avère tout à fait ludique.

Évidemment, on trouve chaque personnage correspondant à la recette illustrée dans les pages du livre de recettes. En prime, l’ouvrage se termine sur l’herbier de Panoramix. Eh non, vous n’y dénicherez malheureusement pas la recette de la potion magique, ni même ses ingrédients !

Thibaud Villanova s’était déjà frotté à ce genre d’exercice, avec Assassin’s Creed, Le Codex Culinaire, quarante recettes de la Confrérie des Assassins, et Gastronogeek spécial dessins animés, trente-sept recettes inspirées par les dessins animés comme Pokémon, Les Simpson, South Park, Barbapapa, Bob l’Éponge.

LES BANQUETS D’ASTÉRIX
Thibaud Villanova
Hachette Pratique
Paris, 2018
144 pages

LOUISE PORTAL LANCE UN CRI D’AMOUR AUX FEMMES

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Auteure, conférencière, actrice, qu’on n’a pas vue au petit écran depuis 2011 et au grand depuis 2015, et aussi chanteuse, Louise Portal écrit depuis 1979. Son plus récent livre, Seules : Ces femmes que j’aime, est un grand cri d’amour pour des femmes qui ont traversé sa vie et qui sont aujourd’hui seules, par choix, à cause de la vie et de ses deuils. Il en ressort passablement de tendresse, des mots doux et lumineux pour parler à ces femmes qui, comme elle, ne sont plus dans leur prime jeunesse.

Chaque portrait lui a été inspiré par une femme qu’elle a aimée et qui est proche d’elle ou l’a été à une certaine époque. L’auteure a pris la liberté de laisser sa plume imaginer certains aspects de leur vie, de romancer leur profil et leur histoire. Beaucoup de femmes de sa génération se retrouvent seules, constate-t-elle sans vouloir avancer de chiffres. Elle est de la génération des baby-boomers, dont les mères n’ont pas pu s’épanouir pour la plupart. D’avoir évolué dans le milieu artistique, comme plusieurs de ces femmes qu’elle aime, lui a permis de ne pas vivre la vie de sa mère.

Chaque femme est en soi une ode à l’amour, à l’amitié. On croise Marie, grande amoureuse dans sa jeunesse, belle courtisane qui a aimé passionnément ; Marie, qui, comme l’écrit Louise Portal, « cultive la paix du cœur comme une fleur exotique rare ». Il y a aussi Marion, Suzon, Garrance et plusieurs autres, qui l’ont touchée d’une manière ou d’une autre. Son livre est une réflexion sur l’amour, la solitude et l’âge.

SEULES : CES FEMMES QUE J’AIME
Louise Portal
Éditions Druide
Montréal, 2019
144 pages

 

Publié dans

Sophie Bernard

Sophie Bernard est journaliste à la pige et journaliste pour Le Lien multimédia. Elle a également été recherchiste pour Radio-Canada et à déjà été rédactrice en chef pour Branchez-vous!
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