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La parole est à vous !

Docteur Landry,

J’ai moi aussi lu Bullshit Jobs avec grand plaisir. Évidemment, l’auteur aurait probablement pu s’en tenir à son essai de 2013, On the phenomenon of bullshit jobs : a work rant, et nous éviter un livre qui étire la sauce. Je suis certain que l’ironie de la chose ne lui a pas échappé.

À propos de votre texte : je me suis fait la même réflexion il y a quelques années. C’est alors que j’ai revu de fond en comble ma pratique de médecine interne, située à Saint-Jérôme.

J’ai sorti presque tous mes patients de la clinique de l’hôpital pour les transférer dans un établissement que j’ai conçu et que je gère. Cela m’a permis d’augmenter mon efficacité de 400 % à 500 %. En coupant dans le gras administratif, je peux voir autant de patients en un seul jour que j’en voyais en une semaine à l’hôpital. Et contrairement à celle de l’hôpital, ma clinique est ouverte sept jours sur sept, avec des heures d’ouverture généreuses.

Ma clinique est le plus grand fournisseur de consultations en médecine interne de tout l’est du Québec et, si on calcule en fonction de la densité de population, probablement de la province tout entière. Mais qui sait ? Personne ne suit les données. Nous vidons le CRDS chaque semaine, et nous cherchons toujours plus de patients. Partis d’une simple idée en 2016, nous avons maintenant plus de 8000 patients, 17 médecins et, depuis le mois dernier, un titre de finaliste dans la catégorie des sciences de la santé du Grand Prix de l’Entrepreneur d’EY 2019. Pas si mal, considérant la médiocrité du milieu de l’innovation en services de santé dans la province !

Il va sans dire que la « bullshitisation » de notre travail est essentiellement la conséquence d’une mauvaise gestion dans les cabinets et de forces systémiques échappant à notre contrôle. C’est pourquoi nous devons nous rappeler que la solution est à notre portée. Merci pour votre article.

Adam Hofmann, M.D., FRCPC


Bonjour Dr Landry, 

Par un dimanche matin, je me permets de vous écrire à la suite de la lecture de votre texte dans le dernier numéro de Santé inc. Je suis tellement d’accord avec vous sur l’excès de paperasse qui inonde notre travail !

J’ai près de 55 ans, une trentaine d’années de pratique avec une niche en santé mentale. Les demandes de certificats de tous genres ne cessent d’augmenter. Le dossier électronique n’a rien changé à tout cela, à part rendre nos notes lisibles. Comme si personne ne prenait la responsabilité d’une absence, d’une décision d’aptitude au travail, d’une attestation de décès, d’une attestation en tous genres. J’en ai encore plus marre des agents des ressources humaines et d’assurance qui nous demandent de remplir des questionnaires quand ils ont en main la copie du dossier médical du patient malade. Ils sont insultants quand ils nous critiquent sur la pertinence des médicaments, la durée de l’arrêt de travail. Ils osent mettre en doute le diagnostic. Je suis rendue cinglante et je leur réponds de lire mes notes. Et j’ajoute aussi qu’ils participent à la pénurie de médecins au Québec. Je leur demande quand ont-ils fait leur cours de médecine. Je sais que je frappe sur le messager, mais il faut bien réagir. La pratique est rendue lourde et décourageante. C’est une atteinte à mon intégrité professionnelle, à ma capacité décisionnelle et à mes aptitudes de diagnostiquer, de traiter et de suivre mes patients.

Mais où sont donc le Collège, l’ACPM et la FMOQ ? Les solutions seraient simples : les IPS peuvent remplir des certificats de bonne santé, une secrétaire peut attester une présence à un rendez-vous médical. Il faut permettre aux autres professionnels de la santé de signer des attestations et de fournir des certificats.

Pourquoi ne pas annoncer officiellement que nous ne remplirons plus aucun formulaire dans le cas des absences de moins de 5 jours, et qu’il n’y aura que le diagnostic sur le document ? Les compagnies d’assurance pourraient demander le reçu de caisse de la pharmacie et ainsi avoir la liste des médicaments consommés.

Les psychologues et physiothérapeutes donnent des reçus. Encore là, personne ne s’avance pour arrêter cette spirale ridicule. Nous l’avons fait avec les ophtalmologistes (qui demandaient un examen pré-op). Imaginez donc un peu ce que je leur répondais ; je refusais et j’ajoutais sur le formulaire : « Je ne suis pas votre secrétaire ni votre résident… où est rendue votre médecine ? » Et maintenant les CRDS qui nous obligent à faire le travail du spécialiste (test à demander, etc.)… sans leur paie ! Fax en retour, refus de demandes… Encore de la paperasse, et de l’attente pour nos patients. J’en aurais encore long à dire…

Élaine Bérubé
Clinique Avenir MD, Laval


Bonjour Simon-Pierre, 

Merci d’avoir écrit votre article dans Santé inc. Cela met beaucoup de choses en perspective pour moi. Je suis étudiante en deuxième année de médecine à l’Université de Montréal et je remets justement en question l’effet réel qu’un médecin a dans ce monde bureaucratique. Je vous encourage à écrire plus ! Bonne journée,

Elitsa
Étudiante en médecine de 2e année

Publié dans

Santé inc.

santeinc.com
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