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Lire et relire

L’âme à la tendresse

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« Mon corps décline, ma pensée croît, dans ma vieillesse il y a une éclosion », écrivait Victor Hugo. C’est sur cette prémisse, qu’ils appellent l’éclo­sion plus précisément, que Marie de Hennezel, psychologue clinicienne, et Philippe Gutton, psychiatre et psychanalyste, ont réfléchi à l’amour et au vieillissement dans leur ouvrage Et si vieillir libérait la tendresse

Marie de Hennezel a recueilli, lors de parcours appelés L’aventure de vieillir, qu’elle organise dans des résidences pour personnes âgées autonomes, les propos des boomers, une génération qui ne vivra pas la vieillesse comme ses parents, refusant de la subir. Premier constat de la psychologue : on ne vieillit pas de la même façon quand on a 60, 70 ou 80 ans.

Avec l’âge, l’amour et le désir connaissent une mutation. En faisant le deuil de ce que fut leur corps, les gens voient se transformer leur éros. On reste soi, mais on se transforme, avance l’auteure. L’amour se transforme en tendresse, et la relation sexuelle, qui existe encore, semble se faire d’un accord complice. Le rapport amoureux se base davantage sur la connivence, la confiance, la vulnérabilité.

Dans la seconde partie du livre, Philippe Gutton s’intéresse davantage à la définition de la tendresse, se référant à des auteurs tels que Freud ou Claude Lévi-Strauss. La tendresse, écrit-il, est une expérience sans emprise, un affect « vrai » ou « pur » : un amour sans possession. Le psychiatre et psychanalyste replonge le lecteur dans la littérature française, en proposant l’éclairage de textes de grands auteurs, allant d’Albert Camus à Balzac, pour souligner les références à la tendresse dans leurs œuvres.

ET SI VIEILLIR LIBÉRAIT LA TENDRESSE…
Marie de Hennezel et Philippe Gutton
Éditions in Press
Paris, 2019
224 pages

Trouver sa voie

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Qu’est-ce qui peut pousser une jeune femme à l’aube de la quarantaine à quitter une carrière accompagnée d’un salaire d’environ 500 000 $ pour trouver un sens à sa vie ? Hélène Cyr, ingénieure de formation et plus jeune vice-présidente de Bombardier Transport, occupait le poste de vice-présidente de la division Stratégie et transformations organisationnelles et services de maintenance, jusqu’au jour où, en septembre 2006, elle craque. Dans Changer de vie, écrit avec Luc Bouchard, elle raconte sa transformation.

La jeune femme de 36 ans décide de quitter Bruxelles et son emploi bien rémunéré, s’offrant une sabbatique de deux ans pour trouver sa voie, à la grande surprise de sa famille et de ses amis. De retour à Montréal, Hélène Cyr se cherche. Son premier pas dans le bénévolat, elle le fait au Robin des bois, un restaurant d’économie sociale. Sa quête intime la pousse à faire le chemin de Compostelle. Pendant plus d’un mois, elle marche en solitaire de Saint-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostela.

En janvier 2009, Hélène Cyr part au Rwanda, après avoir entendu parler de « Maman Nicole », une Québécoise qui a fondé le Centre César, un lieu où les veuves du génocide des Tutsis de 1994 viennent se reconstruire. La jeune femme découvre l’horreur de ce que ces femmes et ces enfants ont vécu pendant quatre longs mois, mais elle découvre aussi des femmes fortes et inspirantes.

Hélène Cyr a trouvé sa voie. Elle va devenir investisseuse dans l’entrepreneuriat humanitaire. Tout le reste de sa vie y sera consacré.

CHANGER DE VIE
Hélène Cyr et Luc Bouchard
VLB éditeur
Montréal, 2019
264 pages

La valeur scientifique et économique de la compassion en médecine

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Dans Compassionomics : The Revolutionary scientific evidence that caring makes a difference, Stephen Trzeciak, médecin scientifique, professeur, président et chef de la médecine à la Cooper University Health Care, au New Jersey, et Anthony Mazzarelli, coprésident et PDG de la Cooper University Health Care, démontrent, études scientifiques à l’appui, l’impor­tance de la compassion dans la pratique médicale.

L’ouvrage, touffu, offert en anglais seulement, prouve parfaitement comment la compassion – à ne pas confondre avec l’empathie – doit être prise en compte dans le rapport entre soignants et patients. La compassion, expliquent les auteurs, peut carrément atténuer la souffrance d’autrui. Une étude du Pew Research Center établit qu’un tiers des Américains ne considèrent pas la compassion comme faisant partie de leurs valeurs de base. Plus encore, la moitié des patients interrogés dans une autre étude croient qu’il n’y a pas de compassion dans le système de santé.

Lorsque les soignants ont de la compassion pour un patient, il est plus probable qu’ils se montreront plus méticuleux dans les soins qu’ils donnent. Et la compassion aurait aussi des effets psychologiques. Ainsi, les patients ayant eu une crise cardiaque, mais un manque de soutien émotionnel ont trois fois plus de chances d’en mourir. La compassion, avancent les auteurs, réduit la perception de la douleur. Et, argument qui risque d’intéresser les gouvernements, la compassion génère des revenus et réduit les coûts. À bon entendeur…

« La compassion importe pour les patients, pour les soins aux patients et pour ceux qui s’occupent des patients », concluent les auteurs. Il suffit de 40 secondes de compassion pour faire une différence significative pour un patient, selon une étude de la Johns Hopkins University.

COMPASSIONOMICS
Stephen Trzeciak et Anthony Mazzarelli
Studer Group
Pensacola, 2019
compassionomics.com

Publié dans

Sophie Bernard

Sophie Bernard est journaliste à la pige et journaliste pour Le Lien multimédia. Elle a également été recherchiste pour Radio-Canada et à déjà été rédactrice en chef pour Branchez-vous!
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