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La parole est à vous !

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LETTRES

À la suite de l’article Une mission impossible [numéro de juillet-août 2020], signé par le Dr Brazeau, voici mes commentaires.

La situation du Dr Brazeau est la même pour un omnipraticien qui travaille dans un GMF à temps plein. Avec 1600 patients inscrits, dont 1000 vulnérables, et à l’aube d’un ralentissement de pratique après 41 ans, j’ai demandé au Collège des médecins comment réduire ma pratique pour ne pas cesser de façon radicale celle-ci.

Avec son ineptie légendaire, le Collège me demande de trouver personnellement un médecin pour chacun des patients dont je déciderais de me départir tout en sachant que c’est impossible dans les conditions actuelles. Donc, « endure et prends ta retraite quand tu ne seras plus capable  ! »

J’ai le choix de réduire mon temps de travail, négliger mon accessibilité et les soins donnés à mes patients (ce qui est contraire à mes principes) ou bien cesser complètement de pratiquer et envoyer 1600 personnes dans le silo des personnes en attente d’un médecin de famille.

Il y a actuellement dans la région de Québec plus de la moitié des médecins qui sont en fin de carrière et dans la même situation que moi. C’est incroyable de voir comment le Collège et le gouvernement sont aveugles et inefficaces…

B. T., M.D.

***

Bonjour, Dr Landry,

Je tenais juste à vous dire que j’ai bien apprécié votre dernier article dans Santé inc. sur la rémunération par capitation. J’ai surtout aimé l’argumentaire qui avance qu’il y a une valeur à bien travailler, plutôt qu’à viser la pratique dite pantouflarde. Ce n’est pas facile de faire changer les modes de pratique des collègues qui ont une tendance au confort. J’ai encouragé les collègues de ma clinique à lire votre article. J’espère qu’à force de semer des graines, cela portera fruit.

Cela dit, merci et au plaisir d’entendre d’autres entrevues que vous donnez ou de vous lire de nouveau.

Dr Steve Lauwaet, M.D.

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Bonjour Dr Landry,

C’est la deuxième fois que je lis votre article. Je le vois dans une autre perspective, soit la conception que se font les patients de leur médecin de famille. Les patients demandent d’emblée de plus en plus constamment et souvent ce qu’ils veulent selon le Dr Google. Malheureusement, certains de nos collègues ne prennent pas le temps de convaincre le patient de la pertinence clinique de certaines investigations. Pour se décharger de leur responsabilité en tant que professionnels, certains ont donné libre cours au jugement du patient en fonction du diagnostic du Dr Google. Imaginez qu’un clinicien dirige un patient vers un spécialiste et que la raison de la consultation soit tout bonnement « à la demande du patient ».

Souhaitons qu’on ne pratique pas cette médecine défensive et non préventive comme chez nos voisins américains. Dans le contexte de la pandémie, j’espère que vous n’êtes pas le seul à constater les lacunes de notre système de rémunération et de fonctionnement.

Aussi, les patients doivent être de plus en plus renseignés sur le rôle du pharmacien et de la ligne 811, plutôt que de demander des avis aux réceptionnistes. Le service 811, qui dirige les patients au bon service, est trop peu connu de ces derniers. Parfois, aussi, les patients veulent tout simplement être rassurés.

Je suis parfaitement en accord avec vos réflexions, qui reflètent clairement le mode de pratique à deux vitesses en médecine familiale.

Je n’ai malheureusement pas le temps de dîner à une heure précise, pas plus que de souper. Je suis toujours à la course. Je dois toujours faire en même temps la gestion des patients impatients, ce que la médecine en mode virtuel et par téléphone n’a pas changé.

Fort heureusement, ces derniers mois, j’ai augmenté le nombre de patients sans rendez-vous en faisant des consultations téléphoniques.

Je suis en GMF et en sans rendez-vous, je vois de nombreux patients qui ont besoin d’être rassurés sans qu’on ait à leur imposer une visite en personne. En sans rendez-vous, de plus en plus de patients n’ont pas de médecin de famille, ce qui est loin d’être un soin ponctuel. Pendant qu’ils y sont, ils profitent de la disponibilité du médecin devant eux. Ceux qui en ont un ne peuvent pas toujours le voir dans un court délai parce que l’accès adapté ne fait pas partie de sa pratique réservée aux visites de suivi, programmées de trois à six mois à l’avance. Ces patients évitent l’attente des salles d’urgence pour se présenter à 6 h 30 qu’il pleuve, qu’il tonne, qu’il neige ou qu’il grêle, pour avoir un rendez-vous réservé aux dix premiers patients. La pandémie a amélioré leur sort : ils peuvent maintenant se présenter à 8 h 30 pour avoir un rendez-vous entre 18 h et 21 h. Pourquoi tout simplement ne pas ajouter deux patients en sans rendez-vous dans l’horaire d’une trentaine de médecins en GMF pour le bien-être du patient et aussi pour le nôtre, plutôt que faire semblant qu’on est disponibles pour eux aux heures défavorables ?

Il est temps d’assumer les responsabilités qui s’imposent à nous en tant que médecins sans nous gratifier de différents forfaits et incitatifs.

Marjorie Duré, M.D.

 

Réponse du Dr Simon-Pierre Landry :

Merci, Dre Duré. Je note vos commentaires. Concernant celui d’« ajouter deux rendez-vous aux médecins », c’est ce que j’ai tenté de faire avec mon groupe (un médecin prend deux réorientations de l’urgence par jour). Échec, malheureusement. Après quelques semaines, les médecins se retirent. Pourquoi ? Parce que les visites d’urgence sont souvent plus compliquées que le suivi des maladies chroniques de patients connus, et, en plus, elles sont beaucoup moins rémunérées. Travailler plus fort pour moins d’argent ? Tant que le MSSS s’entêtera avec un mauvais cadre GMF et de mauvais modes de rémunération, les patients « urgents » pâtiront… à l’urgence. Je vous souhaite une très belle fin d’été et de l’énergie pour voir vos patients ! SPL.


***

Bonjour, Dr Landry,

Merci pour les beaux textes que vous écrivez dans Santé inc. Je suis gynécologue. Je feuillette rapidement cette revue, mais dès que j’arrive à vos textes, je les lis et les relis. Vous avez une belle plume et vous m’enlevez les mots de la bouche.

Vous avez plus d’énergie que moi parce que j’ai essayé de me battre, mais moins fort. Cela fait un peu moins de dix ans que je pratique la médecine et je suis toujours découragée ! Merci encore pour les beaux moments de lecture.

Dre B., M.D.

PRÉCISION

Le titre de l’article financier sur la transmission du chalet familial de notre édition mai-juin 2020 ayant heurté certains lecteurs et ayant été jugé inapproprié par certains autres, ce dernier a été changé en ligne pour « Un chalet en héritage ». Toutes nos excuses. La rédaction.

Publié dans

Santé inc.

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