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COLLÈGUES EN GUERRE

Vous avez été nombreux à réagir à l’article Collègues en guerre, publié dans notre numéro de juillet-août 2019 et écrit par l’avocate en droit médical Christine Kark. Nous publions aujourd’hui deux lettres intégrales en réaction à cet article.

LETTRES

Je viens tout juste de lire votre article paru dans Santé inc. au sujet de la Dre Gagnon. Cette histoire m’a profondément indignée, à un point tel que j’en ai les mains qui tremblent ; j’ai donc senti le besoin de vous écrire à ce sujet.

Je ne crois pas que cette histoire soit incomplète. À mes yeux, tout avait été dit dès le deuxième paragraphe de l’article, lorsque vous écrivez que les collègues de la Dre Gagnon ont traité celle-ci de menteuse, affirmant qu’elle leur avait caché la vérité, comme s’il eût fallu à tout prix qu’elle s’ouvre à eux malgré sa souffrance. J’ai eu l’impression de les entendre dire : « Nous savons que tu ne vas pas bien, mais tu dois nous conter ta vie en détail pour que nous puissions juger par nous-mêmes, selon “nos” normes si tu es aussi malade que tu le prétends. »

Je me sens immensément triste et touchée par le fait qu’une des nôtres ait dû endurer de telles misères pour simplement bénéficier des droits fondamentaux pour lesquels nous nous battons chaque jour pour nos patients.

Ne nous laissons surtout pas berner par le raisonnement du « bien commun » (la liste des gardes), parce qu’un bon chef de service devrait savoir qu’on ne peut pas veiller au bien commun si on ne s’inquiète pas tout d’abord du « bien personnel » de chacun et chacune. Je suis profondément irritée par ce chef de service qui ne semble pas avoir le leadership nécessaire pour comprendre, en tant que médecin et être humain, qu’un médecin ne peut pas être d’un grand secours pour ses patients s’il ne va pas bien lui-même.

Quel genre de personne ne comprend pas ce processus pourtant simple ? Comment peut-on aider quiconque quand on vit soi-même de grandes difficultés ? Quand les autres ne font pas preuve à notre égard de l’empathie que nous sommes censés manifester à l’endroit de nos patients ?

Donc, si les médecins peuvent vivre une telle situation, tout le monde y est exposé. Parce que le fond de cette histoire peu reluisante, c’est qu’une personne vivant des moments très difficiles, tant physiquement que mentalement, n’a reçu aucun soutien et aucune compréhension au sein de son milieu de travail.

J’en ressens une grande frustration parce qu’en tant que médecins, nous avons la responsabilité de nous comporter de la façon la plus éthique qui soit ; nous sommes critiqués et évalués en fonction de la façon dont nous traitons nos patients. Je me demande quels genres de médecins sont les collègues de la Dre Gagnon avec leurs patients. J’aimerais bien examiner l’autre côté de l’histoire et poser quelques questions à ce chef de service, qui devrait démissionner pour être remplacé par un chef plus empathique capable de montrer l’exemple en ce qui a trait au respect et à la compréhension. Un chef qui éviterait d’encourager les comportements mesquins chez les membres de son équipe. Quelqu’un qui incarnerait un rappel des bonnes valeurs que nous devrions tous promouvoir, non seulement comme médecins, mais aussi comme êtres humains.

Docteure Gagnon, merci d’avoir eu le courage de raconter votre histoire. J’espère que cela vous a permis de ressentir un certain réconfort, vous qui avez enduré tant d’injustices. J’espère aussi que vous trouverez la force nécessaire pour tourner la page de cette histoire qui en dit plus long sur votre service que sur vous.

Je vous souhaite la meilleure des chances,

Marinela Mandra

***

Votre texte de juillet dernier intitulé Collègues en guerre m’a vraiment bouleversée. Je suis étonnée de voir à quel point certains milieux, parfois même majoritairement féminins, sont peu compréhensifs envers les situations de fertilité et de maternité. Je suis moi-même une femme médecin, nouvellement en poste (depuis 2018), qui estime avoir été traitée de façon sexiste. Lors de ma première année de pratique, le chef de service de mon département a justifié le fait que je doive faire la série de gardes de Noël et la semaine de relâche (sept jours en ligne) en utilisant le prétexte que je serais probablement enceinte/en congé de maternité dans les années à venir. Ainsi, il semblait pressé de me faire faire ces gardes, au cas où je serais absente les prochaines années et que je ne pourrais les faire. Cela m’a semblé absurde ! Si le chef de service avait embauché un homme médecin, je ne crois pas que ce dernier aurait eu le même traitement que moi !

En tout cas, je vous remercie pour votre texte. Il est primordial de dénoncer des situations semblables. Je suis certaine que d’autres femmes médecins se sont reconnues là-dedans.

Dre A.G.

 

Publié dans

Santé inc.

santeinc.com
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